Présidentielle : la candidature d'Éric Zemmour se dessine encore un peu plus

Présidentielle : la candidature d'Éric Zemmour se dessine encore un peu plus
Des affiches soutenant une candidature d'Éric Zemmour à la présidentielle, à Paris, le 29 juin 2021.

publié le mercredi 30 juin 2021 à 09h25

Éric Zemmour n'a jamais fait part explicitement d'une candidature à l'élection présidentielle de 2022. Mais ses déclarations, à demi-mots, ou celles de certains de ses soutiens laissent supposer que le projet est avancé.

"Il va être candidat, c'est certain".

Arnaud Stephan, conseiller de Marion Maréchal, n'est pas le seul à être persuadé qu'Éric Zemmour sera ben et bien candidat à l'élection présidentielle en 2022. Et l'échec du Rassemblement national aux élections régionales semble donner des ailes aux soutiens du polémiste.

Ainsi, plusieurs centaines de partisans de l'éditorialiste de CNews et du Figaro, conduits par un jeune LR, ont collé des affiches "Zemmour président" dans un millier de communes juste après le second tour des régionales. "Un noyau dur de petits donateurs ont permis de financer cette campagne, qui a pour but de donner confiance à Éric Zemmour", a expliqué mardi sur BFMTV le coordinateur de l'opération, Pierre Meurin.


Quant au maire d'Orange Jacques Bompard, un ancien du FN, il a lancé un site internet, "je signe pour Zemmour", qui aurait déjà récolté 50.000 soutiens, selon franceinfo. "Voilà un lendemain d'élection qui chante", s'était-il aussi réjoui, en tweetant une photo des affiches dans sa ville.

"Il va être candidat, c'est certain, a confirmé à franceinfo Arnaud Stephan, un conseiller de Marion Maréchal. Reste à savoir à qui peut-il s'adresser et dans quels termes en se situant à la droite de Marine Le Pen."

Une hypothèse encore renforcée par l'éviction d'Éric Zemmour de sa maison d'édition, Albin Michel. "Nous avons eu un échange très franc avec Éric Zemmour qui m'a récemment confirmé son intention de s'engager dans la présidentielle et de faire de son prochain livre un élément clé de sa candidature", a précisé le président de la maison d'édition, Gilles Haéri. "Éric Zemmour a décidé de changer de statut, il veut devenir un homme politique, engagé dans un combat idéologique personnel qui ne correspond tout simplement pas à la ligne éditoriale d'une grande maison généraliste comme Albin Michel", a-t-il ajouté.

Éric Zemmour n'a jamais fait part explicitement d'un projet de candidature à l'élection présidentielle de 2022 mais beaucoup lui prêtent cette intention. Dès le lendemain du premier tour des régionales, il avait lui-même critiqué le parti de Marine Le Pen. En "invectivant" les électeurs pour qu'ils aillent voter, les dirigeants du RN sont comme "des rentiers qui réclament leurs dividendes", avait-il tonné, en dénonçant la "stratégie de dédiabolisation" de Marine Le Pen qui la fait "parler comme Emmanuel Macron". Il l'a aussi accusée d'avoir "purgé" ses opposants et d'être "loin de sa base".

Éric Zemmour "est devenu un candidat", a répondu Marine Le Pen, en déplorant "la violence et l"outrance" de ses déclarations, qui "démontrent qu'il considère le RN comme un concurrent politique". La présidente du RN avait déjà pris ses distances avec les propos "radicaux" du polémiste sur l'islam -qu'elle considère compatible avec la République- ou sa "croyance dans la guerre civile", craignant que sa candidature n'affaiblisse le "camp national". 

Pourtant le polémiste pourrait être davantage une aide qu'un handicap pour le RN, au vu d'un récent sondage Ifop pour le Point qui le créditait de 5,5% d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle, émanant d'abord de l'électorat LR plutôt que du RN. Si  Éric Zemmour parvient à séduire, comme sur CNews, "les CSP+ et les seniors, qui votent peu pour le RN, au mieux il pourrait apporter ses points à Marine Le Pen au second tour", estime l'historien Nicolas Lebourg, en rappelant que "tous ceux qui ont tenté de concurrencer le Front national sont morts politiquement".

Comme un pas de plus vers une candidature, le polémiste, qui réunit chaque semaine sur CNews entre 700.000 et 1 million de téléspectateurs, s'est récemment mis en scène dans des petites vidéos sur Twitter, dans la maison natale du général de Gaulle, ou sur une plage pour dire son opposition aux éoliennes.

"Peut-être qu'il faut passer à l'action", avait lâché le polémiste début juin sur la chaîne YouTube "Livre noir", animée par des proches de Marion Maréchal.

Mais ses ambitions supposées sont déjà contrariées. Selon Politico, Éric Zemmour aurait demandé en vain à Patrick Stefanini, ex-directeur de campagne du conservateur François Fillon en 2017, de conduire la sienne.

Par ailleurs, visé dans la presse par plusieurs accusations d'agressions sexuelles, il avait été condamné à l'automne à 10.000 euros d'amende pour injure et provocation à la haine après sa diatribe contre l'islam et les immigrés "colonisateurs" en septembre 2019.
 

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