Présidentielle 2022 : Jean-Luc Mélenchon s'apprête à se porter candidat malgré le contexte difficile

Présidentielle 2022 : Jean-Luc Mélenchon s'apprête à se porter candidat malgré le contexte difficile
Jean-Luc Mélenchon à Villers-le-Lac, le 2 octobre 2020.

, publié le lundi 02 novembre 2020 à 14h22

S'il est donné en tête parmi les candidats de gauche, Jean-Luc Mélenchon est pour le moment très loin de pouvoir empêcher un second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Il devait annoncer sa décision en octobre, mais le contexte sanitaire et les attentats l'ont contraint à temporiser. Jean-Luc Mélenchon doit annoncer en fin de semaine sa candidature à l'élection présidentielle en 2022, avec l'espoir de faire au moins aussi bien qu'en 2017, quand il avait recueilli près de 20% des suffrages.

Déjà candidat aux élections présidentielles de 2012 et 2017, le leader insoumis avait promis fin août qu'il prendrait sa décision en octobre et la rendrait publique dans la foulée.

Mais la focalisation du débat politique sur la situation sanitaire, les attentats et les accusations d'"islamo-gauchisme" l'a dans un premier temps conduit à temporiser. Il s'apprête cependant à mettre fin au faux suspense, l'éventualité d'un renoncement n'ayant jamais été vraiment envisagée dans le camp Insoumis. L'attentat de Nice jeudi, le reconfinement vendredi: le climat politique ne s'est pourtant pas amélioré. Il est peu propice aux envolées rhétoriques pour des "jours heureux" qui avaient porté le tribun à la quatrième place en 2017 (19,6%).

"J'ai l'impression que ce ne sera jamais le bon moment! (...) On fera les choses dans le calendrier qu'on a prévu. Il y a des difficultés, mais il y en aura toujours", a confié le président du groupe des députés LFI la semaine dernière lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale. Car selon lui, il est temps pour sa famille politique de se plonger dans la présidentielle : "Nous allons quasiment devoir vider la mer avec nos mains, la mer du scepticisme, de la résignation, de l'incompréhension. Il faut construire une majorité positive, et il y a un trou de souris pour nous. Mais ça ne fonctionne que si on convainc, on a besoin de délais, on a toujours fait des campagnes longues".



Rouage important de cette troisième tentative de conquête, le responsable de sa communication numérique, Antoine Léaument, réfute tout empressement: "Même s'il ne voulait pas se déclarer, il sait que tous les regards sont tournés vers lui, que les sondages le mettent en tête à gauche quelle que soit la configuration". Le trentenaire fait référence à un sondage publié par le JDD il y a quelques semaines, régulièrement brandi depuis par les cadres Insoumis pour légitimer une nouvelle candidature. Reste que Jean-Luc Mélenchon, certes en tête des candidats testés à gauche avec jusqu'à 15% des voix, est pour l'heure avec un tel score très loin de pouvoir empêcher un second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

"Le trou de souris, c'est une perspective d'espoir", assure l'eurodéputé LFI Manuel Bompard, interrogé sur ce terme peu engageant et sur la prudence affichée par la plupart des Insoumis. "Mais il ne faut pas mentir aux gens. On peut y arriver mais ça reste difficile". Selon lui, le score de Jean-Luc Mélenchon ne sera élevé que "si on est en mesure de ramener aux urnes des gens qui ne s'y retrouvent pas". Et pour cela "il n'existe pas de martingale, il faut partir tôt", comme l'a d'ailleurs fait la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, déjà engagée dans la course.

"Ce qui le motive, c'est que les autres camps (à gauche) ne sont pas encore déclarés", relève sous couvert d'anonymat un acteur de l'union de la gauche. "Il y a pour lui une fenêtre de tir, mais pas un boulevard car sa candidature ne désamorce pas celle des écolos et peut-être des socialistes". En outre, "Mélenchon sait que les conditions politiques ne sont plus les mêmes qu'en 2017 où il avait cannibalisé l'électorat écolo et socialiste à la faveur d'un quinquennat Hollande décevant". Depuis, EELV a réussi ses européennes (13,5%) et ses municipales avec plusieurs grandes villes gagnées, au contraire d'Insoumis marginalisés.

Pour autant, le député François Ruffin, qui a parfois dit penser à la présidentielle, estime que Jean-Luc Mélenchon, 69 ans, "est capable de se transcender. Et d'incarner quelque chose très fortement".



 

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