Prestations sociales : «Il faut sortir d'une logique de guichet», prévient Macron

Prestations sociales : «Il faut sortir d'une logique de guichet», prévient Macron
« Nous consacrons une part toujours plus importante de notre richesse nationale à la protection sociale », assure le président.

leparisien.fr, publié le mercredi 13 juin 2018 à 13h50

Le Congrès annuel de la Mutualité a été l'occasion pour le chef de l'Etat de préciser sa politique sociale, dont certains points font débat.

On le sait, il a travaillé son discours. Au détour d'une clarification filmée auprès de ses équipes, Emmanuel Macron a même suscité une polémique avec sa volonté de « responsabiliser les gens » qui « sont quand même pauvres » malgré le « pognon de dingue » que l'Etat met dans des prestations sociales...

Dans ce contexte, l'intervention du chef de l'Etat, ce mercredi au Congrès des Mutualistes à Montpellier (Hérault), était très attendue. Le président y a confirmé son ambition de tourner sa politique sociale vers la prévention mais également son intention de « sortir d'une logique de guichet pour une logique d'accompagnement ! » A ce stade, il n'a toutefois pas évoqué les détails de cette réforme des prestations sociales, l'éventuel resserrement du nombre de bénéficiaires ni même les montants versés.

En revanche, une refonte du système des retraites et de ces « 42 régimes » est à prévoir pour le premier semestre 2019. Emmanuel Macron a également confirmé ses annonces sur le reste à charge zéro en ce qui concerne l'audition et l'optique.

>> Revivez l'intervention d'Emmanuel Macron :

12h40. Un discours très punchy. C'est la fin de son allocution, ponctuée par des interventions de mutualistes. Pour résumer, le message du président est le même que celui qui a fait polémique plus tôt dans la journée : il faut « responsabiliser » les citoyens et les acteurs du secteur social. Moins dépenser, plus prévenir. Et faire revenir « ceux qui peuvent travailler » dans la vie active pour qu'ils ne s' « installent (pas) dans l'exclusion ».

12h37. « Investir dans les personnes, accompagner davantage, responsabiliser plus... Sortir d'une logique de guichet pour une logique d'accompagnement ! » Selon Macron, qui résume sa pensée à ce qui semble être la fin de son discours, « la société doit s'émanciper par le travail ». « Il y aura bien sûr toujours ceux qui ne le peuvent pas et on les accompagnera » mais « il faut accompagner ceux qui le peuvent ». « Il nous faut assumer des dépenses sociales. Nos engagements monétaires doivent être complétés par de l'accompagnement ».

12h35. Une attention particulière au « travail social »... et au contrôle. « Les plus fragiles sont justement ceux qui ne vont pas chercher les aides... La grande exclusion a besoin d'une part de soin humain, d'attention, de précaution. » Par ailleurs, le chef de l'Etat distingue « la grande exclusion, qui a besoin de soins humains » et « celles et ceux qui peuvent revenir vers le travail, qu'il faut accompagner et responsabiliser ». Emmanuel Macron assume que cette politique aille de pair avec « un contrôle » pour éviter les cas de personnes « installées dans l'exclusion ».

12h25. Retraites : réforme globale rapide. Le président revient sur le sujet des retraites et annonce pour le premier semestre 2019 la refonte d'ensemble de notre système de retraites : par répartition, et en maintenant la solidarité entre les générations, mais il faut la fin d'une société de statuts et la convergence des régimes, répète-t-il.

12h20. Ça tilte sur la CSG. «Le minimum vieillesse a augmenté de 30 euros au 1er janvier dernier et augmentera de 30 euros au 1er janvier prochain. Et j'entends déjà les murmures dans la salle... Mais rares sont les personnes au minimum vieillesse qui payent une CSG à taux plein. Donc c'est uniquement du pouvoir d'achat qu'ils ont gagné ! » lance au passage Emmanuel Macron, qui récolte quelques huées.

12h17. Cinq services minimum. « Les travaux ne sont pas terminés. Je m'exprimerai à l'été sur les résultats des négociations » mais Emmanuel Macron évoque « cinq services minimum ». « Il faut construire une médecine tournée vers le patient et lui permettant de construire son parcours dans le système de santé. »

12h14. Et pour les dents aussi. Macron annonce également des examens pour les enfants de 3 ans et les jeunes de 24 ans pour renforcer la prévention en matière dentaire.

12h13. La « révolution de la prévention ». C'est ce qu'Emmanuel Macron dit souhaiter grâce à un meilleur accès aux professionnels, avant que la situation ne s'aggrave. « Nous mettrons en place un dépistage des troubles visuels et auditifs dès le plus jeune âge (...) Le remboursement des lunettes ne sert à rien si on met 12 mois à avoir un rendez-vous avec un ophtalmologue ! (...) Il faut aller plus loin dans la formation des opticiens, augmenteront le nombre d'audioprothesistes », annonce-t-il notamment.

12h10. « Revenons aux prothèses ! » Après cette pause imprévue, Emmanuel Macron revient à ses annonces sur le reste à charge en ce qui concerne l'audition et l'optique. >>Plus de détails ici.

12h07. Pause interpellations. Face aux interventions provenant du public, Emmanuel Macron s'arrête et demande aux personnes dans la salle de répéter. Il s'agit de discuter sur la fiscalité du secteur pour lui permettre d'investir davantage. « Je suis prêt à ouvrir cette discussion ! » commente le président. Applaudissements.

12h04. Réforme en profondeur. Macron veut une « transformation collective » du système, certes « moins sidérante que mettre de l'argent sur la table » mais «plus efficace ».

