Régionales: Laurent Saint-Martin, soldat de la Macronie en Ile-de-France

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Laurent Saint-Martin, candidat LREM aux régionales en Ile-de-France, le 14 juin 2021 à Paris
Laurent Saint-Martin, candidat LREM aux régionales en Ile-de-France, le 14 juin 2021 à Paris
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© AFP, Ludovic MARIN

publié le vendredi 18 juin 2021 à 08h59

"Travailleur", "sérieux", "sympathique", "modeste"... mais (presque) inconnu: si la tête de liste de la majorité présidentielle en Île-de-France, Laurent Saint-Martin, fait l'unanimité parmi les siens, ce pur produit de la Macronie doit encore gagner en notoriété pour espérer peser d'ici le premier tour.

Mercredi matin, sur le marché de Rungis, le marcheur francilien a méticuleusement accompli les rituels du candidat, entre tête de veau et gorgée de bière, trop heureux d'être éclairé par la lumière du Premier ministre venu le soutenir.

Car, dans la région-capitale, d'abord terre promise pour Emmanuel Macron lors de la présidentielle de 2017 avant le crash des municipales à Paris trois ans plus tard, la tâche du député du Val-de-Marne est d'abord de se faire connaître: seuls 24% des Franciliens l'identifient, selon une étude Ipsos Sopra Steria - dix points de mieux qu'il y a deux mois.

"L'accueil est plutôt positif et ça se passe bien en interne", mais la sortante et ex-LR "Valérie Pécresse est très connue" des électeurs et "je ne trouve pas Laurent hyper disruptif", confie une cadre de la majorité.

"Mais ceux qui me connaissent ont une bonne opinion de moi", sourit celui qui s'est imposé à l'Assemblée nationale comme rapporteur du Budget, poste prestigieux - "et éminemment politique", selon l'intéressé - pour lequel il s'agit d'être "la vigie de la dépense publique".

Avec la crise sanitaire, il a cependant dû endosser le "quoi qu'il en coûte", à rebours d'une certaine orthodoxie budgétaire. Vendredi l'opposition lui a reproché le timing de nouveaux crédits, avec des "arrière-pensées électorales".

Laurent Saint-Martin a décroché la tête de liste en Île-de-France, après que le ministre Jean-Michel Blanquer, longtemps pressenti, eut renoncé. 

"Lui et moi, on ne raconte pas la même histoire", note celui qui fêtera ses trente-six ans entre les deux tours.

Laurent Saint-Martin peut s'enorgueillir d'avoir rassemblé la "maison commune" de la majorité présidentielle, lui qui avait pu constater les ravages de la division lors de la campagne municipale de Benjamin Griveaux à Paris.

"C'est un bon candidat avec un bon programme qui correspond à l'ADN de LREM", salue un colistier, alors que les membres du gouvernement Marlène Schiappa, Emmanuelle Wargon, Amélie de Montchalin, Nathalie Elimas et Gabriel Attal font partie de l'aventure et qu'un accord avec le MoDem a été conclu sans (trop de) remous à la fin de l'hiver.

- Rugby -

Bien mis et urbain, regard bleu ciel, diplômé d'une école de commerce du top 5 passé par un think tank tendance gauche strauss-kahnienne: Laurent Saint-Martin incarne le "nouveau monde" en se défendant de toute arrogance.

"Ca n'est pas désagréable de débattre avec lui. Il est plutôt intelligent et courtois", mais "il reste dans la ligne, c'est un bon soldat du macronisme", tacle Eric Coquerel (LFI) qui le côtoie en commission.

"Laurent Saint-Martin a plutôt des origines de gauche, moi de droite libérale. On se rassemble sur une ligne libéral-sociale", vante Olivia Grégoire, secrétaire d'Etat et amie.

Partisan de la politique de l'offre comme Emmanuel Macron qu'il a côtoyé au think tank "En temps réel", M. Saint-Martin, qui s'est embarqué très tôt dans l'aventure "En Marche !", sourit à l'évocation de son militantisme lycéen chez les "Motivés", un mouvement citoyen rassemblant la gauche alternative toulousaine lors des municipales de 2001.

Dès la sortie du lycée, ce fils d'enseignants commence à évoluer. Il s'intéresse à Gerhard Schröder en Allemagne et aux réformes de l'ex-chancelier social-démocrate (1998-2005), "ce que Jospin n'avait pas réussi à faire".

Aujourd'hui, il se donne trois figures de référence: "Hemingway car il a fait de sa vie un roman, Churchill pour sa capacité à être dans l'action permanente et Guy Novès (ancien sélectionneur du XV de France, dont le fils, Vincent Terrail-Novès, est par ailleurs tête de liste en Occitanie, soutenu par la majorité présidentielle), dans sa capacité à motiver les hommes pour la victoire". 

Fan de rugby, le député est capitaine du XV parlementaire où il évolue comme centre. "De formation, je suis un neuf", demi de mêlée, précise-t-il. Là où il faut diriger le jeu et les hommes, savoir ruser.

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