Pour Manon Aubry (LFI), Emmanuel Macron "n'a rien compris"

Pour Manon Aubry (LFI), Emmanuel Macron "n'a rien compris"
Manon Aubry, tête de liste La France insoumise (LFI) pour les européennes, lors du débat organisé à Paris le 11 avril 2019.

, publié le jeudi 25 avril 2019 à 21h06

RÉACTIONS. Les critiques au discours du président de la République n'ont pas tardé à fuser jeudi 25 avril. 

Emmanuel Macron "n'a rien compris" estime la tête de liste La France insoumise (LFI) aux élections européennes Manon Aubry.


"Macron sait-il que son discours était censé conclure la crise politique ? Il vient de la relancer en se défilant comme il vient de le faire", a réagi sur Twitter le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. 


Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, parle lui "de micro-mesures qui ne sont pas à la hauteur de la détresse des Français ! ".


"Baisse des impôts", "justice sociale", "lutte contre l'immigration clandestine et contre l'insécurité" : Emmanuel Macron "n'a rien dit, rien apporté", et "je crains très honnêtement que la colère des Français a de très beaux jours devant elle", a averti la tête de liste du parti d'extrême droite pour les européennes, Jordan Bardella, sur BFM-TV.

Pour Ian Brossat, tête de liste du Parti communiste français pour les élections européennes : "Bref: rien pour les salaires, pas de retour de l'ISF, un système de retraites par points qui va faire baisser les pensions..."


"Impossible que le peuple français s'y retrouve ce soir" estime pour sa part le porte-parole des Républicains (LR) Gilles Platret. Le député LR Eric Ciotti a dénoncé "un marché de dupes" proposé aux retraités, car en réalité "leur pouvoir d'achat va continuer à baisser pendant 2 ans !"


"Il y a encore beaucoup d'oubliés (...), d'abord les retraités", qui "ne seront pas réévalués sur l'inflation en 2019", a réagi le patron des Républicains, Laurent Wauquiez, sur France 2, en regrettant qu'il y ait seulement des "petits gestes, des petites corrections des lourdes erreurs commises", et que "des compartiments entiers de Français ne sont pas concernés".

Quant au parti socialiste (PS), il a dénoncé dans un communiqué qu'"encore une fois Emmanuel Macron demande des efforts aux travailleurs, mais à aucun moment on ne demande d'efforts à ceux qui brassent des millions".



"Rien n'a changé"

Côté environnement, "tout ça pour ça !", dit Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes : "on attendait un plan Marshall sur le climat (logement et renouvelables), une sanctuarisation des services publics (gares, maternités...) et des infrastructures vitales (aéroports, barrages...)", et à la fin, "rien ! Ou si peu..." Le porte-parole d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) Julien Bayou dénonce l'absence de "mesures concrètes" sur l'écologie.


"Je, je, je: 90 minutes sur lui-même, une minute pour le climat.

De ce point de vue, rien n"a changé", a fustigé Raphaël Glucksmann, tête de liste PS/Place Publique pour les Européennes.

Les "gilets jaunes" mécontents

Côté "gilets jaunes", Maxime Nicolle a jugé que le chef de l'État n'avait "pas écouté ce qu'on dit dans la rue depuis cinq mois". "Il a commencé son allocution par dire que ce qu'il avait fait depuis deux ans c'était très bien et qu'on l'avait pas compris. Nous, on a très bien compris, il est incapable d'un mea culpa." "Il vient de balancer quelques miettes de pain comme la réindexation des retraites", a estimé M. Nicolle, en déplorant l'écartement du référendum d'initiative citoyenne (RIC), une des principales revendications des "gilets jaunes". "Simplement abaisser le seuil du référendum d'initiative populaire, c'est complètement inutile, il faut toujours l'accord du Parlement", s'est-il indigné.

Emmanuel Macron "veut baisser l'imposition en baissant les dépenses publiques et en même temps il veut plus de personnes dans les écoles et les hôpitaux, c'est complètement contradictoire", a-t-il ajouté. "Tout est repoussé, tout est vague, rien n'est précis, donc samedi on lui montrera que nous aussi on sait faire les choses en profondeur et le 1er mai aussi", a-t-il lancé, appelant à de nouvelles manifestations.

"Ça sonne creux. Au fond, il garde le cap", a réagi Jérôme Rodrigues, autre figure du mouvement. "C'est un bon tchatcheur, il vendrait du sable à un berbère dans le désert, mais ça ne prend pas." Lui aussi est très déçu des annonces sur la démocratie. "Il ne peut pas être le candidat du vote blanc forcément, ça lui enlèverait complètement l'ivresse du pouvoir", a-t-il cinglé. Sur l'impôt sur le revenu, "il n'a pas annoncé plus de tranches donc on ne réduit pas les inégalités", a-t-il jugé. "Et il n'y a rien eu sur la TVA, alors que c'est une des premières revendications".


Sur Twitter, Priscillia Ludosky, l'une des initiatrices du mouvement, a réagi en listant les dates des prochaines manifestations hebdomadaires jusqu'au 25 mai.

Les députés LREM satisfaits

Pascal Canfin, numéro deux sur la liste La République en marche (LREM) pour les européennes, a salué "deux réformes clés" pour "accélérer la transition" : "la conférence de citoyens va permettre de sortir des blocages en partant des demandes concrètes" tant en matière de logement ou de transports, et le "conseil de défense économique va rassembler les ministères clés pour la transition" ( économie, logement, agriculture...)".

Pour Gilles Le Gendre, chef de file des députés LREM, "le Président était très attendu et il a réussi l'exercice en fixant un cap et en apportant des réponses concrètes aux problèmes exprimés par les Français lors du grand débat national : impôt sur le revenu, retraites, école, grande dépendance. Il décide d'aller plus loin et plus vite pour réussir les grandes transitions de notre société: écologie, numérique, vieillissement, temps de travail."

Quant à Stanislas Guerini, délégué général de LREM, il estime que "Le Président de la République a fixé un cap très clair pour le pays qui est cohérent avec nos engagements fondamentaux: valoriser le travail, baisser les impôts, réduire les inégalités de destin en protégeant ceux qui en ont le plus besoin".

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