Pour Eric Dupond-Moretti, police et justice sont dans la même "barque républicaine"

Pour Eric Dupond-Moretti, police et justice sont dans la même "barque républicaine"
(illustration)

publié le mardi 18 mai 2021 à 19h00

Le ministre dénonce des responsables politiques qui entretiennent le "mirage d'une société sans aucune violence ni crime".

Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a récusé mardi tout "laxisme" de la justice dont il veut se faire "l'avocat", à la veille d'une manifestation de policiers qui réclament davantage de sévérité pénale. Le ministre de la Justice a indiqué qu'il pourrait mercredi passer "saluer les forces de l'ordre", qui ont prévu de se rassembler près du Palais Bourbon, deux semaines après le meurtre du brigadier Eric Masson à Avignon.

"Que les syndicats de police demandent à ce que les forces de l'ordre soient respectées dans notre pays, certes (...) La justice, elle aussi, mérite le respect. Police et justice sont dans la même 'barque républicaine'", a lancé le ministre, au coup d'envoi des débats sur son projet de loi pour la "confiance" dans l'institution judiciaire.

Ce texte prévoit notamment la fin des crédits de réduction de peines automatiques, un volet qui devrait être durci en séance pour les condamnés pour des faits de violence commise envers les forces de l'ordre. "J'entends aujourd'hui, face aux critiques, être l'avocat de la justice, trop facilement coupable, aux yeux de certains, de tous les maux de notre société", a ajouté l'ancien ténor du barreau, démontant, chiffres à l'appui, l'idée que la justice soit "laxiste".

Quelque 113.000 années d'emprisonnement ont été prononcées par les juridictions en moyenne entre 2016 et 2019, contre 89.000 entre 2001 et 2005, à titre d'exemple.

"Si certains responsables politiques ont choisi délibérément de jeter l'opprobre sur l'institution judiciaire pour promettre aux Français le mirage d'une société sans aucune violence ni crime, je fais, moi, le choix de la vérité et de l'action", a appuyé Eric Dupond-Moretti. Outre la fin des réductions de peine automatiques, le projet de loi prévoit de pouvoir filmer les procès et de mieux encadrer les enquêtes préliminaires. Le texte est très critiqué par les professionnels et les oppositions sont mitigées.
 

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