Présidentielle 2017 : Manuel Valls regrette des choix qui ont fait de lui un "traître"

Présidentielle 2017 : Manuel Valls regrette des choix qui ont fait de lui un "traître"
Manuel Valls à Paris, le 30 septembre 2019.

, publié le lundi 22 mars 2021 à 13h18

"J'ai ressenti une forme de mort" après la primaire socialiste de 2017.

Manuel Valls est revenu lundi 22 mars sur l'échec de ses ambitions à Barcelone, mais également sur ses déboires politiques en France, estimant qu'il avait fait des choix donnant de lui une image de "traître".

Pour expliquer la mauvaise image dont il jouit en France, Manuel Valls a d'abord mis en cause François Hollande. "J'ai incarné tous les échec du quinquennat", a assuré l'ancien Premier ministre sur France Inter.

Toutefois, il reconnaît également avoir commis des erreurs "Ayant rompu la promesse de ne pas soutenir un autre candidat que celui qui remporterait la primaire (du PS, ndlr) en 2017, je n'ai pas pris conscience que cela allait faire de moi le traître." 

"C'était assez naturel pour moi de soutenir Emmanuel Macron, parce que je voyais la chute de Benoît Hamon et ce que cela pouvait provoquer, à savoir un deuxième tour entre François Fillon et Marine Le Pen, a expliqué Manuel Valls. Mais en rompant cette parole, en revenant sur ma parole, je déclenchais quelque chose d'assez profond dans l'électorat de gauche. Et comme François Hollande avait renoncé à la primaire, j'incarnais d'une certaine manière tous les échecs."


Manuel Valls a vécu "une chute due aux erreurs, due à l'échec du quinquennat de François Hollande", après la primaire. "J'ai ressenti physiquement une forme de mort, de déchéance physique, a-t-il encore confié. J'ai essayé de me rebeller face à cela. Je ne voulais pas crever, être chassé par mes propres électeurs. Je me suis représenté aux législatives, j'ai été réélu mais j'ai senti à la fois la critique de l'électorat de gauche, une campagne de haine sur les réseaux sociaux, une campagne profondément antisémite."

Et encore aujourd'hui, les conséquences du quinquennat Hollande se font ressentir dans le paysage politique français, selon l'ancien maire d'Évry. Et s'il "trouve intéressante la démarche d'Anne Hidalgo" en vue de la présidentielle 2022, Manuel Valls estime que la route sera difficile. "La marque socialiste, au-delà de son ancrage local, est détruite, selon lui. J'avais moi-même évoqué la mort du Parti socialiste il y a quelques années."

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