Présidentielle 2022 : la course aux parrainages est officiellement lancée

Présidentielle 2022 : la course aux parrainages est officiellement lancée©DAMIEN MEYER / POOL / AFP

publié le jeudi 27 janvier 2022 à 11h10

Plusieurs candidats à la présidentielle craignent de ne pas obtenir les 500 signatures de maires, indispensables pour se présenter à l'élection présidentielle. 

Coup d'envoi de la course aux parrainages ! Le Conseil des ministres a adopté mercredi 26 janvier le décret de convocation des électeurs pour l'élection présidentielle d'avril. Le texte lance officiellement la course aux 500 parrainages que doivent réunir les candidats à l'Élysée pour se présenter au scrutin.

"Ce décret permet de démarrer la procédure de collecte des parrainages" qui débute jeudi avec la publication officielle du décret et qui se terminera le vendredi 4 mars à 18H00, a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l'issue du Conseil des ministres mercredi 26 janvier. 


La listes des parrainages mise en ligne deux fois par semaine 


Les candidats à la Présidence de la République disposent donc de près de cinq semaines pour obtenir 500 signatures de la part de près de 42.000 élus, dont 34.000 maires. Le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius avait annoncé la veille que la période pour l'envoi des parrainages "sera d'un peu plus de cinq semaines, plus longue qu'en 2017 où elle avait été de trois semaines". Il "proclamera" lui-même la "liste définitive" des candidats le lundi 7 mars. Le Conseil constitutionnel mettra "en ligne sur son site deux fois par semaine, le mardi et le jeudi, la liste actualisée en temps réel des parrainages", a-t-il expliqué.

Plusieurs candidats dans l'incertitude

Cette année, comme à chaque scrutin présidentiel, plusieurs prétendants à l'Elysée se plaignent des difficultés qu'ils rencontrent pour obtenir le précieux sésame, ces 500 signatures qui leur ouvriront formellement les portes du premier tour. "Non, je ne les ai pas", a reconnu la RN Marine Le Pen dimanche sur France 3, précisant qu'il lui en manque "quand même un certain nombre". "J'en ai 450 mais il ne faudrait pas que je reste bloqué à 485", a redouté le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan sur BFMTV. 

L'incertitude sur les parrainages préoccupe aussi le candidat LFI Jean-Luc Mélenchon ou celui d'extrême droite Eric Zemmour, sans parler des candidats moins bien placés dans les sondages comme Hélène Thouy, candidate du Parti animaliste, ou encore à l'extrême gauche Philippe Poutou (NPA) ou Nathalie Arthaud (LO). 

Les maires sans étiquettes très courtisés 

Comme lors de chaque présidentielle, la pression se porte sur les près de 42.000 élus, dont 34.000 maires, qui disposent des signatures. Mais beaucoup d'entre eux, non encartés politiquement, sont embarrassés par un parrainage que le Conseil constitutionnel rendra public dès qu'il lui parviendra, comme l'exige la loi approuvée en 2016. Les maires des grandes villes pour la plupart affichent publiquement leur étiquette politique et accordent leur signature au candidat de leur camp, mais il n'en va pas de même pour les quelque 10.000 maires ruraux, pas encartés pour la plupart, qui sont l'objet de toutes les convoitises.  




Et pour ces élus, le dilemme se répète : accorder leur parrainage à un candidat pour garantir la diversité démocratique au premier tour, ou s'abstenir pour ne pas donner l'impression à leurs administrés de prendre position ? "D'un point de vue juridique, ce n'est pas la même chose de parrainer une candidature que de voter pour une candidature", a tenu à rappeler mardi le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius.

Retour du débat sur l'anonymat des parrainages

"Si c'était la même chose, cela aurait des conséquences pratiques, car le vote en France est secret", a-t-il ajouté, tout en précisant que cette obligation "n'a pas empêché qu'il y ait un nombre important de candidats à chaque fois".

Le débat autour d'une réforme de ces parrainages est ouvert. "Il faut revenir à une sorte d'anonymat", plaide Michel Fournier, président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF). Avant 2017, les parrainages n'étaient toutefois pas complètement anonymes : 500 d'entre eux étaient rendus publics par tirage au sort, ce qui pouvait déjà mettre dans l'embarras les élus qui se retrouvaient subitement sous la lumière des projecteurs.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.