Présidentielle : la crise sociale "pousse à ce qu'il y ait un candidat communiste"

Présidentielle : la crise sociale "pousse à ce qu'il y ait un candidat communiste"
Fabien Roussel et André Chassaigne à Paris le 27 octobre 2020.

publié le dimanche 06 décembre 2020 à 18h00

13 ans après la dernières candidature communiste à l'élection présidentielle, le secrétaire national du PCF a ouvert la porte à un retour, en raison de la crise sociale.

L'union réclamée par certains à gauche risque de ne pas être pour tout de suite. Les communistes, qui n'ont pas présenté de candidat depuis 2007, songent à se relancer dans l'arène présidentielle.


En cause, la crise sociale "explosive" découlant de la crise sanitaire a expliqué dimanche le secrétaire national du PCF Fabien Roussel.

"Je sens une colère tellement forte et une aspiration à ce que cela change, à ce que le monde du travail soit plus respecté, protégé ; une aspiration forte à ce qu'on change les modes de production, à ce qu'on donne du pouvoir aux salariés dans les entreprises, à ce qu'on reprenne le pouvoir au mur de l'argent", a énuméré le député du Nord sur Radio J, avant de conclure : "Oui, ça pousse à ce qu'il y ait un candidat communiste à l'élection présidentielle pour reprendre le pouvoir au mur de l'argent".

La dernière candidate du PCF à la présidentielle a été Marie-Georges Buffet en 2007.

Lors des deux scrutins de 2012 et 2017, le parti s'était rangé derrière la candidature (Front de Gauche puis Insoumis) de Jean-Luc Mélenchon. Les communistes, a indiqué Fabien Roussel, décideront le 12 décembre d'un calendrier devant mener à leur décision.

"Une pauvreté qui monte comme jamais"

Le dirigeant a pointé dimanche "une pauvreté qui monte comme jamais notre pays n'en a connue depuis la Seconde guerre mondiale", à l'origine selon lui d'un "risque de guerre civile". 

"Une personne sur deux qui arrive au Secours populaire aujourd'hui n'était jamais venue auparavant", s'est-il alarmé. "Il pourrait y avoir demain des émeutes de la faim, il pourrait y avoir demain une nouvelle crise des gilets jaunes comme en 2018".

"Le pouvoir d'achat des Français est en train de fondre comme neige au soleil", a-t-il insisté, et "il y a des plans de licenciement insupportables qui tombent sur des dizaines de milliers de salariés. Tout cela crée une situation terrible, explosive. Il ne faut pas que cela explose, il faut répondre à ces attentes".

Fabien Roussel avait jugé mi-novembre que l'annonce de la troisième candidature à l'Elysée de Jean-Luc Mélenchon n'était "pas une surprise. Et ce ne sera pas une surprise non plus si nous décidons collectivement de présenter un candidat communiste".
 

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