Prêtre tué en Vendée : Gérald Darmanin explique pourquoi le suspect n'a pas été expulsé

Prêtre tué en Vendée : Gérald Darmanin explique pourquoi le suspect n'a pas été expulsé©Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

publié le lundi 09 août 2021 à 20h21

Certaines voix au sein de la classe politique ont rapidement dénoncé du "laxisme" ou encore une "faillite de l'Etat".

Un prêtre a été tué ce lundi 9 août à Saint-Laurent-Sur-Sèvre, en Vendée, dans une communauté religieuse par un homme qui y était hébergé. Le suspect, Emmanuel Abayissenga, est un ressortissant rwandais qui avait avoué en juillet 2020 l'incendie de la cathédrale de Nantes, et qui s'est dénoncé.

Le drame a provoqué une vive émotion, qui s'est assortie d'une polémique, à huit mois de l'élection présidentielle.



Certaines voix au sein de la classe politique ont en effet rapidement dénoncé du "laxisme" ou encore une "faillite de l'Etat". La candidate à la présidentielle Valérie Pécresse (Libres, ex-LR) s'est dite "bouleversée", estimant que le suspect "aurait dû avoir quitté le territoire depuis 2019".

"Cet homme n'aurait jamais dû entrer en France et encore moins y rester après l'incendie de la cathédrale de Nantes. (...) Nous avons sous les yeux les conséquences de nos lâchetés et nos aveuglements", a de son côté jugé le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez.

La présidente de Rassemblement national Marine Le Pen, a vu dans cet assassinat la "faillite complète de l'Etat et de Gérald Darmanin" et dénonçant le fait que son auteur n'ait pas été expulsé après l'incendie de Nantes.

"L'administratif vient après le judiciaire"

Arrivé sur place, à Saint-Laurent-Sur-Sèvre, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a déploré le fait que "certains (aient) cédé à la tentation de la polémique, la tentation de la démagogie". Il a précisé pourquoi le suspect n'avait pas été expulsé du territoire national.

"Cette personne faisait l'objet de trois arrêtés de reconduite à la frontière depuis son arrivée sur le territoire national illégalement en 2012. Le ministère de l'Intérieur et l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides, ndlr) ont refusé sa demande d'asile. Le centre national, qui est en charge du recours des juges indépendants, a confirmé la décision de l'Etat", a-t-il commencé.

"Puis deux décisions administratives ont été prises par les préfets pour le reconduire à la frontière, ces deux décisions ont été cassées par le tribunal administratif de Nantes. Une troisième décision a été prise en 2019 et nous attendions le retour du tribunal administratif de Nantes", a expliqué Gérald Darmanin.

Il y a tout juste un an, l'individu a avoué être à l'origine de l'incendie de la cathédrale de Nantes. "Nous ne pouvions pas exécuter la décision d'expulsion du territoire national de cette personne puisqu'elle a été pendant plusieurs mois en prison, puis libérée sous contrôle judiciaire. Ce contrôle judiciaire prévoyait explicitement qu'il ne pouvait pas quitter le territoire national en attendant la décision de justice", a ensuite précisé le ministre de l'Intérieur.

Puis de conclure : "L'administratif vient après le judiciaire."

Selon le vice-procureur de La-Roche-Sur-Yon, Yannick Le Goater, "aucun mobile lié à un motif terroriste" n'apparaît dans cette affaire. Le suspect était sorti le 29 juillet d'une hospitalisation en psychiatrie où il avait été soigné pendant plus d'un mois.

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