Présidentielle: dernières grandes manœuvres pour la mise en orbite des candidats

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Marine Le Pen, photographiée en mai 2019, et Eric Zemmour, en avril 2021
Marine Le Pen, photographiée en mai 2019, et Eric Zemmour, en avril 2021
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© AFP, STEPHANE DE SAKUTIN, JOEL SAGET

publié le vendredi 10 septembre 2021 à 12h06

Gauche et écologistes éparpillés, droite tiraillée, le polémiste Eric Zemmour en embuscade et un président sortant qui veut "valoriser" son bilan: à sept mois de la présidentielle de 2022, chaque camp achève, plus ou moins facilement, de se mettre en ordre de marche.

Au moins une trentaine de candidats se sont d'ores et déjà déclarés mais pour être présents au premier tour du 10 avril, il leur faut encore rassembler 500 signatures d'élus les soutenant. Lors du premier tour de la précédente présidentielle, au printemps 2017, ils étaient au final 11 en lice.

Emmanuel Macron n'a pas dit s'il serait candidat ou non à un second mandat mais son déplacement de trois jours à Marseille dans les derniers jours d'août, pendant les universités d'été des partis, n'a pas manqué d'être considéré comme une entrée en campagne, même s'il s'en est défendu.

Les sondages le placent depuis plusieurs mois au second tour du 24 avril 2022 face à la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, les créditant au premier tour de scores dans un mouchoir de poche, autour de 25%.

Perdante en 2017 face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen a modéré son discours et ouvert son parti à des personnalités extérieures, mais le revers du RN aux régionales a semé le doute sur sa stratégie. Et une éventuelle candidature du polémiste Eric Zemmour pourrait encore compliquer sa tâche.

Lancée dans la course dès janvier 2020, la candidate doit passer dimanche les rênes du parti à son numéro deux Jordan Bardella et défendre les "libertés", son slogan de campagne, aux journées d'été du RN à Fréjus. Elle sera aussi l'invitée du 20H00 de TF1.

- Primaire ou pas -

Dans leurs intentions de vote, les Français n'imaginent, pour l'heure, propulser aucun candidat issus des partis classiques de la droite ou de la gauche au second tour.

A droite, Les Républicains projettent l'image d'un parti englué dans le processus de nomination de leur candidat, et doivent gérer l'ex-LR Xavier Bertrand, candidat déclaré dès le printemps, qui refuse de participer à une primaire.

Alors qu'il reste loin derrière M. Macron et Mme Le Pen dans les sondages, le président des Hauts-de-France a joué l'apaisement mardi, en se disant prêt à "travailler avec tout le monde" chez LR.

Le député LR Eric Ciotti, l'ancien négociateur pour le Brexit Michel Barnier, la présidente ex-LR de l'Ile-de-France Valérie Pécresse, le maire et médecin Philippe Juvin comptent, eux, respecter la règle du jeu en cas de primaire. Le parti doit trancher sur son organisation, ou pas, lors d'un congrès le 25 septembre.

A droite toujours, Nicolas-Dupont-Aignan, le président de Debout la France, qui avait rallié au second tour en 2017 Marine Le Pen mais a perdu depuis des militants partis au RN, laboure de nouveau le créneau souverainiste.

- Hidalgo à Rouen -

Sur l'autre moitié de l'échiquier politique, gauche et écologistes ont remisé leurs voeux pieux d'une candidature commune, chacun comptant finalement présenter son propre candidat, malgré le risque d'un éparpillement des voix.

Les écologistes d'EELV ont fait le choix de la primaire, dont le premier tour, entre le 16 et le 19 septembre, verra s'affronter cinq candidats: l'eurodéputé Yannick Jadot, le maire de Grenoble Eric Piolle, l'écoféministe Sandrine Rousseau, l'ancienne ministre Delphine Batho et le centriste Jean-Marc Governatori. Les débats ont pour l'heure souligné de nombreuses convergences sur le fond mais des différences de styles.

Le deuxième tour aura lieu du 25 au 28 septembre.

La France insoumise est, elle, gonflée à bloc derrière son leader Jean-Luc Mélenchon, déclaré depuis novembre 2020, et la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo doit officialiser la sienne dimanche à Rouen, avant une interview au JT de France 2 à 20H00.

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a toutefois promis un vote interne des militants après un congrès fin septembre pour départager les potentiels concurrents, dont le maire du Mans Stéphane Le Foll, qui s'insurge contre un manque de "débat" au sein du parti. 

Entre temps, l'ex-socialiste et ex-ministre Arnaud Montebourg s'est dévoilé début septembre, s'estimant "légitime", malgré l'offre pléthorique à gauche, pour impulser une "remontada" de la France.

Les communistes, qui n'avaient pas aligné de candidat en 2017, seront représentés par le secrétaire national du PCF Fabien Roussel.

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