Primaire à droite : la marque "Kärcher" ne veut plus être citée

Primaire à droite : la marque "Kärcher" ne veut plus être citée
Une manifestation à Toulouse, en 2011 (illustration)

, publié le mercredi 19 octobre 2016 à 11h02

À l'insu de son plein gré, elle était presque entrée dans le "langage commun" de la politique. La marque Kärcher a envoyé une lettre recommandée avec accusé de réception au directeur de campagne d'Alain Juppé pour lui demander de cesser d'utiliser le nom du célèbre nettoyeur haute-pression dans ses prises de parole. "Nous constatons depuis plusieurs mois l'utilisation régulière du nom de notre société sur la scène politique, en relation avec des sujets de société pour le moins sensibles", explique d'emblée le président de la firme dans la missive, avant de se placer dans la perspective de la campagne pour la prochaine présidentielle, en devinant que "cette utilisation risque de s'accroître".

Face à ces prochains mois de débats électoraux que la direction de Kärcher présume agités, cette dernière souhaite en être détachée. "Nous nous tournons à présent vers l'ensemble des candidats déclarés à l'élection présidentielle. L'utilisation de notre nom en association avec une question politique, polémique et négative, porte préjudice à notre entreprise, à ses valeurs, à ses clients et à ses collaborateurs", est-il détaillé. La lettre déplore par ailleurs la création de néologismes à partir du nom de la marque, tels que "karchériser" et "karchérisation".

En réponse à cette lettre, le directeur de campagne d'Alain Juppé s'est permis une pirouette, renvoyant Kärcher à l'auteur "originel" de l'expression en évoquant une "erreur d'adressage".


Gilles Boyer fait allusion, sans le nommer, à Nicolas Sarkozy, qui avait employé l'expression "nettoyer au Kärcher" lors d'un déplacement dans une cité de La Courneuve, à l'époque où il était ministre de l'Intérieur, en 2005.

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