Policiers tués : la droite appelle à plus de fermeté

Policiers tués : la droite appelle à plus de fermeté
Nicolas Sarkozy le 23 mai 2016 à Fessenheim.

, publié le mardi 14 juin 2016 à 09h53

- Après le meurtre d'un couple de policiers revendiqué par Daesh, Nicolas Sarkozy estime que "notre niveau de vigilance" devait "être adapté sans délai". De son côté, Éric Ciotti dénonce des "erreurs commises par le gouvernement".

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Au lendemain du meurtre d'un couple de policiers en civil à Magnanville, dans les Yvelines, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a dénoncé ce mardi matin 14 juin "un acte terroriste abject", à la sortie d'une réunion d'urgence à l'Elysée avec François Hollande, Manuel Valls et le ministre de la Justice Jean-Jacque Urvoas. Le meurtrier présumé était un jeune homme de 25 ans, du nom de Larossi Abballa, condamné en 2013 pour participation à une filière jihadiste entre la France et le Pakistan, qui se réclamait du groupe État islamique. Quelques heures plus tard, l'agence Amaq liée à Daesh revendiquait l'assassinat.

Face à ce crime, la droite monte au créneau et réclame plus de fermeté. Sur le plateau d'i-TÉLÉ ce mardi matin, Valérie Pécresse estimait qu'une surveillance accrue des personnes radicalisées était nécessaire à leur sortie de prison. "Quand la peine de prison est achevée, il faut vérifier si la personne présente encore un danger pour la société. Si c'est le cas, il faut la placer en rétention, c'est-à-dire la surveiller. Je pense qu'il s'agit maintenant d'une exigence pour ces personnes qui sont radicalisées et dont le séjour en prison ne fait qu'accroître la radicalisation", jugeait la présidente Les Républicains de l'Île-de-France.

Même son de cloche du côté d'Éric Ciotti, toujours sur i-TÉLÉ. "J'ai déposé de multiples amendements dès 2012 dans la loi terrorisme pour qu'il y ait des centres de rétention, comme pour les malades psychiatriques", a déploré le député Les Républicains des Alpes-Maritimes. Il y a "quelques centaines (de personnes) qui présentent une dangerosité maximale. Il y a 11.000 personnes dans le FSPRT, le nouveau fichier classé secret défense (...), des signalés pour la prévention de la radicalisation terroriste. Il y a 10.000 personnes fichées S, il y a là-dedans environ un millier qui sont suivis par la DGSI (...) qui présentent une dangerosité forte. Il doit y avoir un principe de précaution". Par ailleurs il faut "l'interdiction des manifestations. Il n'y a jamais eu autant de manifestations en France que depuis l'état d'urgence."



Le "monsieur sécurité" des Républicains, qui réclame par ailleurs le rétablissement des contrôles aux frontières, a également pointé la responsabilité du gouvernement, qui a "notamment affaibli l'état d'urgence".

"NOTRE VIGILANCE DOIT ÊTRE ADAPTÉE SANS DÉLAI"

Nicolas Sarkozy a également réclamé une attention plus accrue après ce double meurtre. "Dans le cadre de l'état d'urgence, notre niveau de vigilance doit être adapté sans délai et tous les enseignements de l'enquête judiciaire en cours sur le profil et le mobile du terroriste doivent être tirés pour renforcer la sécurité des Français et la protection de nos forces de l'ordre", écrit dans un communiqué le président des Républicains, pour qui "c'est la République qui est visée et la Nation entière qui est prise pour cible".



"L'engagement de la Nation doit être entier et ne souffrir d'aucune faiblesse. les terroristes doivent savoir que la France et les Français ne céderont jamais" a également assuré l'ancien chef de l'État.

De son côté, Marine Le Pen souhaite que "la lutte implacable" contre l'islamisme commence "enfin", tandis que son second Florian Philippe réclame la fin du "laxisme".





La présidente du Front national appelle également à "appliquer sans faiblesse l'article 411-4 du Code pénal, ayant remplacé le crime d'intelligence avec l'ennemi". Selon le site gouvernemental Légifrance, cet article est défini comme tel : "Le fait d'entretenir des intelligences avec une puissance étrangère, avec une entreprise ou organisation étrangère ou sous contrôle étranger ou avec leurs agents, en vue de susciter des hostilités ou des actes d'agression contre la France, est puni de trente ans de détention criminelle et de 450 000 euros d'amende".

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