"Prise illégale d'intérêts" : le ministre Sébastien Lecornu interrogé par les enquêteurs

"Prise illégale d'intérêts" : le ministre Sébastien Lecornu interrogé par les enquêteurs
Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu

publié le mercredi 21 avril 2021 à 07h18

Le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu a été interrogé le 15 avril à Nanterre par la police anticorruption. Dans le viseur des enquêteurs, ses activités à la tête du département de l'Eure.

Celles-ci font l'objet d'une enquête du parquet national financier pour "prise illégale d'intérêts". 

L'enquête a été ouverte en mars 2019. Le ministre des Outre-mers Sébastien Lecornu a été entendu par les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) a appris l'AFP selon une source proche du dossier, confirmant une information de Mediapart. Le ministre "conteste toute prise illégale d'intérêts dans le cadre de ses fonctions, d'avril 2016 à juin 2017, de Président du département de l'Eure et d'administrateur à la SAPN", a déclaré mardi à l'AFP le cabinet du ministre.




Un banquier des collectivités locales à l'origine de l'enquête

Cette enquête, dévoilée en janvier par le Canard enchaîné et Libération, est ouverte depuis mars 2019 pour les chefs de "prise illégale d'intérêts" et "omission de déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique". Selon Libération, cette enquête est née à la suite d'un courrier d'un "banquier des collectivités locales reconverti dans l'énergie" adressé en janvier 2019 à la cheffe du PNF d'alors, Eliane Houlette.



Dans sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Sébastien Lecornu affirme avoir perçu entre juillet 2016 et juin 2017 un total de 7.874 euros bruts de "jetons de présence" comme administrateur de la Société des autoroutes Paris Normandie (SAPN). Or le ministre était au même moment président du département de l'Eure, et a, "à ce titre, approuvé plusieurs délibérations" de la collectivité ayant trait à la SAPN, au moins quatre selon Le Canard enchaîné, cinq selon Libération.

Le cabinet de ministre se défend



"Les présidents de départements de l'Eure, du Calvados et de Seine Maritime siègent traditionnellement, depuis des décennies et toujours aujourd'hui, au Conseil d'administration de la SAPN, société dont les départements sont actionnaires. Cela permet un dialogue entre les acteurs chargés d'une même mission de service public au bénéfice des citoyens", a indiqué le cabinet du ministre.  "Les rares délibérations prises par le département qui ont concerné la SAPN sont des actes de nature technique, correspondant à l'exécution de projets décidés par l'Etat ou à des régularisations administratives", selon la même source. 

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