11h58. « La souffrance sociale dans les Ehpad pour les personnes dépendantes et leurs familles est un échec collectif », estime encore Emmanuel Macron. Nous avons récemment consacré un dossier à ces Etablissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes à lire ici.

11h55. Retraites : « Nous avons 42 régimes » regrette Macron. « Je tiens au système de redistribution et il sera maintenu. Mais ça ne correspond plus à la réalité aujourd'hui. Ce système répondait au défi d'une société d'après-guerre mais n'est plus adapté à une société qui vieillit. Les inégalités sont devenues statutaires !»

11h48. « Regardons en face notre système ! » implore le président, qui semble encore répondre aux critiques. « Il est efficace, par rapport à d'autres, mais il prévient mal. (...) Nous laissons nos concitoyens aller vers des pathologies plus lourdes », estime-t-il. Et de regretter les « actes inutiles » et la « surmédicalisation ».

11h45. « Je préfère l'efficacité au fétichisme » « La solution n'est pas de dépenser toujours plus d'argent... » prévient Emmanuel Macron en invitant les mutualistes à « choisir ensemble un système de valeurs qui permettent l'effectivité des droits ».

11h42. « Je veux lever un malentendu... » : « Je n'ai pas le sentiment que quand on redresse l'économie on soit contre le modèle social. C'est produire pour pouvoir redistribuer ! » défend Emmanuel macron devant les mutualistes.

11h40. Macron brièvement sifflé. Et le président de s'en indigner au moment de dire qu'il ne veut pas « une société de statuts » : «Vous me sifflerez à la fin si vous voulez ! »

11h35. Ne pas se contenter des «droits formels». Le président commence son discours en forme de réponse aux polémiques : « Nous avons maintenu les droits formels sans nous soucier assez qu'ils soient toujours des droits réels pour chacun. (...) C'est ça l'indignation française contemporaine. Pourtant, c'est un paradoxe, nous consacrons une part toujours plus importante de notre richesse nationale à la protection sociale » s'interroge-t-il. Oui, «nous pouvons être fier de notre système social », assure-t-il tout en expliquant vouloir s'attaquer à «l'effectivité de chacun des droits », aux «parts obscures, maudites, perdues... »

11h30. « Faites confiance aux acteurs ! » enjoint Thierry Beaudet avant de passer la parole au président. « Osez la société civile, osez l'économie sociale et solidaire, osez les mutuelles ! »

11h20. Macron attendu au tournant ! « Il nous tarde de connaître vos arbitrages... Ces arbitrages qui conditionnent le bénéfice pour les Français », prévient encore Thierry Beaudet qui fait un peu la leçon au président avant son discours.

11h10. Petit rappel au président. Thierry Beaudet introduit le discours d'Emmanuel Macron en défendant ses pairs mutualistes, qui se sentent déconsidérés : « Nous sommes un mouvement issu de la société civile qui s'est toujours voulu indépendant. Indépendant mais pas indifférent. Nous sommes 250 années d'efforts en vue de construire des solidarités (...) Vous appréciez les initiatives : nous sommes une initiative qui dure ! » rappelle encore le président de la Mutualité française. Que ce soit dit, donc, les mutualistes ne devront pas porter la responsabilité des politiques sociales...

11 heures. Les « inquiétudes » des Mutualistes. Thierry Beaudet, le président de la Mutualité française, accueille le président de la République et lui fait part des « inquiétudes » quant à sa politique : « Nombreux parmi nous la trouve préoccupante » dans un contexte où « le pays doute de ses institutions, de ses corps intermédiaires », regrette-t-il.

10h55. Le SAV de Buzyn. Après le discours du président, la ministre des Solidarités doit tenir un point presse à 13h30.

10h50. « Ascenseur social en panne. » Ça sent l'élément de langage... Avant Muriel Pénicaud ce matin, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn avait déjà parlé ce week-end d'« ascenseur social en panne », indiquant que « les aides sociales en matière de lutte contre la pauvreté avoisinent les 50 milliards d'euros » et que « toutes les allocations peuvent être discutées »... Une petite musique pour préparer le discours présidentiel de ce mercredi ?

10h40. Pénicaud à la rescousse. Les propos d'Emmanuel Macron sur les aides sociales qui coûtent « un pognon de dingue » signifient que le gouvernement « doit faire mieux » en matière de lutte contre la pauvreté car « l'ascenseur social est en panne », insiste la ministre du Travail sur France Info, faisant le Service après-vente et louant le « langage de sincérité » du président.

10h35. Polémique. Avec sa petite vidéo tweetée par Sibeth Ndiaye, Macron semblait savoir ce qu'il faisait. Toutefois, la petite phrase sur la « responsabilisation des gens » cristallise les réactions, même à droite. « Comme tous les ultralibéraux il fait porter la responsabilité du chômage et de la pauvreté sur les chômeurs et les pauvres », critique Marine Le Pen. « Vidéo affligeante sur la forme comme sur le fond. Cette mise en scène en mode faux off est grotesque sur un sujet si important et son contenu est empreint de mépris pour les Français qui ne lui ressemblent pas », commente également Laurence Sailliet, porte-parole des Républicains.

10h30. Coup de com' et timing choisi ? Quelques heures avant l'intervention du président, ses équipes partagent une vidéo où on le voit clarifier ses idées. « Y'a pas de fil directeur ! C'est de la lasagne faite avec de la paëlla... » les gronde-t-il. « On met un pognon de dingue dans des minima sociaux et les gens sont quand même pauvres. (...) Il faut prévenir la pauvreté et responsabiliser les gens ! » >>Plus de détails ici.

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