Polémique sur un abattoir : interrogé par un journaliste, Didier Guillaume lui arrache le micro des mains

Polémique sur un abattoir : interrogé par un journaliste, Didier Guillaume lui arrache le micro des mains
Didier Guillaume à Paris, le 21 février 2020.

, publié le jeudi 27 février 2020 à 12h24

Le ministère de l'Agriculture avait-il connaissance de "non-conformités" à l'abattoir Sobeval de Boulazac ? L'association L214 accuse Didier Guillaume d'avoir "menti publiquement".

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, s'est emporté mercredi 26 février, face à un journaliste de France 5 qui l'interrogeait sur la polémique autour de l'abattoir Sobeval de Boulazac, en Dordogne.

Dans les travées du Salon de l'Agriculture, où il se félicitait d'avoir reçu un "très bon accueil" des agriculteurs, le ministre n'a pas apprécié les questions d'un journaliste de l'émission CàVous. Ce dernier l'interrogeait sur les accusations de L214, qui lui reproche d'avoir "menti publiquement" en laissant la préfecture de Dordogne affirmer qu'il n'y avait "pas de mise en évidence de non-conformité à la réglementation" dans l'abattoir.

Or, des mails internes au ministère prouveraient le contraire, assure l'association de défense des animaux.


"Ah non, j'ai fait, déjà, un communiqué", a-t-il d'abord répondu, laissant ses gardes du corps s'interposer entre lui et le journaliste. Mais, quand ce dernier lui demande de "répondre sur (son) double langage", le ministre a perdu ses nerfs, arrachant le micro des mains du journaliste. "Je n'ai pas de double langage" s'est-il défendu, avant de rendre l'appareil à son interlocuteur. "Vous me le mettez devant la bouche, je ne vous ai pas arraché le micro", s'est-il justifié.

Peut-être inquiet de l'image renvoyée, M. Guillaume a finalement accepté de répondre. "J'ai communiqué en fonction des informations qui m'avaient été données, ces informations ont été assez claires, a-t-il expliqué. Je n'avais pas de possibilité de voir autre chose. J'ai dit que si on devait avoir de nouvelles informations je les donnerai. Aujourd'hui, je n'ai pas de nouvelles informations du préfet, du truc... Donc je n'ai pas de souci. Je n'ai pas de souci."


L214 avait diffusé la semaine dernière une vidéo sur l'abattoir de veaux Sobeval de Boulazac en Dordogne. Les autorités avaient assuré "qu'il n'y a(vait) pas de mise en évidence de non-conformité à la réglementation". "Les images sont prises sur plusieurs mois ou plusieurs années, sont collées les unes par rapport aux autres", avait critiqué sur Europe 1 le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume. 

Dénonçant des des "violations de la loi, multiples et récurrentes, entraînent des souffrances accrues pour les animaux", l'association de défense des animaux réclamait de son côté la "fermeture immédiate" de l'abattoir et portait plainte pour "sévices graves envers des animaux". 

L214 est revenu à la charge mardi 25 février, affirmant que des échanges de courriels internes au ministère de l'Agriculture, adressés par erreur à l'association, montrent que les infractions "sont avérées". Selon l'association, ces échanges datant du 19 et 20 février "trahissent l'inquiétude générée par ces nouvelles images". Dans l'un des mails, un haut responsable affirme notamment avoir "fait la liste des NC (non-conformités, ndlr) indéniables, voire majeures relevées". Un autre e-mail venant du cabinet du ministre insiste : "Il nous faut des edl (éléments de langage, ndlr) béton pour ce soir."

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