Présidentielle : Jean-Marie Le Pen soutiendra Eric Zemmour s'il est le "mieux placé"

Présidentielle : Jean-Marie Le Pen soutiendra Eric Zemmour s'il est le "mieux placé"
Jean-Marie Le Pen, en janvier 2019, à Saint-Cloud

publié le samedi 02 octobre 2021 à 10h55

Le co-fondateur du Front national estime que sa fille a laissé un terrain politique "inoccupé" que lorgne aujourd'hui l'écrivain et polémiste.

Habitué des positions critiques à l'égard de sa fille, Jean-Marie Le Pen a fait part de son intérêt pour la campagne médiatique menée par Eric Zemmour, qui attend toujours pour déclarer une éventuelle candidature à l'Elysée.


En attendant, le co-fondateur du Front national a commenté dans les colonnes du Monde la situation de son ancien parti, qu'il appelait déjà à retrouver sa "virilité", dans la foulée d'élections régionales ratées. "Marine a abandonné ses positions fortifiées et Eric occupe le terrain qu'elle a quitté", estime ainsi le "Menhir" dans un entretien au quotidien, publié dans son édition de samedi 2 octobre.

"Si Eric est le candidat du camp national le mieux placé, bien sûr, je le soutiendrai"

Sondage après sondage, les enquêtes d'opinion font état d'un intérêt croissant des électeurs pour une candidature d'Eric Zemmour, qui se ferait au détriment de la dernière finaliste perdante de l'élection de 2017.

Loin de ses scores supérieurs à 25% avant l'été, Marine Le Pen est aujourd'hui talonnée par l'écrivain d'extrême-droite. Selon un sondage Ipsos Sopra Steria pour FranceInfo et Le Parisien, publié vendredi, Marine Le Pen est donnée à 16% des intentions de vote, un souffle devant Eric Zemmour à 15%, qui devance lui-même le candidat de droite Xavier Bertrand à 14%.

Jean-Marie Le Pen, lui, dresse un portrait élogieux du polémiste, saluant notamment son "courage" et sa "culture".  Si Eric est le candidat du camp national le mieux placé, bien sûr, je le soutiendrai", lance t-il ainsi.

Du côté des cadres du RN, le chef de file du parti en Île-de-France Walleyrand de Saint-Just a réagi à cette sortie, déplorant à l'antenne de BFMTV un choix "opportuniste", "triste" et "affligeant" de Jean-Marie Le Pen.

Le président par intérim du parti Jordan Bardella avait pour sa part dit la veille ne veut pas revenir à la "radicalité" de l'ancien président du parti Jean-Marie Le Pen, partition "que joue aujourd'hui Éric Zemmour". La radicalité est "une partition qu'a longtemps jouée Jean-Marie Le Pen et que joue aujourd'hui Éric Zemmour. Cette radicalité, nous n'avons pas envie d'y retourner. Nous ne reviendrons pas au Front national", affirme le responsable du RN dans un entretien au Figaro mis en ligne vendredi soir.

"Cet écueil pousse à occuper une fonction tribunitienne. Votre voix porte peut-être davantage, mais ne permet pas d'accéder au pouvoir", ajoute l'eurodéputé d'extrême droite, dans une allusion au polémiste identitaire.

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