Présidentielle : quand Emmanuel Macron va-t-il réellement se lancer ?

Présidentielle : quand Emmanuel Macron va-t-il réellement se lancer ?
Emmanuel Macron, le 20 janvier 2022, à Paris.

publié le samedi 22 janvier 2022 à 07h00

Un ténor de la majorité parie sur une candidature du chef de l'Etat "dans les trois semaines qui arrivent". 

A moins de trois mois du premier tour, la liste des candidats à l'élection présidentielle se précise, chacun des grands partis ayant désigné leur champion. Tous sauf La République en marche, Emmanuel Macron n'ayant encore rien officialisé.

Le compte à rebours a toutefois été réellement enclenché mercredi 19 janvier puisque le discours du chef de l'Etat au Parlement européen était présenté comme une étape importante à franchir avant toute déclaration.



Mais quand et comment Emmanuel Macron annoncera-t-il qu'il se lance dans la course pour un second mandat de cinq ans? Adepte de la surprise, le président garde le silence sur le sujet depuis qu'il a tué le 4 janvier "le faux suspens" en déclarant avoir "envie" d'être candidat. "Dès qu'il y aura les conditions sanitaires qui le permettent et que j'aurai clarifié ce sujet, en moi-même et par rapport à l'équation politique, je dirai ce qu'il en est", avait-il promis dans un entretien au Parisien.  

Une déclaration dans les trois semaines ?

La situation sanitaire devrait s'éclaircir d'ici la fin janvier puisque le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi la levée de la plupart des restrictions d'ici 15 jours. A la lumière de ces paramètres, un ténor de la majorité parie sur une candidature "dans les trois semaines qui arrivent". Soit d'ici au 15 février, une perspective sur laquelle s'accordent de nombreux responsables politiques.

Cette attente permet au président de rester au centre du jeu, notamment médiatique. Toutes ses sorties et déclarations à venir seront scrutées à la loupe, certains membres de son entourage n'excluant pas qu'il puisse se déclarer lors d'un bain de foule, un exercice qu'il affectionne.

Son prochain déplacement est prévu lundi et mardi en Creuse et en Haute-Vienne sur les thèmes de la jeunesse, de la santé et de la relance en milieu rural. Mais ce ne sera pas encore pour cette fois, selon un proche.

L'opposition fustige un "président-candidat"

Cette visite devrait de nouveau être critiquée par l'opposition qui, de la gauche à l'extrême droite, accuse "le président-candidat" de faire campagne aux "frais du contribuable", comme l'a dit la candidate LR Valérie Pécresse. La majorité relativise ces attaques en soulignant qu'elles ont visé tous les présidents sortants se représentant, comme Nicolas Sarkozy en 2012. 

Un de ses responsables prévoit d'ailleurs que ces critiques dureront jusqu'au scrutin des 10 et 24 avril. Car "après son entrée dans la campagne, il y aura des allers-retours permanents entre son rôle de président et son rôle de candidat". Emmanuel Macron répète en effet depuis longtemps qu'il est déterminé à gouverner "jusqu'au dernier quart d'heure" de son mandat. Et notamment pour la présidence française de l'UE, alors que deux sommets importants sont prévus courant mars, dans la dernière ligne droite de la campagne.

"La machine de guerre" déjà mise en place

Mais la déclaration de candidature va "ouvrir une ère nouvelle", selon un proche. Car le chef de l'Etat devra non seulement défendre son bilan - ce qu'il fait déjà depuis plusieurs mois - mais aussi "présenter un nouveau projet", ce qui l'exposera davantage. Il a commencé à en livrer des pistes ces dernières semaines, notamment sur la sécurité lors d'une visite à Nice, sur la fiscalité des petites successions devant les lecteurs du Parisien, sur les universités ou sur une nouvelle réforme des retraites.

Dans les coulisses, "la Macronie n'a pas attendu qu'il se déclare pour mettre en place la machine de guerre. Certains phosphorent sur les idées, le programme, tandis que d'autres préparent la logistique de la campagne", précise un responsable. Sans être toutefois sûr de ce que gardera in fine Emmanuel Macron. 

Parmi les zones de flou, les difficultés des différentes formations de la majorité à se structurer dans "la maison commune" de la majorité, Ensemble citoyens, et les rapport avec le nouveau parti d'Edouard Philippe, Horizons.

A ce jour, tous les sondages placent le président sortant en tête des intentions de vote au premier tour - autour de 24/25% - et réélu au second, mais avec une avance sensiblement moins élevée qu'en 2017, où il avait battu Marine Le Pen avec 66,10% des suffrages.

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