Présidentielle : la règle des 500 parrainages "n'est plus adaptée", selon le président des maires de France

Présidentielle : la règle des 500 parrainages "n'est plus adaptée", selon le président des maires de France©Sameer Al-DOUMY / AFP

publié le dimanche 16 janvier 2022 à 12h10

Si David Lisnard souhaite que l'ensemble des candidats "trouvent tous leurs parrainages", l'écologiste Sandrine Rousseau, elle, a estimé qu'il ne serait "pas grave pour la démocratie" qu'Éric Zemmour n'obtienne pas ses signatures, soulignant les idées "extrêmes" et "fascistes" du candidat d'extrême droite.

À trois mois de l'élection présidentielle, les candidats s'activent pour réunir les 500 parrainages qui leur permettront de participer effectivement au scrutin. Certains, tels que le candidat insoumis Jean-Luc Mélenchon, la candidate du RN Marine Le Pen ou le candidat d'extrême droite Éric Zemmour, n'ont pas caché leurs difficultés à réunir ces signatures.

Dimanche 16 janvier, le président de l'Association des maires de France (AMF) et maire de Cannes, David Lisnard, a affirmé "à titre personnel" qu'il pensait que "cette règle n'était plus adaptée" sur Europe 1 / CNews / Les Échos.

"Ma responsabilité, ce n'est pas de chercher des parrainages pour des candidats", mais "en tant que citoyen, j'alerte", a-t-il déclaré.



"J'ai proposé plusieurs solutions" comme le "double parrainage", soit le fait de "mixer avec un parrainage citoyen", a-t-il poursuivi. Mais "les règles n'incombent pas aux maires ou à l'AMF, elles incombent aux pouvoirs exécutif et législatif", a-t-il ajouté. "Les candidats ne découvrent pas aujourd'hui les règles" et "pas un, sauf Jean-Luc Mélenchon" n'a fait en sorte que la loi change, a-t-il rappelé.

Si le président de l'AMF souhaite que l'ensemble des candidats "trouvent tous leurs parrainages" afin que la "discorde civile puisse s'exprimer électoralement", il serait d'après lui "malhonnête que de dire que l'Association des maires de France va trouver des parrainages : elle n'est pas là pour servir les intérêts" d'un candidat plutôt qu'un autre.

"Je pense qu'il faut absolument que Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et Éric Zemmour puissent concourir à l'élection", a-t-il encore ajouté, estimant qu'il y avait "aussi de la tactique" dans les plaintes des candidats à l'encontre du système de parrainage. "C'est le cas tous les cinq ans, ça devient un marronnier", a-t-il poursuivi, estimant que tous allaient avoir leurs signatures. 

De fait, comme l'a rappelé le constitutionnaliste Didier Maus à franceinfo, "aucun candidat significatif n'a été empêché de se présenter à une élection présidentielle depuis le début de la Ve République" et il "n'y a aucune raison de penser que cela ne marche pas cette année", même pour les "petits" candidats. Ainsi, en 2017, lors de la précédente élection présidentielle, Jacques Cheminade a pu se présenter pour rassembler... 65.586 voix, soit 0,18% des suffrages au premier tour. Quatre autres candidats n'ont pas atteint la barre des 500.000 voix.

Le gouvernement n'a d'ailleurs pas l'intention de changer les règles à moins de cent jours du scrutin. "On ne change pas les règles du jeu à quelques jours du match", a ainsi estimé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur RTL le 11 janvier dernier, en rappelant par ailleurs que "les règles peuvent toujours changer puisque la Constitution puis la loi le prévoient". 

Interrogé sur la question dimanche sur RTL / Le Figaro / LCI, le candidat écologiste Yannick Jadot a estimé que modifier la règle est "un faux débat". La vérité, c'est que toutes celles et ceux qui veulent avoir leur parrainages les ont. C'est un faux débat (....). Même Jean Lassalle eu a ses signatures", a ainsi jugé l'écologiste sur RTL. 

De son côté, la présidente du conseil politique de la campagne de Yannick Jadot, Sandrine Rousseau, a estimé sur franceinfo qu'il ne serait "pas grave pour la démocratie" qu'Éric Zemmour n'obtienne pas ses parrainages, en soulignant les idées "extrêmes" et "fascistes" du polémiste d'extrême droite, "un candidat condamné pour des propos incitant au racisme, et que plusieurs femmes qualifient d'agresseur sexuel". 


"Je ne crois pas une seconde qu'il n'aura pas ses 500 parrainages", a-t-elle toutefois nuancé. "Je pense que Les Républicains vont les lui donner, et c'est un problème. On se retrouve dans la même situation qu'aux États-Unis avec Trump, où le parti des républicains a soutenu l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir. En France, l'extrême droite non seulement progresse, mais est aidée et soutenue par d'autres forces politiques", a-t-elle déploré.

Sur BFMTV dimanche, la candidate socialiste Anne Hidalgo a jugé "assez intéressante" la proposition du communiste Fabien Roussel de rendre inéligibles les personnes condamnées pour racisme ou incitation à la haine raciale. Des propos qui ciblent notamment le polémiste Éric Zemmour, condamné pour "provocation à la discrimination raciale".

 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.