Procès des sondages de l'Elysée : forcé à témoigner, Nicolas Sarkozy "ne veut pas polémiquer"

Procès des sondages de l'Elysée : forcé à témoigner, Nicolas Sarkozy "ne veut pas polémiquer"
Nicolas Sarkozy, le 13 octobre 2021 à Paris.

publié le mercredi 20 octobre 2021 à 16h55

Au lendemain de sa convocation comme témoin au procès des sondages de l'Elysée, l'ancien président a joué l'apaisement mercredi 20 octobre en marge d'une séance de dédicaces.

"Il n'y a pas besoin de s'énerver", assure Nicolas Sarkozy. L'ex-chef de l'Etat a réagi mercredi 20 octobre à sa convocation comme témoin dans le procès des sondages de l'Elysée.

S'il n'est pas poursuivi dans ce dossier car il est couvert par son immunité présidentielle, l'ancien chef de l'Etat est cité au procès par l'association Anticor, partie civile. Il avait indiqué dans une lettre qu'il n'entendait pas venir témoigner, mais mardi le tribunal judiciaire de Paris a "ordonné que ce témoin soit amené devant lui par la force publique pour qu'il soit entendu le 2 novembre". 



"Moi je ne réponds pas aux provocations (...) Il faut être plein de sang-froid, ne pas passionner, ne pas énerver les choses. Il y a une constitution, il y a des lois et il faut les respecter, c'est la seule chose que je demande", a répondu l'ex-président en marge d'une séance de dédicaces de son dernier essai "Promenades (Ed. Herscher) à Lyon. 

"Les forces de l'ordre sont assez occupées, pas besoin de s'occuper de moi, j'ai toujours répondu aux convocations qui m'ont été faites", a-t-il assuré. "On sait parfaitement me trouver et donc n'alimentons pas le cirque médiatique, simplement restons calmes", a encore exhorté l'ancien président.

"Compte tenu des fonctions qui étaient les miennes, de la place que j'occupe auprès des Français, il ne faut pas de polémique. Il faut simplement du droit et le respect de la règle, calmement. Je ne veux pas polémiquer, il a déjà bien assez de problèmes dans le pays, ce n'est pas la peine de faire un problème inutile", a-t-il insisté. 

"La France est un Etat de droit, la Constitution prévoit un principe essentiel qui est la séparation des pouvoirs. Je ne suis pas au-dessus des autres, pas en dessous non plus. Et si la Constitution doit s'imposer, elle s'impose à tout le monde, pas simplement à moi", a-t-il toutefois souligné. 

"Je ne sais pas ce qui a changé"

Nicolas Sarkozy comprend-t-il cette convocation ? "Le fait que vous me posiez la question, c'est que vous même ne la comprenez pas, mais bon...", a-t-il répondu. "En son temps, le juge en charge de cette affaire, monsieur Tournaire, qui n'est pas quelqu'un qui a été extrêmement indulgent avec moi, avait indiqué que la convocation serait déplacée. Je ne sais pas ce qui a changé depuis", a-t-il ajouté.

S'il a voulu jouer l'apaisement, l'ancien président n'a cependant pas explicitement confirmé sa présence au tribunal le 2 novembre, précisant qu'il aurait "l'occasion de dire ce qu'(il) ferait calmement".

Le tribunal considère "que le témoignage de Nicolas Sarkozy est effectivement (...) nécessaire à la manifestation de la vérité" et qu'il est "susceptible d'avoir une influence sur les faits reprochés aux prévenus", a expliqué mardi le président Benjamin Blanchet. Selon la Constitution, le chef de l'Etat est couvert par une immunité pénale pour les actes accomplis au cours de son mandat, mais le texte suprême "ne fait nullement obstacle à ce qu'un ancien président soit entendu en qualité de témoin", a rappelé le magistrat.

Depuis lundi et pendant quatre semaines, cinq anciens proches de Nicolas Sarkozy, dont l'ex-secrétaire général de la présidence Claude Guéant, sont jugés pour des soupçons de favoritisme et de détournement de fonds publics, liés à des contrats de conseil et de sondages entre 2007 et 2012.

Dans ce dossier, depuis l'origine, l'ancien locataire de l'Elysée n'a jamais été poursuivi. Il a été condamné à de la prison ferme dans deux affaires, celle des "écoutes" et celle du Bygmalion, et a à chaque fois fait appel

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