Présidentielle 2022 : plus de 120.000 électeurs écologistes appelés à choisir leur candidat

Présidentielle 2022 : plus de 120.000 électeurs écologistes appelés à choisir leur candidat
(De gauche à droite) Les candidats à la primaire Eric Piolle, Sandrine Rousseau, Yannick Jadot et Delphine Batho, le 12 juillet 2021.

publié le jeudi 16 septembre 2021 à 08h25

Les adhérents ont jusqu'à dimanche 19 septembre 17 heures pour faire leur choix parmi l'un des cinq prétendants. Les résultats du premier tour de la primaire seront connus dans la foulée. 

Qui sera le candidat des écologistes pour la présidentielle de 2022 ? Plus de 120.000 électeurs inscrits sont appelés à voter, à partir de ce jeudi 16 septembre et jusqu'à dimanche, pour l'un des cinq prétendants lors du premier tour de la primaire écologiste, un scrutin en ligne rendu indécis par le nombre record de votants inscrits. 

Le vote s'est ouvert ce jeudi à 7 heures sur le site lesecologistes.fr et sera clôturé dimanche à 17 heures.

Qui dit vote en ligne dit absence de dépouillement : les instances devraient annoncer les deux candidats qualifiés pour le second tour - ou le vainqueur dès le premier tour à la majorité absolue - dès 17h30.



Un scrutin incertain

"On ne sait pas qui sont ces 120.000 personnes." Marine Tondelier, directrice de campagne de l'un des cinq candidats, le maire de Grenoble Eric Piolle, résume le sentiment général des écolos, entre gourmandise et vertige face à la multiplication par quatre du précédent record, datant de 2012. Le chiffre reste loin du 1,6 million de participants à la primaire socialiste de 2017. Mais les écologistes manquaient de moyens et d'effectifs pour organiser un scrutin dans des bureaux de vote, et leurs dirigeants ont tout fait, lors de leur rentrée mi-août, pour minimiser la valeur à accorder au nombre final.

Alors que la plupart des cadres, ainsi que de nombreux observateurs, anticipaient un duel entre l'eurodéputé Yannick Jadot et Eric Piolle, avec l'ancienne vice-présidente de la région Nord-Pas-de-Calais Sandrine Rousseau en embuscade, les cartes sont rebattues par la participation de dizaines de milliers d'inscrits non encartés à EELV. En effet, les militants membres de l'un des cinq mouvements du pôle écologiste représentent moins de 14% des inscrits, a indiqué Hélène Hardy, responsable de l'organisation de la primaire, à l'AFP.


Yannick Jadot favori

Au petit jeu des pronostics, une figure de la gauche analyse sous couvert d'anonymat : "Jadot est la seule candidature capable de s'imposer. Certains militants ne le trouvent pas assez à gauche, mais il existe dans l'opinion publique". L'eurodéputé, seul nom testé dans les sondages pour la présidentielle - autour de 7% d'intentions de vote à ce jour -, fait figure de favori. "Il a des années de préparation derrière lui", glisse aussi un acteur de l'union de la gauche.

A tort ou à raison, les discussions de couloir concernent bien davantage le nom de celui ou celle qui l'affrontera au second tour. La candidate et députée Delphine Batho mise tout sur son concept de "décroissance", le seul qui selon elle peut rendre la candidature écologiste incontournable à la présidentielle. L'entrepreneur Jean-Marc Governatori plaide pour "l'écologie au centre".

Quant au maire de Grenoble Eric Piolle, il joue la carte de la "constance" de sa campagne de terrain, avec 75 déplacements de terrain depuis janvier, conclus par six meetings dans des grandes villes. Pour Marine Tondelier, "le travail sur le projet, réalisé par 300 personnes, est le plus abouti de la primaire".

Sandrine Rousseau, ancienne numéro 2 d'EELV, est tout aussi persuadée de sa force. Son mantra : la présidentielle se jouera sur des "valeurs". Les siennes sont résumées par les mots "écoféminisme" et "radicalité". Elle s'appuie notamment sur la réussite à "l'applaudimètre" de son intervention "carte blanche" durant les Journées d'été à Poitiers mi-août.

Une primaire observée par la gauche

Ces journées avaient été aussi le théâtre d'un petit incident entre les équipes de Sandrine Rousseau et d'Eric Piolle, la première accusant le second de l'avoir "symboliquement" bousculée en déambulant entouré de nombreux journalistes. Depuis, il y a "un malaise" entre les deux camps, renforcé par le fait que sur le fond et la forme, "il y a beaucoup d'hésitants entre Eric Piolle et Sandrine Rousseau", souffle un cadre écologiste. "Rousseau a dépouillé les électeurs de Piolle cet été. Mais avec les débats télévisés, ça a de nouveau un peu changé, des gens se sont dit qu'elle n'avait pas les épaules", croit savoir un acteur de l'union de la gauche.

Les autres formations de gauche, qui ont toutes déjà désigné un candidat, regardent cette primaire avec attention, conscientes de la dynamique du vote écologiste aux dernières élections intermédiaires. Un eurodéputé du groupe social-démocrate observe : "La présence de Rousseau, qui joue la radicalité, peut jouer dans les deux sens : soit Piolle apparaît comme l'option centrale entre Jadot et elle, soit il perd sur sa gauche et perd sur sa droite", représentée par Yannick Jadot.
 

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