Premiers travaux pratiques pour le gouvernement Castex

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Des féministes manifestent contre la nomination de Gérald Damanin au ministère de l'Intérieur, le 7 juillet 2020 à Paris
Des féministes manifestent contre la nomination de Gérald Damanin au ministère de l'Intérieur, le 7 juillet 2020 à Paris
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© AFP, GEOFFROY VAN DER HASSELT

, publié le mardi 07 juillet 2020 à 17h14

Au lendemain des nominations surprise d'Eric Dupond-Moretti à la Justice et de Roselyne Bachelot à la Culture, Emmanuel Macron réunit mardi le gouvernement de Jean Castex pour son premier Conseil des ministres.

Place désormais aux "travaux pratiques", comme l'a souligné mardi matin sur le président du Sénat Gérard Larcher en citant notamment les défis de la crise économique, du chômage, de la situation des jeunes, ou encore de la réforme des retraites.

Le rendez-vous est fixé à 15H00 pour cette nouvelle équipe constituée à ce stade de seize ministres, quatorze ministres délégués et d'un secrétaire d'Etat.

Le casting gouvernemental est marqué par le retour en politique de l'ex-ministre de la Santé chiraquienne Roselyne Bachelot, un temps reconvertie en chroniqueuse télé, qui prend le portefeuille de la Culture. Autre surprise de taille: l'entrée d'un ténor du barreau, le pénaliste Eric Dupond-Moretti, à la Justice.

- Passations -

Le nouveau garde des Sceaux, pour une fois portant cravate, a promis lors de la passation de pouvoirs avec Nicole Belloubet d'être le ministre qui "portera enfin la réforme du parquet". Il s'est aussi montré ouvert au dialogue avec les magistrats, dont les organisations avaient mal pris sa nomination.

Outre ces deux nominations, la promotion de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur n'est pas passée inaperçue, en remplacement de l'ex-socialiste Christophe Castaner. 

M. Darmanin, un ancien "bébé-Sarkozy" de 37 ans, a souligné que ce "ministère de la protection des Français" est par là-même "le premier des ministères sociaux", au service de la sécurité des plus fragiles. Il a aussi promis aux forces de l'ordre son "soutien total".

A droite, Bruno Le Maire reste à l'Economie, mais deux autres grands portefeuilles demeurent aux mains de personnalités issues du PS comme Jean-Yves Le Drian aux Affaires étrangères et Florence Parly aux Armées. Olivier Dussopt, autre ex-PS, sera chargé des Comptes publics.

Ex-Verte devenue LREM, Barbara Pompili prend en charge un super-ministère de la Transition écologique avec deux ministres délégués, Emmanuelle Wargon (Logement) et Jean-Baptiste Djebbari (Transports).

Parmi ceux qui conservent leur portefeuille figurent Jean-Michel Blanquer (Education nationale, mais aussi jeunesse et sports), Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires), Olivier Véran (Solidarités et santé), Marc Fesneau (Relations avec le Parlement), Jean-Baptiste Djebbari (Transports), Frédérique Vidal (Enseignement supérieur) et Roxana Maracineanu (déléguée aux Sports).

Dans la foulée de Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, nommée à l'Emploi et à l'Insertion, d'autres élus locaux devraient figurer parmi les secrétaires d'Etat qu'il reste à nommer dans les prochains jours.

Pour faire oublier la débâcle des municipales et s'attaquer aux crises post-coronavirus, le nouveau couple exécutif entend accélérer la cadence. 

"Nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous", a souligné Jean Castex devant les députés LREM mardi matin : "Nous ne pourrons pas avoir 50.000 priorités" et "nous devrons être sélectifs, privilégier l'efficacité, ce qui est un impact politique majeur et ce qui se voit dans la vie quotidienne de nos concitoyens".

Jean Castex a prévu de commencer à recevoir les partenaires sociaux dès mercredi soir, jeudi et vendredi matin, notamment sur le dossier explosif des retraites.

Au Parlement, les travaux reprendront mercredi, avec des questions au gouvernement à 11H00 à l'Assemblée, puis à 15H00 au Sénat. Les députés reprendront ensuite l'examen du 3e projet de budget de crise. 

Emmanuel Macron compte préciser son cap pour le reste du quinquennat lors d'une interview le 14 juillet. Ce n'est qu'ensuite que le Premier ministre pourra effectuer sa déclaration de politique générale devant l'Assemblée nationale.

Un premier début de polémique sur ce casting s'est manifesté mardi matin, la sénatrice socialiste Laurence Rossignol se disant "perplexe sur la capacité et du ministre de l'Intérieur et du ministre de la Justice de faire de la lutte contre les violences sexuelles une de leurs priorités", alors qu'"aucun de ces deux hommes n'a manifesté jusqu'à présent le moindre intérêt pour ces sujets". 

Une vingtaine de féministes ont aussi scandé "Darmanin démission" et "Darmanin violeur" non loin du ministère de l'Intérieur, alors que le nouveau ministre est visé par une plainte pour viol.

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