Policiers : Fauvergue (LREM) s'explique après ses propos polémiques sur Malik Oussekine

Policiers : Fauvergue (LREM) s'explique après ses propos polémiques sur Malik Oussekine
Le député LREM Jean-Michel Fauvergue, ancien patron du RAID, le 10 mai 2017 à Bussy-Saint-Georges (Seine-et-Marne).

, publié le mercredi 01 mai 2019 à 15h50

"Il faut oublier cette affaire Malik Oussekine". Le député La République en marche (LREM) de Seine-et-Marne Jean-Michel Fauvergue a suscité de nombreuses réactions mardi, alors qu'il était invité à s'exprimer sur la répression des violences durant les manifestations.

Face à l'ampleur de l'indignation, il assure, mercredi 1er mai, que, "bien sûr", "il ne faut pas oublier Malik Oussekine". 

Jean-Michel Fauvergue, élu LREM mais également ancien patron du RAID, était invité dans "C à vous" sur France 5 mardi. Interrogé sur son expertise des questions sécuritaires, il a estimé qu'à Paris, le spectre l'affaire Malik Oussekine "empêchait" les forces de l'ordre d'aller "au contact" avec les manifestants violents. Dans la nuit du 6 décembre 1986, après une manifestation étudiante, Malik Oussekine, un étudiant de 22 ans était mort roué de coups par trois policiers voltigeurs - une brigade à moto créée après mai 1968 et dissoute après le meurtre du jeune homme. 



"Depuis très longtemps, en province, on va au contact, a expliqué Jean-Michel Fauvergue. À Paris, on commence à faire de la même manière. Paris a été empêché de ça par l'affaire Malik Oussekine. Il faut l'oublier maintenant, il faut oublier cette affaire Malik Oussekine", a-t-il martelé, arguant que "la République doit pouvoir se défendre". 

• "Vous me faites vomir" 

Des propos qui ont rapidement provoqué l'indignation. "Non, c'est l'inverse, a répondu sur Twitter Alexis Corbière, député La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis. Chaque policier et gendarme, même dans des conditions difficiles, doit garder en mémoire la scandaleuse mort de Malik Oussekine. Rien ne justifie qu'un être humain meurt sous des coups de matraques. L'oublier c'est trahir la dure mission qui vous est confiée". 


"Vous me faites vomir, M.Fauvergue. Décidément, vous n'avez aucune limite ni notion de la décence. Comme vos maîtres. Ni oubli ni pardon", a renchéri le député LFI de Gironde Loïc Prud'homme


Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a également fait part de son "envie de vomir". Selon lui, "cette phrase du nouveau monde se traduit ainsi dans l'ancien : On ne va quand même pas s'emmerder à prendre des précautions en matière de maintien de l'ordre à cause d'un Arabe battu à mort par deux policiers."


• "Bien sûr qu'il ne faut pas oublier Malik Oussekine"

Jean-Michel Fauvergue tente d'éteindre l'incendie mercredi. Mais il assume ses propos, regrettant des critiques qui "relèvent de la bien-pensance". "Bien sûr qu'il ne faut pas oublier Malik Oussekine, je suis à 100 % d'accord avec ça ! Ce garçon a été victime de violences policières, il a été pris pour cible par des policiers qui ont été condamnés pour ça, et c'est bien normal. Il a été tabassé par des voltigeurs de manière éhontée, il faut être clair", assure le député dans Le Parisien


"Ce que je veux dire, c'est que dans l'esprit il ne faut pas que les pouvoirs publics soient empêchés lors des manifestations actuelles de défendre les manifestants et les commerçants. La République doit se défendre", répète-t-il.


"Avec les forces de l'ordre dont on dispose, CRS et gendarmes mobiles, on ne peut pas rester en statique, sinon on protège un seul point et pas les personnes qui participent à la manifestation", explique l'ancien policier.

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