Présenté comme l'un des agresseurs de Philippe Monguillot par des élus RN, un Bayonnais porte plainte

Présenté comme l'un des agresseurs de Philippe Monguillot par des élus RN, un Bayonnais porte plainte
Photo d'illustration

, publié le mardi 14 juillet 2020 à 14h02

Un jeune Bayonnais de 29 ans a porté plainte lundi 13 juillet après avoir été présenté sur les réseaux sociaux par des élus RN, dont Marine Le Pen, comme étant l'un des agresseurs de Philippe Monguillot, le chauffeur de bus victime d'une agression mortelle à Bayonne le 5 juillet dernier.

Il a été présenté comme l'un des "assassins" de Philippe Monguillot, le chauffeur de bus victime d'une agression mortelle à Bayonne le 5 juillet dernier. Sa photo a été relayée sur les réseaux sociaux, notamment par Marine Le Pen, le militant d'extrême droite Damien Rieu, et d'autres élus du Rassemblement national.

Un homme de 29 ans a porté plainte lundi 13 juillet pour "diffamation" et "dénonciation calomnieuse", a indiqué ce mardi son avocat. Leurs partages sur les réseaux sociaux ont depuis été supprimés.



Le portrait de ce jeune Bayonnais avait été diffusé au même titre que le visage d'un des quatre agresseurs présumés, aujourd'hui écroués, un trentenaire soupçonné d'avoir caché les deux auteurs potentiels des coups dans son appartement à Balichon, le quartier de Bayonne où a eu lieu l'agression de Philippe Monguillot. Menacé et insulté depuis, le plaignant n'a de cesse de répéter, dans des vidéos qu'il diffuse sur le réseau social Snapchat notamment, qu'il n'a "rien à voir avec cette histoire".

"J'ai commencé à voir des photos sur quelques sites, puis Marine Le Pen et des gens du Rassemblement national (RN) l'ont partagée. Je ne pensais pas que cela allait prendre autant d'ampleur", a-t-il témoigné auprès du Parisien Week-end. "Ma tête a été mise partout, je ne suis pas là pour faire du buzz mais ma vie est en danger", a-t-il ajouté.

"Ma vie est en danger"

"On a été choqué de voir cette photo de notre frère, j'ai eu mal au ventre en voyant ça. S'il n'avait pas été basané, ça n'aurait jamais été repris, c'est de la récupération politique, de la manipulation totale", s'est insurgé auprès d'une correspondante de l'AFP le frère du plaignant. Il dénonce la diffusion du visage de son frère sur des "comptes racistes".

L'antenne de SOS Racisme de Bayonne fait savoir de son côté qu'elle compte saisir la justice. "La famille (du jeune homme, ndlr) est complètement abasourdie, c'est catastrophique pour lui ce qu'il se passe", indiquait lundi Djamel Mohammedi, porte-parole de l'association.

Suite à l'agression mortelle de Philippe Monguillot, décédé le 10 juillet à l'hôpital de de Bayonne, quatre personnes avaient rapidement été interpellées avant d'être mises en examen et placées en détention provisoire.

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