Présidentielle 2022 : pour Robert Ménard, Marine Le Pen n'est pas la bonne candidate

Présidentielle 2022 : pour Robert Ménard, Marine Le Pen n'est pas la bonne candidate
Robert Ménard, le 9 mars 2018, à Béziers

publié le lundi 07 octobre 2019 à 12h12

Une semaine après avoir pris à la "Convention de la droite" menée par Marion Maréchal, le maire de Béziers a affiché ses réticences face à la perspective d'un "remake" de 2017 entre la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen et Emmanuel Macron en 2022, qui constituerait pour le chef de l'Etat en exercice "l'assurance d'être réélu".

Après la finale perdue en 2017, il ne veut pas d'un "match retour". Robert Ménard estime que Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, n'est pas la bonne candidate pour la prochaine présidentielle.

Le maire de Béziers, candidat à sa propre succession avec le soutien du RN, était interrogé pour savoir si la patronne du RN serait la bonne candidate en 2022. "Bien sûr que non", a t-il répondu.


"Elle m'a bluffé" a t-il d'abord lancé, évoquant le "débat calamiteux" de l'entre-deux-tours en 2017. "Je pensais qu'elle aurait beaucoup de mal à s'en remettre".

Ménard soutient "l'union des droites", mais n'est pas fan de Marion Maréchal

Malgré ce constat, Marine Le Pen "est la principale opposante" d'Emmanuel Macron mais "si on se retrouve à un deuxième tour comme ça" entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen "c'est l'assurance pour Monsieur Macron d'être réélu", a précisé Robert Ménard, qui soutient le projet d'une "union des droites" entre la droite de LR et l'extrême droite.

"Notre job c'est de trouver un visage", a-t-il poursuivi, en écartant la possibilité d'être lui-même candidat et en redisant son "ras-le-bol" de la "métapolitique" et des "débats d'idées" s'ils ne s'incarnaient pas dans une candidature. Ces propos font allusion à son agacement du week-end dernier, lors de la réunion autour de Marion Maréchal et du Eric Zemmour, qui a pris des allures de réquisitoire contre l'immigration et l'islam.

"Vous ne pouvez pas dire aux gens que la France serait au bord de l'apocalypse et que ce serait une crise de civilisation (...) et pas dire qui va nous représenter, qui va incarner", alors que l'ancienne élue frontiste Marion Maréchal ni l'écrivain et polémiste "n'ont envie, ni même imaginé être candidats la prochaine fois", a-t-il expliqué.

L'ancien président de Reporters sans frontières a réfuté l'idée qu'Eric Zemmour ait appelé à la guerre civile quand il a invité les jeunes Français à "se battre" pour ne pas "vivre en minorité sur la terre de leurs ancêtres". "C'est une rhétorique de tribune politique". "Aujourd'hui, dans un certain nombre de quartiers, les gens les quittent parce qu'ils se sentent en minorité. (...) C'est ça qu'il dit". Robert Ménard a par ailleurs rejeté l'emploi de l'expression "grand remplacement", qu'il juge "complotiste" et selon laquelle la population européenne serait remplacée de manière organisée par une population immigrée.
 

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