Pour Christian Estrosi, "il faut modifier la Constitution" pour lutter contre le terrorisme

Pour Christian Estrosi, "il faut modifier la Constitution" pour lutter contre le terrorisme
Le maire de Nice Christian Estrosi, le 1er avril 2020.

, publié le vendredi 30 octobre 2020 à 11h55

Au lendemain de l'attentat de Nice, le maire de la ville estime que "la volonté d'agir" contre le terrorisme "ne suffit pas". "Il faut des actes et des actes immédiats", a-t-il martelé au micro d'Europe 1




La droite et le Rassemblement national ont haussé le ton immédiatement après l'attaque au couteau à Nice de jeudi, réclamant une nouvelle" méthode" et une législation "d'exception" pour faire face à une situation de "guerre". "Il faut modifier la Constitution" pour "mener la guerre", a estimé vendredi 30 octobre sur Europe 1 Christian Estrosi, le maire de Nice.

"Bouleversé" par cet "attentat terroriste islamiste", selon les mots du président Emmanuel Macron, l'élu Les Républicains a estimé qu'"on ne plus se permettre de dire 'l'unité de la nation' (...), la volonté d'agir ne suffit pas". "Il faut des actes et des actes immédiats", a-t-il martelé. "La démocratie, c'est le respect de la Constitution, a-t-il poursuivi. "Si on nous impose de respecter des points qui ne sont pas adaptés pour pouvoir mener la guerre en respectant la Constitution, alors il faut modifier la Constitution", a-t-il insisté.

"Nous savons que nous ne pourrons pas gagner la guerre contre cet ennemi avec les lois de la paix", a affirmé M. Estrosi. "La France paraît un peu trop comme le pays et le symbole des libertés. Aujourd'hui, je pense qu'il faut s'attaquer à quelques-unes de ces libertés", a-t-il assuré, en faisant le parallèle entre terrorisme et coronavirus : "Avec le Covid-19, on a privé les Français d'un certain nombre de libertés auxquelles ils ont consenti pour lutter contre le virus. L'islamo-fascisme est un virus, nous avons des bombes permanentes sur notre territoire en situation d'exploser." 

Connu pour avoir fait de sa ville un laboratoire du tout sécuritaire, Christian Estrosi a notamment demandé "un filtrage des flux migratoires", de nouvelles compétences pour les maires. "Je veux en tant que maire avoir le droit de prononcer une fermeture administrative d'un lieu de culte où il se passe des choses qui ne sont pas conformes aux valeurs de la République française", a-t-il insisté. Il a rappelé avoir installé un réseau de vidéosurveillance de 3.800 caméras, développé l'intelligence artificielle et la reconnaissance faciale, déplorant qu'"à cause d'une institution poussiéreuse qu'est la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés), les gouvernements successifs ne cessent de m'opposer que nous n'avons pas le droit d'utiliser la reconnaissance faciale, que je n'ai pas le droit d'utiliser les fichiers..."

"Un Guantanomo à la française"

Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, son rival, a pour sa part demandé "un Guantanamo à la française" sur CNews vendredi. "Il faut une rétention administrative pour ceux qui sont fichés (...) Il faut un Guantanamo à la française pour les plus dangereux", a-t-il dit. Le jeune Tunisien auteur présumé de l'attaque de jeudi, arrivé en France début octobre par via l'île italien de Lampedusa, n'était pas fiché en France, selon le ministère de l'Intérieur, ni connu des services de renseignements. Une source du ministère de l'Intérieur italien a indiqué à l'AFP que l'homme n'avait pas non plus été fiché par le renseignement italien. 




Plus globalement, la droite et le RN mettent l'accent sur la lutte contre l'immigration. "L'année dernière, quasiment 500.000 personnes sont rentrées en France, nous ne pouvons plus accepter cette immigration", a notamment jugé sur Franceinfo M. Ciotti qui a "demandé au président de la République un moratoire pour les procédures d'asile et pour l'octroi de visas en provenance de ces pays qui nous menacent".

"Le problème de l'immigration et de son contrôle doit être posé, nous avons des propositions pour le renforcer", a affirmé sur RTL le président des Républicains Christian Jacob, en estimant qu'"il faudra faire évoluer les textes". Il a notamment rappelé la proposition LR de "quotas d'immigration qui soient votés à l'Assemblée nationale, publiquement, après avoir consulté les fédérations professionnelles". Il a également réclamé des "tests osseux pour s'assurer d'abord que les mineurs que nous accueillons sont effectivement mineurs et mineurs isolés".

"On a donné asile à nos ennemis", s'est indignée sur Franceinfo la présidente (Libres, ex-LR) de la région Île-de-France Valérie Pécresse. "La première des choses, c'est évidemment que tous les étrangers qui aujourd'hui sont radicalisés, fichés par l'antiterrorisme, soient expulsés de notre pays", a-t-elle réclamé en souhaitant que cette "décision de justice puisse être remplacée par une décision administrative sous le contrôle du juge".




La présidente du Rassemblement national Marine Le Pen a pour sa part estimé sur BFMTV que si l'on n'arrête pas "l'immigration massive, inconsidérée, anarchique, dans notre pays, alors nous ne réglerons pas un problème qui tue des Français sur notre territoire". "Nous avons proposé des amendements pour interdire définitivement du territoire national des étrangers coupables de terrorisme, même ça, ils ont refusé de le voter", a-t-elle notamment reproché à la majorité. "Nous avons accordé sans critères pendant des décennies la nationalité française à des gens, sans mesurer s'il la méritait, c'est le problème de l'acquisition automatique de la nationalité", a-t-elle aussi déploré.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.