Primaire de la droite : les principales réactions à la victoire de Fillon

Primaire de la droite : les principales réactions à la victoire de Fillon
François Fillon le 27 novembre 2016.
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Orange avec AFP, publié le dimanche 27 novembre 2016 à 23h35

Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Benoît Hamon... De gauche à droite, les réactions se multiplient après la large victoire à la primaire de la droite de François Fillon.



François Fillon, très net vainqueur ce dimanche 27 novembre de la primaire de la droite face à Alain Juppé, défendra les couleurs de son camp à l'élection présidentielle de 2017. Selon les résultats presque définitifs communiqués par la Haute autorité (9.915 bureaux sur 10.229 à 23h21), le député de Paris l'emporte largement avec 66,5% des voix contre 33,5% pour le maire de Bordeaux. Alors que l'ancien Premier ministre a de fortes chances de l'emporter étant donné la désunion de la gauche note les analystes, sa victoire fait réagir l'ensemble de la classe politique. Réactions.

► À DROITE

• Vers 21h05, Alain Juppé, la voix cassée par l'émotion, a reconnu sa défaite et félicité François Fillon pour "sa large victoire" et lui apporte son "soutien" pour 2017. L'actuel maire de Bordeaux a également expliqué qu'il allait désormais se "consacrer pleinement" à sa tâche de maire de Bordeaux, qui "m'a donné et me donne tant de joie".

Expliquant que son propre résultat n'était "pas à la hauteur de (ses) espérances", il a exprimé sa "reconnaissance" à ses électeurs et à ses soutiens. "Je termine cette campagne comme je l'ai commencé en homme libre, qui n'aura transigé ni avec ce qu'il est est ni avec ce qu'il pense", a-t-il dit. Aux jeunes, il a lancé : "Continuez à porter l'idée de la France que nous avons partagée, une France apaisée et réconciliée". "Pour apaiser et réconcilier, il faut aussi donner une espérance et mettre sa force au service de la générosité, du respect mutuel, de la justice", a-t-il dit, exhortant aussi à "tendre la main à nos frères européens" et à rester "vigilants pour mettre les révolutions scientifiques et techniques qui vont s'accélérer au service de l'Homme, la seule cause qui vaille".

Achevant son allocution, il a dit "avoir donné 40 ans de sa vie au service de la France et cela ma apporté de grands bonheurs et quelques peines". "Ce soir encore, au risque de vous surprendre, je suis heureux d'avoir parlé aux Français pour leur dire ce que je crois, la tâche qui vous attend est exaltante". "Vous avez de la chance, je vous souhaite bonne chance et je souhaite par dessus tout bonne chance à la France", a-t-il conclu.

• Éliminé au premier tour de la primaire, Nicolas Sarkozy, qui avait offert son soutien à celui qui fut son Premier ministre, a souhaité "bonne chance" à François Fillon et appelé au rassemblement "pour garantir l'alternance dont la France a plus que jamais besoin en 2017". "J'ai également une pensée amicale pour Alain Juppé qui a défendu avec conviction ses idées, tout au long de cette campagne", a-t-il ajouté, à propos du maire de Bordeaux, challenger malheureux de M. Fillon.



• Deux ans après la guerre qui les avait opposé pour la présidence de l'UMP, Jean-François Copé s'est rangé après sa défaite au premier tour de la primaire de la droite du côte d'Alain Juppé. Mais ce dimanche soir 27 novembre, peu après l'annonce de la victoire de François Fillon, il s'est déclaré "à son entière disposition". "Je me place dès à présent, indépendamment de ce qui nous a séparé dans le passé, à son entière disposition", a-t-il assuré.



• Candidat malheureux de la primaire, qui s'était rallié à François Fillon après le premier tour, Bruno Le Maire a salué "la dignité" d'Alain Juppé.



• Son ancienne ministre, Nadine Morano, a salué un choix "clair sans compromission", saluant le "retour de la vraie France".


► À GAUCHE

• Ni de droite, ni de gauche, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron a lancé sur France 2 un appel aux "progressistes de droite" après la victoire de François Fillon. ""Je tends la main à ceux qui ont voté pour Alain Juppé ou pour un autre candidat et qui partagent la vision que nous portons", a déclaré l'ex-ministre de l'Économie. Il a aussi opposé sa "vision progressiste" à l'offre "de droite conservatrice" de François Fillon, lançant un appel aux progressistes de droite, mais aussi de gauche et du centre.

