Procès Bygmalion : "j'ai l'impression d'avoir pris perpète", déclare Jérôme Lavrilleux

Procès Bygmalion : "j'ai l'impression d'avoir pris perpète", déclare Jérôme Lavrilleux
Jerome Lavrilleux le 20 janvier 2016 à Strasbourg.

, publié le lundi 15 mars 2021 à 08h21

Franceinfo a rencontré Jérôme Lavrilleux, ancien directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy et poursuivi au côté de l'ancien président dans l'affaire Bygmalion.

Il est poursuivi avec treize autres personnes dans l'affaire Bygmalion dont le procès doit s'ouvrir mercredi 17 mars.

Jérôme Lavrilleux est poursuivi pour "complicité de financement illégal" et "escroquerie", alors qu'il était directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, en 2012. Le procès pourrait toutefois être reporté, les avocats de Jerôme Lavrilleux sont malades du Covid. "Ça fait trois jours que je n'en dors plus. Moi, je connais le dossier, mais je vais arriver à poil. C'est une vraie source d'angoisse", a déclaré l'intéressé à Franceinfo depuis le Périgord Vert où l'ancien directeur du cabinet de Jean-François Copé tient aujourd'hui deux gîtes.


"Je serai condamné à quelque chose"

Le tribunal tranchera sur un possible report du procès le jour de son ouverture. "Je serai condamné à quelque chose, j'assumerai. Mais quelle que soit la condamnation, vous savez, ça fait déjà sept ans que je morfle. Je crois que la page ne sera jamais tournée parce que j'ai l'impression d'avoir pris perpète, confie-t-il à Franceinfo.



Il a raconté à Franceinfo les difficultés qu'il a rencontrées pour ouvrir ses gîtes. "J'ai découvert qu'il existait une procédure PPE : personnalité politiquement exposée, confie Jérôme Lavrilleux. J'ai fait plus de trente banques et agences bancaires. Il y en a même une qui m'a accepté le prêt. Et puis, au moment de signer définitivement, le type était un peu blême, il m'a à peine reçu dans son agence, debout : 'Notre siège national nous a appelés, j'ai l'ordre de ne pas vous prêter'." La solution ? Un prêt devant notaire avec un particulier, ajoute la radio publique.

Sur sa nouvelle vie : "Une partie de ma vie, en tant que collaborateur, a consisté à 'faire le ménage' pour d'autres. Je continue à faire le ménage... Mais là, c'est au sens propre et non plus au sens figuré."

Un scandale qui a éclaté en 2014

S'il s'attend à une condamnation, Jérôme Lavrilleux ne veut pas se laisser condamner pour ce qu'il n'a pas fait. "Je ne me laisserai pas condamner sur l'accusation d'avoir détourné de l'argent. Je ne pourrais pas dîner ce soir avec mes parents et qu'ils se disent : 'mon fils a volé de l'argent'. Vous n'aurez pas le loisir de m'interroger là-dessus." 

Le scandale avait éclaté en 2014 quand des cadres de Bygmalion et Jérôme Lavrilleux, avaient reconnu l'existence d'une fraude à grande échelle pour dissimuler des dépenses de meetings de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Le procès est prévu du 17 mars au 15 avril. 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.