Pouvoir d'achat : le Parlement adopte définitivement "l'indemnité inflation" de 100 euros

Pouvoir d'achat : le Parlement adopte définitivement "l'indemnité inflation" de 100 euros
L'indemnité doit être versée aux salariés, indépendants, retraités, chômeurs, allocataires des minima sociaux et encore étudiants boursiers percevant moins de 2.000 euros nets mensuels.

publié le jeudi 25 novembre 2021 à 08h10

Emmanuel Macron cherche "à se départir de l'étiquette de président des riches" et "sort le carnet de chèques en bois", ont dénoncé les député LFI.

Le Parlement a adopté définitivement "l'indemnité inflation" de 100 euros, mercredi 24 novembre, après un dernier vote de l'Assemblée nationale. Quelque 38 millions de Français vont toucher cette aide annoncée pour contrer la hausse des prix de l'énergie.

La droite comme la gauche a émis de fortes réserves.

Les députés LFI s'y sont notamment opposé, dénonçant la "maigre étrenne" constituée par cette mesure contenue dans le second projet de loi de finances rectificative pour 2021, dit de "fin de gestion". Il a été adopté par 39 voix contre 12.

La ministre déléguée Agnès Pannier-Runacher a vanté à l'inverse "une mesure simple, rapide, efficace" face à la hausse des prix, notamment de l'énergie. 


Annoncée fin octobre, l'indemnité doit être versée aux salariés, indépendants, retraités, chômeurs, allocataires des minima sociaux et encore étudiants boursiers percevant moins de 2.000 euros nets mensuels. Cette prime, défiscalisée, sera versée en une seule fois et automatiquement, dès fin décembre par les employeurs (qui seront remboursés par l'État) aux salariés, et début 2022 pour les autres catégories, sans besoin d'aucune démarche.

C'est une mesure "éphémère et mal ciblée", "une goutte d'eau dans un baril de pétrole", a dénoncé la gauche. Emmanuel Macron cherche "à se départir de l'étiquette de président des riches" et "sort le carnet de chèques en bois" à l'approche de la présidentielle, a affirmé Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, qui a défendu en vain une motion de rejet préalable.

À droite, la LR Marie-Christine Dalloz a estimé que "l'urgence" de la mesure, c'est celui du "temps de la campagne". Elle estime que l'exécutif cherche à "éviter une reprise de la contestation" dans la veine des gilets jaunes, quitte à accroître le niveau de la dette du pays. 

Droite et gauche ont critiqué de concert une "injustice" : la prise en compte du seul revenu individuel pour le versement de la prime, et non du revenu du ménage. Car une mère célibataire percevant 2.050 euros mensuels ne touchera pas l'indemnité, à l'inverse d'une salariée à 1.900 euros, en couple avec une personne à la rémunération bien supérieure par exemple.

Le Sénat, dominé par la droite, avait rejeté plus tôt dans la journée ce budget rectificatif en nouvelle lecture. La Haute assemblée avait voté la "question préalable" proposée par le rapporteur général du Budget Jean-François Husson (LR), entraînant le rejet du texte sans examen des articles. Plutôt que "l'indemnité inflation", les sénateurs avaient promu un dispositif présenté comme "mieux ciblé", qui prévoyait notamment une majoration exceptionnelle de 150 euros de la prime d'activité et une allocation exceptionnelle de 150 euros pour les bénéficiaires de minima sociaux et de prestations sociales.

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