Eric Ciotti, la droite assumée à l'assaut de l'investiture LR

Eric Ciotti, la droite assumée à l'assaut de l'investiture LR
Eric Ciotti, finaliste de l'investiture LR pour la présidentielle, sur France 2 le 30 novembre 2021

publié le vendredi 03 décembre 2021 à 18h16

"Clairement à droite", Eric Ciotti, finaliste de l'investiture LR pour la présidentielle, défend des idées de "rupture", intransigeant sur le régalien et libéral sur l'économie, qui l'ont doté d'une dynamique en fin de campagne.

Parti comme outsider, le député des Alpes-Maritimes de 56 ans a créé la surprise en terminant le premier tour en tête mercredi au congrès du parti LR. Il sera opposé au second à Valérie Pécresse pour un verdict attendu samedi. 

"Je veux être le candidat qui coupe le robinet d'eau tiède", répète celui qui ne s'"excuse pas d'être de droite" et défend son programme mêlant "autorité, identité, liberté".

"J'ai l'intime conviction qu'un positionnement trop centriste, trop proche du macronisme ne permettra en aucun cas de battre le président de la République sortant", a-t-il répété mercredi, appelant à tourner "résolument le dos à la prudence, source d'immobilisme".

Avec sa rhétorique de "guerre de civilisation", ce spécialiste des questions migratoires, quoique jamais ministre, aligne des propositions chocs sur le régalien: préférence nationale sur l'emploi et le logement, retour au droit du sang, "Guantanamo à la française" pour les islamistes les plus dangereux...

En matière de sécurité, celui qui veut faire de Laurent Wauquiez son Premier ministre promet des "peines minimales automatiques" pour les agresseurs des forces de l'ordre et prône la perpétuité réelle.

Ton posé et accent chantant, il défend en matière économique un projet "inspiré de François Fillon": fin de l'impôt sur les successions, "flat tax" de 15%, suppression de 250.000 postes de fonctionnaires...

A l'ombre des trois favoris, Eric Ciotti a profité des débats télévisés pour enclencher une dynamique positive, qui lui ont attiré des soutiens.

Ses réunions attirent des jeunes LR de l'aile radicale, mais aussi un public plus âgé que l'évocation d'Emmanuel Macron fait réagir de façon épidermique.

"On a trop eu de candidats qui, par marketing, étaient flous pour plaire au plus grand nombre", affirmait mi-octobre Florin, 23 ans. La droite "a besoin de ce projet de rupture" qui est "le seul différenciant", abondait Grégoire, 22 ans.

- "Clairement à droite" -

Convaincu que "le pays n'a jamais été aussi clairement à droite", très actif sur les réseaux sociaux, il a promis de "créer la surprise", même si sa fédération des Alpes-Maritimes n'est plus la plus grosse de France (dépassée par Paris lors de l'afflux d'adhérents de l'automne).

Cela ne l'a pas empêché de réunir 1.300 personnes mi-novembre à Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes), pour une démonstration de force à deux semaines du congrès. 

Vantant comme Michel Barnier sa fidélité à LR, Eric Ciotti revendique être "le seul à ne pas avoir voté pour Emmanuel Macron" au second tour de la présidentielle de 2017. 

En cas de second tour Zemmour-Macron, il choisirait d'ailleurs le polémiste qui "dresse un constat lucide du déclin français", a-t-il assuré mercredi, faisant regimber dans son propre camp.

"Heureux, cher Eric, de voir nos idées si largement partagées par les militants LR. Le RPR n'est pas mort", l'a félicité Eric Zemmour.

Une mère institutrice, un père agent immobilier, Eric Ciotti, physique austère, front dégarni et lunettes studieuses, est né le 28 septembre 1965. S'il a grandi à Nice, il reste un enfant de l'arrière-pays où il garde ses attaches familiales et a baigné très jeune dans le milieu politique. Dans la Vésubie, où son grand-oncle l'emmenait à la chasse.

Diplômé de Sciences Po Paris en 1988, il abandonne les révisions du concours de l'ENA pour être l'attaché parlementaire de Christian Estrosi, alors jeune député.

Un rival sudiste avec lequel il finira par se brouiller, avant de gagner ses galons à l'Assemblée nationale et à la tête du département des Alpes-Maritimes, jusqu'à se hisser mercredi en finale de l'investiture LR qui décidera de l'identité du candidat de droite pour 2022.

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