Procès Merah : Valls "aurait aimé" une condamnation pour "complicité d'assassinat"

Procès Merah : Valls "aurait aimé" une condamnation pour "complicité d'assassinat"
L'ancien Premier ministre, Manuel Valls, le 10 octobre 2017 à l'Assemblée nationale.

Orange avec AFP, publié le dimanche 05 novembre 2017 à 18h20

Manuel Valls "aurai(t) aimé" que la justice condamne Abdelkader Merah pour la "complicité d'actes de terrorisme", alors que la Cour d'assises spéciale de Paris a condamné le frère du tueur de Toulouse et Montauban pour association de malfaiteurs terroriste, mais l'a acquitté de la "complicité d'assassinat".

"Parce que j'ai été Premier ministre, parce que j'ai une certaine idée de la République et du sens de l'État, je ne critiquerai jamais une décision de justice. Et je ne dirai jamais que la justice est naïve", a déclaré dimanche l'ancien Premier ministre au "Grand rendez-vous Europe 1/CNEWS/Les Échos".

"Je comprends la réaction de Latifa (Ibn Ziaten, mère d'une des victimes de Mohammed Merah qui a estimé après le verdict qu'"on est trop naïf en France", NDLR), une femme d'un courage exceptionnel, qui parcourt le pays pour convaincre, pour extirper la haine, l'islamisme radical".

"Je préfère qu'on parle de cette femme que de la mère des frères Merah, qui n'a pas été digne, chacun a pu le constater, dans ses expressions", a poursuivi le député de l'Essonne.



Pour Manuel Valls, le verdict "acte au moins la complicité idéologique". "C'est vrai que le passage de la complicité idéologique à la complicité du terrorisme, c'est un passage ténu, très fragile. À titre personnel, évidemment, peut-être les uns et les autres, en tout cas moi, j'aurais aimé qu'il soit condamné aussi de complicité d'actes de terrorisme".

"L'ANTISÉMITISME EN FRANCE EST PROFOND"

Par ailleurs, "un terroriste, un complice, un idéologue du terrorisme peut être, et c'est normal dans une démocratie, défendu. C'est ça aussi la France, et c'est cette France-là contre laquelle d'ailleurs les terroristes portent des coups. C'est important de le souligner", a ajouté le député de l'Essonne.

Le parquet a fait appel du verdict qui a condamné jeudi Abdelkader Merah à 20 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste, mais l'a acquitté du chef de complicité des assassinats. Pour l'ancien Premier ministre, citant également la profanation de la stèle d'Ilan Halimi, l'antisémitisme en France "est profond. Il se déchaîne actuellement et certains veulent le minimiser".

"UNE PARTIE DE LA PRESSE A ABDIQUÉ FACE À L'ISLAM"

"Je dénonce depuis longtemps la duplicité de Tariq Ramadan", islamologue et théologien visé par deux récentes plaintes pour viol, "ce soi-disant intellectuel, promoteur de la charia, prédicateur islamique qui a fait un mal terrible à notre jeunesse, avec ses cassettes, ses prêches dans nos mosquées, ses invitations sur les plateaux, ses amitiés, ses complicités, je pense à Edwy Plenel", le directeur de Mediapart, a asséné Manuel Valls.



Manuel Valls a reproché à "une partie de la presse" d'avoir "abdiqué" face à l'islamisme radical. "Je pense aux Inrockuptibles, je pense au Bondy Blog. Quand on reçoit, et qu'on a reçu (Tariq Ramadan) y compris sur cette antenne, Europe 1, et c'est toujours le même journaliste, Frédéric Taddeï, qui le reçoit depuis des années comme avant il avait reçu des personnalités comme Dieudonné ou (Alain) Soral", "alors on abdique".

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