Primaire à droite : Juppé affiche ses différences avec Sarkozy

Primaire à droite : Juppé affiche ses différences avec Sarkozy
Le maire "Les Républicains" de Bordeaux, le 21 juillet 2016.
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publié le vendredi 26 août 2016 à 22h03

Cumul des mandats, regroupement familial, burkini... Dans un entretien publié samedi par Le Figaro, Alain Juppé affiche ses différences avec Nicolas Sarkozy, son principal rival lors de la primaire à droite des 20 et 27 novembre prochains.

Le maire de Bordeaux estime notamment que la suspension du regroupement familial, proposée par l'ancien chef de l'État, "n'est pas une attitude humaine".

Alain Juppé le rappelle dans son interview : il souhaite "rassembler la droite dans ses différentes sensibilités", à l'exception de l'extrême droite à cause "de points de désaccord définitifs". S'il voit "certains points d'entente" avec Nicolas Sarkozy - notamment sur "le rétablissement des peines planchers, l'effectivité des peines, la construction de places de prison" -, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac liste de nombreuses divergences avec son principal rival à droite.

• NON-CUMUL DES MANDATS :

Dans cette interview, Alain Juppé éreinte notamment la promesse de Nicolas Sarkozy de réformer le non-cumul des mandats, voté sous le quinquennat de François Hollande, dès le début du futur quinquennat. "Pensez-vous sérieusement que le premier texte de mon quinquennat serait un projet rétablissant le cumul des mandats ?", réplique le maire de Bordeaux dans Le Figaro. "Nous dirions aux Français : 'on s'occupe de nous avant de s'occuper de vous ?'". "Il suffit de poser la question pour avoir la réponse", conclut-il.

• REGROUPEMENT FAMILIAL

En matière d'immigration, Alain Juppé estime que la suspension du regroupement familial, proposée par Nicolas Sarkozy, "n'est pas une attitude humaine". A contrario, l'ex-Premier ministre souhaite conserver le regroupement familial "à condition que la personne qui souhaite faire venir sa famille puisse justifier d'un revenu de travail".

• PAS DE LOI DE CIRCONSTANCE SUR LE BURKINI

Alain Juppé avait approuvé les arrêtés d'interdiction du burkini publiés ces dernières jours par certains maires. Mais après la décision du Conseil d'État de les suspendre, le maire de Bordeaux appelle à ne "pas jeter de l'huile sur le feu" en passant, comme le propose et demande Nicolas Sarkozy, par une loi s'appliquant sur l'ensemble du territoire. "Résistons à la tentation d'exiger des lois de circonstance au fil des polémiques médiatiques", explique-t-il dans Le Figaro. "Aujourd'hui, dans l'état de tension et de souffrance dans lequel se trouve la société française, nous serions tous bien inspirés d'arrêter de jeter de l'huile sur le feu".

L'ex-Premier ministre s'était déjà déclaré contre l'interdiction du voile à l'université prônée par Nicolas Sarkozy. "La question du port de signes religieux ostentatoires est importante, notamment en ce qu'elle peut constituer pour la femme une forme d'enfermement", explique-t-il. "Il faudra l'aborder clairement, comme je le propose, dans un accord global entre l'État et les représentants du culte musulman", a-t-il poursuivi. "La République doit engager un dialogue avec nos compatriotes musulmans pour fixer les règles du jeu dans un accord solennel sur les principes de la laïcité", qui comprendra "une charte de la laïcité".


A la question avec qui négocier cet accord, il répond: "c'est le problème". "La représentativité du Conseil français du culte musulman est parfois contestée (...) Il faut qu'il soit vraiment représentatif des musulmans de France, sans connexion avec des États étrangers, ce qui suppose que nos compatriotes musulmans prennent leurs responsabilités pour s'organiser", explique-t-il. "Ce n'est pas les culpabiliser ni les stigmatiser de dire cela", ajoute-t-il. "Et je le dis à nos compatriotes musulmans: on note aujourd'hui dans cette religion un durcissement, un retour à ce que certains considèrent comme la rigueur originelle, qui peut aboutir à des comportements de prosélytisme proches de la provocation. Il faut calmer le jeu d'un côté comme de l'autre".

• LE RECOURS AUX ORDONNANCES

"Nicolas Sarkozy considère que gouverner via les ordonnances est une mauvaise méthode. Je suis au contraire persuadé que c'est la voie à suivre", estime le maire de Bordeaux. "Grâce à elles, d'ailleurs, nous sommes sortis de la crise sociale de 1995 et j'ai mené à bien la réforme de l'Assurance-maladie".

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