Présidentielle: les militants LR vont devoir trancher

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Christian Jacob au siège de LR le 6 juillet 2021
Christian Jacob au siège de LR le 6 juillet 2021
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© AFP, Alain JOCARD

publié le mercredi 22 septembre 2021 à 22h51

Primaire à deux tours ou congrès réservé aux seuls Républicains? Les militants décideront samedi, a expliqué mercredi le patron de LR Christian Jacob, en dévoilant une vaste enquête d'opinion donnant l'avantage à Xavier Bertrand.

"Les résultats sont clairs" puisque Xavier Bertrand (ex-LR) "arrive en tête" même si "par ailleurs les écarts sont serrés", a affirmé M. Jacob à l'issue d'un bureau politique de LR. 

Cette vaste enquête, réalisée auprès de 15.000 sympathisants de droite, donne à Xavier Bertrand une avance en termes de crédibilité sur plusieurs sujets régaliens (sécurité, délinquance, immigration...) mais Valérie Pécresse n'est pas très loin derrière: notamment chez les sympathisants LR elle recueille 81% de bonnes opinions, contre 79% à son rival.

"Xavier Bertrand est le mieux placé pour l'emporter", s'est félicité le député Pierre-Henri Dumont, proche du président des Hauts-de-France.

"Il est devant mais Valérie Pécresse le talonne, et Barnier s'est installé en un temps record comme le troisième homme. Il faudra que les choses se décantent petit à petit", a résumé le maire de Meaux Jean-François Copé en estimant que "le vrai rendez-vous sera janvier". LR espère avoir un candidat début décembre.

En attendant les militants, qui se réuniront en congrès numérique samedi, devront choisir le nouveau mode de désignation: soit une primaire à deux tours, "par un processus ouvert à l'ensemble des sympathisants qui se reconnaissent dans les valeurs de la droite et du centre", et acceptant d'être inscrits "dans un fichier nominatif".

- "Empêchement" -

L'autre option est "un congrès réservé aux seuls militants LR", inscrits jusque 15 jours avant le scrutin, et à deux tours également, a-t-il ajouté. La possibilité d'ouvrir le vote aux militants des formations "amies" de la droite et du centre, défendue dans le camp Pécresse, a été écartée (LR compte un peu plus de 82.000 adhérents).

"Si on n'ouvre pas dans la solution deux, ça peut faire très très restreint", a regretté le sénateur Roger Karoutchi.

Xavier Bertrand pourrait-il se mettre sur les rangs d'un congrès, lui qui refuse toute primaire? Selon M. Jacob, la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone notamment, proche du président des Hauts-de-France, "a dit que Xavier Bertrand, dans la formulation congrès, était prêt à s'y soumettre".

Quant à l'hypothèse qu'un seul nom soit soumis au vote des militants, évoquée à demi-mot dans le camp Bertrand, "je pense qu'ils seront plusieurs à solliciter" l'investiture du parti dès lors qu'ils auront 250 parrainages, a assuré M. Jacob, "sauf si tout le monde renonce et un seul reste". 

"Je suis très attaché au choix des militants, on ne va pas organiser sur un coin de table" le choix du candidat, a-t-il ajouté.

Mais "s'il y avait un candidat naturel il n'y aurait pas besoin de toutes ces procédures", a-t-il affirmé, alors que LR espère en vain depuis des mois qu'un candidat se dégage.

Et pour éviter de réitérer l'accident de 2017, lorsque le candidat François Fillon, déjà candidat, avait été mis en examen dans le Penelopegate et avait entamé une chute dans les sondages, LR compte se doter désormais d'une "procédure d'empêchement".

Inscrite dans le cadre d'une révision des statuts, elle prévoit que si le candidat choisi "ne peut, pour quelque raison que ce soit, rester porteur de ce choix, la procédure pourrait être (...) à nouveau engagée".

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