Présidentielle 2017 : le FN lève le voile sur son programme économique

Présidentielle 2017 : le FN lève le voile sur son programme économique
La présidente du Front national, Marine Le Pen, le 25 juin 2016 à l'Élysée.

Orange avec AFP, publié le mercredi 29 juin 2016 à 16h54

- Le Front national détaille petit à petit son programme économique pour la présidentielle de 2017. Sortie de l'Euro, réduction des dépenses publiques, 35 heures assouplies, impôt sur le revenu pour tous....

Les grands thèmes ne sont pas très éloignés de ceux de 2012 mais le parti de Marine Le Pen compte concilier libéralisme et patriotisme économique. -

Marine Le Pen planche sur son programme présidentiel en vue de 2017. Et au niveau économique, la présidente du Front national doit jongler avec les courants de son parti, entre les étatistes comme Florian Philippot et les libéraux comme Marion Maréchal-Le Pen. "Nous remettons à Marine Le Pen jeudi le pré-programme économique de 2017", un document de travail de 60 pages "qui tient compte de toutes les évolutions et événements" depuis 2012, a expliqué ce mercredi 29 juin à l'AFP, Bernard Monot, confirmant des informations de Valeurs Actuelles et du Parisien. "Sur les grands thèmes, tout a déjà été arbitré par Marine Le Pen, ça ne devrait plus bouger" à part dans la rédaction ou pour des "petites choses à ajuster", a précisé celui qui est considéré comme le "stratégiste économique" du parti.

• UNE SORTIE SOFT DE L'EURO

Le Front national est depuis plusieurs années le principal promoteur d'une sortie de l'euro : le parti veut transformer la monnaie commune en une monnaie commerciale, uniquement utilisée pour les échanges intra-européens. L'euro serait doublé d'un retour au franc via un processus de négociation de 6 mois avec l'UE puis un éventuel référendum. La Banque de France retrouverait également sa souveraineté et pourrait ainsi faire fonctionner à plein la planche à billets : "C'est aux yeux de Marine Le Pen, la solution miracle", explique Le Parisien. "Créer de la monnaie, à hauteur de 100 milliards d'euros par an" pour relancer l'inflation et ainsi désendetter la France.


Mais "il n'y a pas que ça" : contrairement à 2012, le FN ne souhaite plus opérer de dévaluation s'il arrivait au pouvoir, car l'euro a baissé par rapport au dollar. "L'objectif cible est 4% d'inflation". Le pré-programme comprend aussi un "objectif de réduction des dépenses publiques de 60 milliards d'euros", qui seraient à "moyen terme" ramenées à 50% du PIB (contre 57% en 2015 selon l'Insee).

• RETOUR AUX 39H DANS CERTAINES BRANCHES

Le droit du travail ne sera "assoupli" que "quand les choses iront mieux économiquement et fiscalement", explique-t-on au Front national. Sur l'emploi, le parti n'est pas loin du "travailler plus pour gagner plus" : les 35 heures seront "assouplies" pour favoriser les accords de branche permettant aux salariés de "travailler 39 heures payées 39". Particularité, le Font national propose que l'État finance intégralement la mesure. Comment ? "Grâce aux nouvelles recettes générées par des droits de douane restaurés et des économies sur l'immigration", explique un cadre du parti au Parisien.

Pour Xavier Timbeau, membre de l'Observatoire français des conjonctures économiques, "la France n'aurait pas les moyens de financer cette mesure". Pour l'économiste, les mesures de protectionnisme "seront suivie de mesures de rétorsion de la part de nos partenaires. Ceux-ci instaureront à leur tour des droits de douanes sur nos exportations (...). Au final le passage aux 39 heures se paierait par l'inflation et donc pas la baisse des salaires corrigés de l'inflation", explique-t-il au Parisien.

Dans son programme, le FN compte également maintenir l'une de ses mesures-phares de 2012 : la "contribution sociale aux importations (qui) permettra d'augmenter de 200 euros net les rémunérations des salaires jusqu'à 1,4 fois le SMIC". Mais celle-ci est désormais "exceptionnelle" car elle ne sera que "temporaire".

• LES PETITS PATRONS, NOUVELLES CIBLES

Selon Le Parisien, après les ouvriers ce sont les patrons de PME et de TPE qui sont "cajolés" dans le programme du FN : ces traditionnels électeurs de la droite bénéficieraient d'allègements fiscaux conséquents et d'une priorité donnée aux entreprises locales dans les marchés publics.

• UN IMPÔT SUR LE REVENU POUR TOUS

Côté recettes et fiscalité, tous les Français seraient tenus de payer l'impôt sur le revenu, même "de manière symbolique". "Même à 15 euros, on considère que payer l'impôt est une fierté", explique un membre du bureau politique. Le parti souhaite aussi élargir l'assiette imposable des particuliers "mais surtout des entreprises", tout en réduisant les taux marginaux, avec l'objectif de "simplifier le code général des impôts".

Le FN escompte récupérer "15 à 20 milliards d'euros annuels" de la lutte contre la fraude fiscale des entreprises et des multinationales et surtout 40 milliards d'euros annuels en rythme de croisière de la réduction drastique de l'immigration (8,5 milliards dès la première année).

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