Primaire LR : les candidats font "la course à celui qui sera le plus à droite", dénonce Édouard Philippe

Primaire LR : les candidats font "la course à celui qui sera le plus à droite", dénonce Édouard Philippe
Édouard Philippe au Havre, le 6 novembre 2021.

publié le mercredi 24 novembre 2021 à 12h02

"Il y a cinq candidats qui veulent faire arbitrer leurs ambitions par 150.000 personnes", a déploré l'ancien Premier ministre, qui assure avoir "de l'estime pour beaucoup des candidats LR à cette primaire".

L'ex-Premier ministre Édouard Philippe, qui a annoncé son soutien à Emmanuel Macron pour la présidentielle 2022, a dénoncé mardi 23 novembre la primaire LR dont les candidats "réduisent tout le débat public" aux question d'immigration et de sécurité.

"Que l'immigration et la sécurité soient des sujets sérieux et suscitent une forme d'inquiétude ou de peur, c'est évident. De là à réduire tout le débat public à ces sujets, je m'y refuse", a expliqué l'ancien chef du gouvernement, lui-même issu des rangs de la droite.

"Aujourd'hui, il y a cinq candidats qui veulent faire arbitrer leurs ambitions par 150.000 personnes et qui donnent l'impression de faire la course à celui qui sera le plus à droite, le plus affirmatif, le plus volontaire", a-t-il constaté, à l'approche du congrès de LR du 1er au 4 décembre qui doit départager les cinq candidats en lice de la droite pour 2022. "Comme si pour régler un problème, il suffisait d'afficher sa volonté. Tous les Français savent bien que c'est beaucoup plus compliqué que cela", ajoute-t-il. 


Mercredi sur RTL, Édouard Philippe a insisté en réagissant aux propos du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, pour qui "LR n'est plus un parti de gouvernement, car il est parti aux extrêmes".

"Il y a quelque chose d'assez juste dans ce que dit Gérald Darmanin, a-t-il estimé.

C'est ce qu'on voit en ce moment dans leur primaire, c'est la course à celui qui est le plus volontaire, le plus à droite et à celui qui au fond dit : 'Moi j'ai très très envie de régler le problème, donc voilà on le règle'."

"Dans le vocabulaire politique, quand on parle de parti du gouvernement, c'est les formations politiques qui savent que les choses sont compliquées, savent qu'il ne suffit pas de donner un objectif pour l'atteindre, a-t-il insisté. Et cette culture de la complexité, d'une certaine façon, elle se perd chez les LR."


L'ancien Premier ministre a également jugé "extravagant" (...) cette capacité de LR à présenter une succession de mesures qui s'appliqueraient de façon immédiate, sans regarder ni le temps long ni le contexte international". Tout comme l'ex-président Nicolas Sarkozy, qui estime que "la crise migratoire n'a pas commencé", Édouard Philippe considère que "tant qu'on ne parle pas de ces mouvements de fond, et de comment les prendre à bras-le-corps, je crains qu'on ne fasse que brasser l'écume".

Alors qu'il vient de fonder son propre parti, -baptisé Horizons et soutiendra Emmanuel Macron en 2022-, il a estimé qu'"il manque à LR cette profondeur de champ".

Pour Édouard Philippe, "à part Éric Ciotti, qui est le plus cohérent et le plus constant, tout autre candidat investi par le congrès LR recentrera assez vite son discours." Il dit avoir "de l'estime pour beaucoup des candidats LR à cette primaire" et "les sait sincèrement amoureux de la France. Mais je ne me reconnais plus dans certaines de leurs propositions ni dans leurs choix. Ils se sont rangés dans une opposition systématique", ajoute-t-il.

Enfin, il estime le polémiste d'extrême-droite Éric Zemmour "en surchauffe", et "ne vois pas les Français confier le destin du pays à quelqu'un qui est le nouveau visage de vieux instincts".

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