Professeur tué : l'Etat sera aux côtés des enseignants pour les "protéger", promet Jean-Michel Blanquer

Professeur tué : l'Etat sera aux côtés des enseignants pour les "protéger", promet Jean-Michel Blanquer
Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer samedi 17 octobre.

, publié le samedi 17 octobre 2020 à 14h40

"Ce professeur a été assassiné à cause de ce qu'il représentait : la République", a dénoncé la ministre de l'Education. 

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a publié samedi 17 octobre une vidéo dans laquelle il apporte son soutien aux enseignants et aux personnels de l'éducation, au lendemain de l'assassinat d'un professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).



"Ce vendredi 16 octobre, un professeur d'histoire-géographie a été lâchement assassiné à Conflans-Sainte-Honorine. Je pense à lui, sa famille, ses proches, ses amis.

Je pense à ses collègues (...). Je pense à tous les professeurs de France et à tous ceux qui se sentent atteints par ce qu'il s'est passé, parce que nous sommes tous concernés, tous touchés par cet assassinat ignoble", affirme le ministre. 

"Je serai, et notre pays sera, à vos côtés pour vous protéger, vous permettre de faire votre métier qui est le métier le plus essentiel, transmettre à nos enfants les savoirs et les valeurs qui sont notre bien commun", a déclaré Jean-Michel Blanquer, qui a reçu les syndicats de professeurs au ministère samedi matin avec le Premier ministre Jean Castex. 


"Ce professeur a été assassiné à cause de ce qu'il représentait : la République. Il a été assassiné à cause de ce qu'il incarnait : le savoir au service de l'esprit critique, c'est-à-dire au service de la construction de citoyens libres et éclairés, c'est-à-dire le coeur de ce que nous faisons quand nous faisons école", a poursuivi Jean-Michel Blanquer avant d'ajouter : "Il a été assassiné pour avoir donné un cours qui avait un lien avec un pilier de la démocratie, la liberté d'expression. C'est un acte ignoble et lâche. c'est une attaque contre la République, parce que l'école est la colonne vertébrale de la République".

"La République est forte de ceux qui la composent. Elle ne reculera jamais, jamais, jamais devant aucune terreur ni aucune intimidation. Votre métier est le plus essentiel, celui de transmettre à nos enfants les savoirs et les valeurs qui sont notre bien commun", a-t-il encore souligné.

Lors d'une conférence de presse, donnée samedi en début d'après-midi, le ministre de l'Education a en outre indiqué qu'il préparerait, en lien avec les ministères de l'Intérieur et de la Justice, ainsi que les organisations d'enseignants et de parents d'élèves, un "cadre" pédagogique "strict" et "puissant" pour aborder cet attentat avec les élèves à la rentrée des vacances de la Toussaint le 2 novembre. Une minute de silence devrait notamment être organisée. 

"C'est la laïcité qui est le socle de nos valeurs, c'est une clé, qui nous permet d'être différents dans notre société", a-t-il affirmé avant d'ajouter : "Il faut qu'il y ait une unité du monde adulte" quant à la "fierté des valeurs de la République (...) pour que chaque enfant comprenne qu'il a de la chance d'aller à l'école en France" et de "vivre en démocratie".

Interrogé sur une vidéo publiée sur les réseaux sociaux par un père d'élève, actuellement en garde à vue, qui avait qualifié le professeur de "voyou" qui "ne doit plus éduquer nos enfants" pour avoir montré des caricatures de Mahomet "nu" dans la classe de 4e de sa fille, Jean-Michel Blanquer l'a jugée "totalement scandaleuse", "mensongère" et "faite pour aboutir à quelque chose probablement de violent ou en tout cas quelque chose qui était fait pour créer du conflit". "A la fin, ça a créée cette tragédie", a-t-il déploré. 

L'Education nationale a eu les réactions "appropriées", en mettant en place "un travail à la fois de soutien du professeur et de dialogue avec les parents", a encore affirmé le ministre qui a rendu hommage à la principale du collège de Conflans-Sainte-Honorine qui a, selon lui, "fait tout ce que l'on doit faire lors qu'arrive ce genre de choses". "Elle a évidemment vu le professeur, été solidaire du professeur, elle a alerté les équipes 'Valeurs de la République' (les référents laïcité de l'Education nationale, ndlr), qui sont intervenues (...) en soutien du professeur", a-t-il déclaré.

A l'issue de la rencontre avec les ministres, les syndicats ont salué une réunion qui "a permis de partager l'effroi de la communauté éducative", selon Benoît Teste, secrétaire général du FSU. "L'émotion est très forte", a dit Frédéric Marchand, secrétaire générale d'Unsa Education. "L'objectif est de ne pas céder à la peur qui serait de ne plus chercher à éduquer à la liberté d'expression".
 

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