«Pour que la France reste la France» : un tract sème la discorde chez les Républicains

«Pour que la France reste la France» : un tract sème la discorde chez les Républicains
Dévoilé la semaine dernière, le tract édité pour le printemps des Républicains divise les cadres du parti.

leparisien.fr, publié le mercredi 06 juin 2018 à 16h09

Le parti dirigé par Laurent Wauquiez organise une grande opération de mobilisation des militants les 9 et 10 juin. Mais le tract distribué à l'occasion de ce « printemps des Républicains » divise.

C'est un petit bout de papier qui déclenche une véritable guerre des clans. Les 9 et 10 juin, un tract tiré à 1,5 million d'exemplaires doit être distribué aux militants Les Républicains, à l'occasion d'une vaste opération de mobilisation intitulée « Le printemps des Républicains ». Le slogan choisi pour l'occasion ? « Pour que la France reste la France ». Une formulation qui rappelle à quelques cadres du parti de Laurent Wauquiez le langage du Front national.

« Il n'y a jamais eu autant d'immigrés, il n'y a jamais eu autant d'impôts, il n'y a jamais eu une telle pression communautariste... ». Dans une anaphore déclinée au dos du tract, le document dresse un bilan inquiétant ce qu'il estime être « la réalité de notre pays ». Reprenant des thèmes chers à Laurent Wauquiez, il propose des mesures chocs comme l'expulsion de 300 000 délinquants étrangers.

Mais c'est surtout le slogan, « Pour que la France reste la France », inscrit en grandes lettres blanches sur le recto du prospectus, qui concentre les critiques. Plusieurs cadres LR, proches de Valérie Pécresse, le jugent plus proche de l'extrême droite que de la droite à laquelle ils appartiennent. Une porosité avec les idées de Marine Le Pen régulièrement reprochée au leader du parti Les Républicains. « Qu'on prenne les slogans du FN, je comprends la stratégie mais je ne distribuerai pas ce tract, il ne témoigne pas d'un travail de fond des Républicains pour essayer de reconquérir l'opinion », a déclaré Robin Reda, député de l'Essonne proche de Valérie Pécresse, au micro d'Europe 1 ce mercredi.

Une sortie qui n'est pas passée inaperçue au sein du parti. « J'ai entendu Robin Reda ce matin à la radio. Mais pour qui il se prend celui - là ! Et Florence Portelli qui rebondit aussi ! Nous ne sommes dupes de rien sur la manœuvre politique interne car ce sont deux chevaux légers de Valérie Pécresse. Ils font cela juste pour emmerder Laurent Wauquiez », s'énerve un haut gradé LR.

« Je ne vois pas ce que cela a de choquant »

Le tract va-t-il déclencher un début de fronde ? A la direction du parti, les critiques sont en tout cas vite balayées. « Si certains en sont à considérer que mettre le drapeau national sur un tract et écrire le mot France, c'est courir après le Front national, eh bien j'ai envie de leur dire de faire autre chose que de la politique, assure au Parisien Gilles Platret, porte-parole de LR. Ce tract, il a vocation à être distribué dans toutes les fédérations, et il le sera », assène-t-il. « Dire que la France doit rester la France, je ne vois pas ce que cela a de choquant. C'est même du bon sens », nous assure l'ancien ministre Brice Hortefeux.

Pour se défendre, les proches de Laurent Wauquiez se réfugient enfin derrière... les autres partis. « Pour que la France reste la France a été une phrase prononcée par François Mitterrand en 1984, par Nicolas Sarkozy en 2016, par Emmanuel Macron à Montpellier en octobre 2016... Je ne me souviens pas que quelques personnes aient pu leur reprocher d'être proches du Front national », a ainsi souligné lundi Geoffroy Didier, le secrétaire général de LR. Plus étonnant, comme le relève un journaliste de l'AFP, l'expression a également servi, en 2016, lors du lancement des « universités de l'engagement »... du Parti socialiste.

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