Présidentielle 2022 : la droite spécule sur l'éventuelle candidature de François Baroin

Présidentielle 2022 : la droite spécule sur l'éventuelle candidature de François Baroin
François Baroin à Paris, le 21 novembre 2019.

, publié le samedi 05 septembre 2020 à 13h51

Il pourrait faire l'unanimité et mettre un terme à la guerre des chefs à droite. Mais les signaux laissant supposer un renoncement se multiplient.

Il est au centre de toute les interrogations.

Alors que la liste des candidats à l'élection présidentielle s'allonge toujours un peu plus à droite, François Baroin fait figure de favori. Sauf que personne ne sait s'il choisira de se confronter au scrutin ultime. Officiellement, il doit se prononcer à l'automne. Mais à droite, les spéculations vont bon train.

Le président de l'Association des maires de France (AMF) est samedi 5 septembre l'invité vedette de la rentrée des Républicains au Port-Marly (Yvelines), où il sera l'unique intervenant d'une table ronde sur le thème "Réconcilier République et réussites". Une mise en vedette aux allures de "rampe de lancement", souligne un député, alors que François Baroin doit clarifier ses intentions à l'automne: "s'il n'y a pas de missile, c'est un problème".

Car des doutes ont surgi ces derniers temps dans les rangs de LR, alimentés par plusieurs articles de presse affirmant que le maire de Troyes s'apprêterait à jeter l'éponge. "Il n'ira pas", parie l'un. "Les conditions ne sont pas remplies pour le moment", tempère l'autre. "À vrai dire, lui seul a la réponse", expliquent beaucoup. François Baroin, soutenu notamment par le président de LR Christian Jacob et le président du Sénat Gérard Larcher, ne serait "pas dans l'état d'esprit de quelqu'un qui y va, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y va pas", avance un cadre du parti.


Ces spéculations pousseront-elles le maire de Troyes, très discret dans les médias, à donner sa décision dès samedi au Port-Marly? "Il y a peu de chances, François Baroin a horreur d'agir sous pression", ajoute ce cadre. Christian Jacob, a lui-même récemment évoqué le cas où aucun candidat ne "s'impose naturellement" avant l'été, et estimé qu'il faudrait dans ce cas "un système de départage".

De quoi alimenter les spéculations: "les signaux faibles qu'on a, c'est que François Baroin n'ira pas: le changement de pied sur le calendrier, l'invitation de Valérie Pécresse au Port-Marly...", estime un élu. Selon lui "François Baroin veut voir où il va, il considère que la crise peut emporter Macron. Ce qui est gênant n'est pas le calendrier, mais ce qui donne l'illusion d'un manque d'envie", ajoute-t-il. Ce procès en manque de motivation revient de façon récurrente vis-à-vis de l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac: "Baroin n'aime pas les combats, les noms d'oiseaux", affirmait une vieille connaissance au moment de son retour dans les instances dirigeantes du parti, à l'automne dernier.

Pas l'ambition dévorante de devenir président

"Je n'ai pas que la politique dans le sang" et "j'ai besoin de souffle, de liberté", affirmait François Baroin, 55 ans, à l'époque sur Europe 1. "Je ne suis pas sûr que je me dirai à la fin, une fois que j'aurai terminé de compter mes points retraite, que j'aurai raté ma vie si je ne suis pas président de la République", ajoutait-il. Mais chez LR, certains s'impatientent. "Il faut qu'on ait un signe. S'il n'y va pas, qu'il le dise. On aura le temps de se retourner, on n'est pas en manque de prétendants", affirme un député.

Les ambitions se sont affûtées cet été: le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau n'exclut pas de se présenter à une primaire, Valérie Pécresse (Libres!, ex-LR) estime que "le temps est peut-être venu de faire entendre la voix d'une femme libre"... Hors du parti lui aussi, le président des Hauts-de-France Xavier Bertrand a clairement dit qu'il se préparait à la présidentielle. Plusieurs candidats donc mais "aucun d'entre eux ne s'impose naturellement", a estimé lundi le maire de Nice Christian Estrosi, en proposant une alliance avec Emmanuel Macron.

En pleine rentrée célébrant la jeunesse et le rassemblement, la flèche a irrité chez LR, en remettant le focus sur l'incarnation alors que la direction du parti mise sur le travail de fond pour remonter la pente. D'autant que la "pré-rentrée" de la droite fin août à La Baule avait déjà été phagocytée par la question de la primaire. Gare à la déconnexion, a mis en garde Christian Jacob mercredi: "Personne ne comprendrait qu'en pleine crise économique et sanitaire, notre seule préoccupation soit de se choisir un candidat".

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