Professeur décapité : Marine Le Pen veut une commission d'enquête et exige "une législation de guerre" contre l'islamisme

Professeur décapité : Marine Le Pen veut une commission d'enquête et exige "une législation de guerre" contre l'islamisme
Marine Le Pen lundi matin au siège du RN à Nanterre.

, publié le lundi 19 octobre 2020 à 12h20

La présidente du Rassemblement national (RN) réclame une "législation d'exception", "conforme à l'État de droit" et "dirigée contre les terroristes". 

Marine Le Pen a réagi lundi 19 octobre, dans une allocution solennelle au siège de son parti à Nanterre (Hauts-de-Seine), au meurtre de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie dans un collège des Yvelines, décapité vendredi par un jeune Russe tchétchène radicalisé. 


Selon elle, "l'État doit se réarmer moralement et matériellement" face au terrorisme. Après la mort du professeur, elle "demande la mise en œuvre immédiate d'une commission d'enquête." Cela permettra de "comprendre les défaillances administratives et les responsabilités personnelles éventuelles des agents de l'État ou de services qui ont permis l'admission en France de l'assassin et de sa famille, dont on savait qu'elle était liée au terrorisme tchétchène". 




"L'islamisme est une idéologie belliqueuse dont le moyen de conquête est le terrorisme.

Puisque le terrorisme est un acte de guerre, il exige une législation de guerre", a lancé la présidente du RN. "Face à une force organisée et déjà installée, prosélyte et conquérante, notre président n'a proposé qu'une insuffisante et anachronique stratégie d'endiguement."

"Trois piliers"

Pour elle, "la situation appelle une stratégie de reconquête" qui repose "sur trois piliers : la restauration de l'État, la réaffirmation de la République, l'unité de la nation". 

La dirigeante d'extrême droite réclame une "législation d'exception" qui "sera conforme à l'État de droit", "dirigée contre les terroristes" et qui "n'affectera aucunement les libertés publiques", avec des "procédures policières et judiciaires spécifiques", une "possibilité de surveillance étendue" et un "régime carcéral spécifique".

L'immigration dans le viseur

Refusant toute "complaisance directe ou indirecte de l'administration", Marine Le Pen souhaite de nouveau un "renforcement des moyens de police nationale et municipale comme de la gendarmerie", une "évolution de la légitime défense", un "armement obligatoire des polices municipales", le "renforcement des moyens de justice" et la "création de centres pénitentiaires adaptés".

Elle demande encore "un moratoire immédiat sur l'immigration et sur les naturalisations", estimant que "la politique migratoire nourrit le communautarisme, terreau de l'islamisme", et redemande une "réforme du code de la nationalité".

"Marre de la politique de la bougie"

"Aucun étranger fiché S pour islamisme, en situation régulière ou irrégulière, ne doit pouvoir rester en France", juge-t-elle. "Un binational fiché S pour islamisme doit être déchu de sa nationalité et renvoyé. Un Français fiché S pour islamisme doit être poursuivi pour intelligence avec l'ennemi, condamné et incarcéré".

Plus tôt lundi matin, Marine Le Pen s'est rendue à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) pour déposer une gerbe devant le collège de l'enseignant décapité vendredi. Aucun responsable du RN n'a participé aux manifestations dimanche en son hommage, l'entourage de Marine Le Pen ayant expliqué au Figaro en avoir "un peu marre de la politique de la bougie".

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