Présidentielle 2017 : EELV va organiser sa propre primaire en octobre

Présidentielle 2017 : EELV va organiser sa propre primaire en octobre
Les deux porte-parole d'EELV, Sandrine Rousseau et Julien Bayou, le 11 juin 2016.

Orange avec AFP, publié le samedi 09 juillet 2016 à 17h20

- Malgré les réticences de Cécile Duflot, Europe Écologie-Les Verts (EELV) va organiser une primaire en vue de l'élection présidentielle de 2017. Le scrutin, qui se déroulera au mois d'octobre, sera ouvert à des candidatures de la "société civile" (leader d'association paysanne, anti-nucléaires...).

Sauf si les candidats s'accordent entre temps. -

Après la droite et le centre, le Parti socialiste et ses alliés, c'est EELV qui se lance dans l'organisation d'une primaire. Les candidatures sont ouvertes jusqu'à fin août et seront validées début octobre. Pour être candidat, il faudra être parrainé par 36 conseillers fédéraux (les "parlementaires" d'EELV), sur un total de 240, "c'est donc assez ouvert", a expliqué à l'AFP le porte-parole d'EELV, Julien Bayou. Cette décision a été adoptée par les deux tiers du conseil fédéral du parti, réuni vendredi et samedi à Nantes (Loire-Atlantique). Le conseil fédéral d'EELV a voté aux deux tiers cette décision, l'autre tiers ayant exprimé ses réticences sur "différentes modalités de dates ou de curseurs".

"L'IDÉE N'EST PAS DE RESTREINDRE"

Il y aura "la possibilité (d'avoir) des candidatures de la société civile. L'idée n'est pas de restreindre" à EELV seulement cette primaire, a expliqué le porte-parole. "Si on a par exemple le leader d'une grande association paysanne ou écologiste qui veut se présenter, il sera accueilli, je pense, avec bienveillance", a-t-il ajouté. De même, le vote sera ouvert aux adhérents d'EELV, mais aussi aux "coopérateurs" ou sympathisants.


"Si des sympathisants d'associations anti-nucléaires ou autres expriment leur volonté de participer en tant que votants, ils le peuvent", a précisé Julien Bayou. Les votants devront pour ce faire signer une charte et verser une somme inférieure à dix euros, car "le vote a un coût", a-t-il indiqué.

DUFLOT VOULAIT ÉVITER LA FOIRE D'EMPOIGNE

Jeudi, la députée et ancienne présidente du parti, Cécile Duflot, s'était prononcé contre cette primaire : "Je ne veux pas être d'une machine à fabriquer de la division", a déclaré l'ancienne secrétaire nationale du parti écologiste sur le plateau d'iTELE, rappelant que les primaires précédentes avaient été "une catastrophe" pour EELV. "C'était le sens de mon soutien direct à Nicolas Hulot (qui a renoncé à être candidat le 5 juillet dernier, NDLR), j'ai eu cette discussion avec Noël Mamère en lui disant que je ne voulais pas cet affrontement", a-t-elle détaillé, "nous verrons quelle sera la capacité des écologistes à inventer quelque chose de différent, quelque chose qui rassemble, quelque chose qui ouvre et pas quelque chose qui fracasse les écologistes".

Interrogée sur sa propre candidature, elle avait rappelé qu'elle se préparait mais a assuré qu'elle n'avait "pas d'évidence sur la question". "Et je crois aussi que cette candidature à la présidentielle, ça ne doit être la candidature d'un seul parti", a-t-elle ajouté, estimant que c'était "la force de la candidature de Nicolas Hulot, au-delà des formations politiques". Le député de Gironde, Noël Mamère, a d'ores-et-déjà qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle de 2017.

"Pour moi, Nicolas Hulot était le seul à pouvoir déborder le strict périmètre de l'écologie, et donc de rassembler au-delà de l'écologie (...) Je pense que j'aurais pu le faire, mais je considère que les conditions sont très aléatoires, que l'espace est très étroit, même pour un candidat comme moi qui peut dépasser l'écologie", a déclaré le maire de Bègles (Gironde), qui a quitté EELV en septembre 2013.

DUFLOT, FAVORITE ?

La candidature de Cécile Duflot ne semble pas faire l'unanimité. "Personne ne la fait", explique le conseiller EELV de Paris, Yves Contassot, dans Le Monde. "Cécile Duflot aura beaucoup de mal à rassembler", ajoute le sénateur de Loire-Atlantique, Ronan Dantec. "Elle a fait des choix trop clivants et trop personnels. Ce mouvement a été affaibli car les décisions prises n'étaient pas assez partagées".

Sa candidature divise jusque dans la majorité qui a élu David Cormand à la tête du parti, explique Le Monde : "On voudrait qu'elle comprenne qu'elle est un des éléments de la dynamique collective à mettre en place, mais que cette dynamique ne peut se faire qu'autour d'elle", poursuit le secrétaire national adjoint d'EELV, Alain Coulombel.

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