Procès des attentats du 13-Novembre : la venue de François Hollande fait débat

Procès des attentats du 13-Novembre : la venue de François Hollande fait débat
Allocution du président François Hollande, le 13 novembre 2015.
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publié le samedi 11 septembre 2021 à 13h07

Plusieurs avocats de la défense s'interrogent sur la présence de l'ancien chef de l'Etat, appelé à témoigner le 10 novembre prochain au procès des attentats du 13-Novembre devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Quelle est la pertinence du témoignage de François Hollande, président de la République au moment des faits, lors du procès des attentats du 13-Novembre ? La question a été soulevée par plusieurs avocats de la défense vendredi 10 septembre, au troisième jour du procès. 



"On ne comprend pas pourquoi il (François Hollande) a été cité. Si les parties civiles pouvaient nous expliquer afin que l'on puisse préparer l'audition de cet individu", a affirmé Me Martin Mechin, avocat de Hamza Attou, l'un des trois accusés qui comparaît libre sous contrôle judiciaire, après que l'huissier chargé de citer la liste des témoins attendus dans les prochains mois, a indiqué "Hollande, François".

L'ancien chef de l'Etat est appelé à venir témoigner le 10 novembre. "On ne comprend pas très bien ce que ce témoin pourrait apporter à la manifestation de la vérité", a estimé Me Mechin.

Un avocat des parties civiles a expliqué que l'ancien chef de l'Etat avait été cité par l'association "Life for Paris". "Il était au moins sur l'un des lieux des attentats, le Stade de France", a rappelé l'avocat. "Il pourra donner des éléments sur un certain nombre de thématiques", a-t-il ajouté.

Christian Saint-Palais, un des avocats de Yassine Atar, jugé pour participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle et qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité, n'est pas convaincu. "On se demande ce que ces témoins apportent pour éclairer la vérité", dit-il. "Ce témoignage va prendre du temps sur ceux des parties civiles et de la défense", argumente-t-il.

Me Saint-Palais s'interroge aussi sur la présence comme témoin de Georges Fenech, ancien président de la commission parlementaires sur les attentats du 13-Novembre et qui vient de publier un livre sur le sujet. Il faut que nous comprenions sur quel sujet nous allons interroger certains témoins qui occuperont du temps, empiétant sur le temps des parties civiles et celui de la défense. On ne peut pas recevoir tous ceux qui publient des livres au moment du procès", a-t-il ironisé. 

"Un témoin doit s'exprimer sur les faits reprochés aux accusés et leur personnalité", a rappelé Raphaël Kempf, autre avocat de Yassine Atar. 

Le président a alors mis fin aux débats. "Y a-t-il d'autres observations sur M. François Hollande?", a-t-il lancé, avant de passer à l'appel du témoin suivant.

Lors du procès des attentats de janvier 2015, la venue de la maire de Paris Anne Hidalgo avait déjà été vivement critiquée par les avocats de la défense. "Mme  Hidalgo n'a rien à apporter à la manifestation de la vérité", avait déclaré Me Saint-Palais à la presse, estimant que "son propos, ne peut pas éclairer la justice et n'a donc pas sa place dans un procès comme celui-ci."
 

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