Présidentielle 2022 : le droit de vote à 16 ans revient dans le débat

Présidentielle 2022 : le droit de vote à 16 ans revient dans le débat
Anne Hidalgo et plusieurs parlementaires souhaitent abaisser le droit de vote à 16 ans.

publié le samedi 30 octobre 2021 à 07h00

C'est une proposition de campagne d'Anne Hidalgo, la candidate du PS à la présidentielle de 2022.

Abaisser l'âge du droit de vote serait-il un bon moyen d'attirer les jeunes vers la politique et de réduire l'abstention ? "Pour faire davantage participer les citoyens, le prochain gouvernement social-démocrate d'Allemagne propose d'abaisser l'âge du vote à 16 ans. Nous le ferons en France !", a lancé Anne Hidalgo lors de son premier meeting, le 23 octobre à Lille. Du côté des parlementaires, le député LREM de l'Indre François Jolivet a déposé une proposition de loi et une autre, socialiste, sera déposée le 9 décembre au Sénat. 




Après une abstention de 82% des moins de 35 ans aux dernières élections régionales et départementales, la question de la participation électorale des jeunes est centrale.

Pour beaucoup, l'élargissement du corps électoral semble être une solution, mais l'idée est loin de faire consensus. 

Qu'a-t-on le droit de faire à 16 ans ?

Élargir le corps électoral permettrait une sensibilisation plus précoce des jeunes aux enjeux politiques. "Un certain nombre d'études ont montré - notamment aux États-Unis - que l'abaissement de l'âge électoral rendrait possible un accompagnement des premières expériences électorales", souligne ainsi Céline Braconnier, directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Pour Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat, "Plus les jeunes votent rapidement et précocement avec un accompagnement de citoyenneté, plus on en fera des citoyens sur le long terme". 
Dès 16 ans, les jeunes  peuvent exercer l'autorité parentale, travailler et payer des impôts. C'est également à partir de cet âge qu'un individu est reconnu responsable pénalement. 

Pour Ugo Bernalicis, député LFI du Nord, abaisser l'âge du vote, "est plutôt une proposition de gauche". Jean-Luc Mélenchon, candidat LFI et Yannick Jadot, vainqueur de la primaire EELV, avaient déjà abordé cette question en 2017. 

Emmanuel Macron ouvert à la question 

C'est majoritairement la droite qui s'oppose à cette voie. Louis Aliot, maire RN de Perpignan, évoque des "propositions stupides" qui n'ont "aucun sens". Pour Éric Ciotti, maire LR de Nice, la mesure ne parait pas pertinente. "18 ans, c'est un équilibre", selon lui. 

La situation est plus nuancée du côté de la majorité. Dès 2019, le président Emmanuel Macron soulignait, auprès du youtubeur Hugo Travers, être prêt à avancer sur le sujet. De son côté, le Premier ministre Jean Castex estime qu'il faut commencer par inciter les 18 ans et plus à se rendre aux urnes. Quant à Clément Beaune, le secrétaire d'État chargé des affaires européennes, il se dit "plutôt favorable" à cette mesure. 

Allemagne, Autriche, Belgique, Malte

Le 24 octobre, le député LREM de l'Indre François Jolivet a déposé une proposition de loi sur le droit de vote à 16 ans. En parallèle, Patrick Kanner a annoncé cette semaine qu'un texte porté par Martine Filleul serait débattu le 9 décembre prochain lors de la prochaine niche parlementaire du groupe socialiste au Sénat. Une mission parlementaire transpartisane travaille également sur le sujet par le biais d'un questionnaire en ligne, à remplir jusqu'au 31 octobre sur le site de l'Assemblée nationale. En octobre 2020, les députés de la majorité avaient rejeté une proposition de loi portée par la député non-inscrite Paula Forteza portant sur l'abaissement de l'âge du vote à 16 ans.

Une poignée d'États européens ont déjà franchi le pas de l'abaissement de l'âge du vote. C'est le cas en Autriche depuis 2007, à Malte depuis 2018 mais aussi en Belgique et dans certaines régions d'Allemagne, pour certains scrutins. En Grèce, il est possible de voter dès l'âge de 17 ans. 

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