• Invité de BFMTV, Benoît Hamon a fustigé le programme de François Fillon, "violent et dangereux" selon lui.



Face à la forte mobilisation (près de 3 millions d'électeurs à 17h), le candidat à la primaire de gauche, s'est néanmoins réjouit que les Français "aiment encore la politique".



• "Une ultra droite liquide le dernier chiraco-gaulliste", a écrit sur Twitter le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, en évoquant la défaite d'Alain Juppé face à François Fillon.



• Pour François Rebsamen, maire de Dijon et proche de François Hollande, "la gauche n'a plus le choix". "Unité et rassemblement", a-t-il demandé sur Twitter.



• "Révolution conservatrice de Fillon ou révolution nationale sont deux risques immenses pour notre pays. Bâtissons une alternance à gauche", a abondé le député Christian Paul, chef de file des frondeurs.

• Sur France 2, Arnaud Montebourg, candidat à la primaire de gauche, a estimé que le programme de François Fillon était "la destruction de la sécurité sociale et un plan social de fonctionnaires". Afin d'éviter le "scénario de l'élimination de la Gauche au 1er tour, en commençant par le rassemblement par la primaire".






► À L'EXTRÊME-GAUCHE / CHEZ LES VERTS

• Saluant le succès de François Fillon "parmi les siens", le leader de la "France insoumise" Jean-Luc Mélenchon a toutefois tempéré les craintes en rappelant qu'il s'agissait "juste de la primaire de la droite". "Là où (M. Fillon) se trompe, c'est s'il croit que le discours qu'il tient contre l'État, contre les fonctionnaires, correspond à une attente dans le pays", a précisé M. Mélenchon sur France 2. "C'est tout le contraire : la masse des Français est en attente de services publics qui fonctionnent, d'une santé qui marche, d'une Éducation nationale qui tourne rond, d'enfants qui progressent à l'école", a-t-il estimé.

• "Fillon en piste... avec un projet d'une violence inédite. Du jamais vu. Cela demande donc une contre-offensive d'un type nouveau à gauche", a de son côté appelé Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, sur Twitter.



• "Avec Fillon la droite choisit le 'conservateur ET le 'libéral'", s'est ému en écho le porte-parole d'Europe Ecologie-Les Verts Julien Bayou. "À nous de faire barrage et de proposer l'alternative écolo et progressiste."

► AU CENTRE

• Sur RTL, le centriste (UDI) Yves Jégo, demande à François Bayrou de ne pas se lancer dans la course à la présidentielle. Soutien d'Alain Juppé, le président du MoDem, avait en effet assuré qu'il ne se présenterait pas en cas de victoire de ce dernier mais laissait la porte ouverte dans le cas contraire. Après le premier tour de la primaire, il avait par ailleurs mis en garde contre la "brutalité" du programme de François Fillon, et n'excluait pas de défendre son propre projet.



• François Bayrou a émis dimanche soir des doutes sur le projet de François Fillon, jugeant qu'il "pose en réalité de nombreuses questions aux citoyens et à notre société", dans un communiqué.

• Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui a soutenu Alain Juppé, a félicité dimanche soir François Fillon et proposera mardi à ses troupes d'engager avec lui "une discussion pour élaborer un projet législatif commun".

► À L'EXTRÊME-DROITE

• Marine Le Pen, en déplacement à La Réunion, a déclaré dimanche avoir "toujours pensé" que François Fillon "serait un très bon candidat" face à elle au second tour de la présidentielle, le jugeant "le porte-parole de ce que l'UE a produit de pire en termes d'idéologie". "François Fillon, Henri Guaino a raison quand il dit que c'est le pire programme de casse sociale qui n'ait jamais existé, le pire", a-t-elle expliqué devant la presse lors d'un déplacement à Saint-Louis (sud).

C'est aussi pour elle "le pire programme européiste qui n'ait jamais existé. Jamais aucun candidat n'est allé aussi loin dans la soumission aux exigences ultralibérales de l'Union européenne", a insisté la patronne du Front national.

• L'eurodéputé FN Louis Aliot s'est contenté de retweeter d'autres élus FN, attaquant le programme sur l'accueil des migrants du candidat Les Républicains à la présidentielle.

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