Polémique avec le Crif : Jean-Luc Mélenchon se dit victime d'un "infâme bashing"

Polémique avec le Crif : Jean-Luc Mélenchon se dit victime d'un "infâme bashing"
Jean-Luc Mélenchon, le 9 décembre 2019, à Bobigny.

, publié le lundi 16 décembre 2019 à 10h31

Le patron de La France insoumise a critiqué dans un billet sur son son blog les "ukases" et le "communautarisme" du Crif en commentant la défaite historique du travailliste Jeremy Corbyn, ce qui lui a valu de vives critiques de la part de ce dernier mais également des membres de la majorité.

Jean-Luc Mélenchon s'en est pris vendredi 12 décembre au Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) dans un post de blog commentant la défaite historique du travailliste Jeremy Corbyn aux élections britanniques, accusé pendant la campagne de manque de fermeté face à l'antisémitisme au sein de sa formation du Labour. "Retraite à points, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases* arrogants des communautaristes du Crif : c'est non", a écrit le leader de La France insoumise. 



Ces propos "relèvent d'un amalgame aussi choquant que surprenant : quel lien existe-t-il entre le Crif et les élections britanniques ?", a soulevé samedi le président du Crif, Francis Kalifat, dans un communiqué publié sur Twitter, en estimant que M.

Mélenchon "tombe dans une dérive complotiste qui en dit long sur l'évolution de sa pensée". Selon lui, ces propos "inadmissibles" sont "inspirés d'une rhétorique vichyste du complot juif".

Les membres de la majorité fustigent ces propos

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a dénoncé samedi sur Twitter des propos "choquants et inappropriés à notre débat républicain". "La haine et le complotisme se nourrissent de sous-entendus douteux et de préjugés nauséabonds. La République est toujours plus forte quand elle est rassemblée", a-t-il ajouté.




"Castaner l'éborgneur bave de vieilles ficelles de politiciens en déroute : l'insinuation pour mendier des soutiens communautaires. Qui sème la haine sinon la violence qu'il organise ?", a répliqué M. Mélenchon sur Twitter.

Son entourage s'est défendu de tout antisémitisme auprès de l'AFP en soulignant qu'il voulait par ces mots dire qu'il ne se laisserait "pas influencer par des lobbys quels qu'ils soient, financiers ou communautaristes".

"C'est ignoble, il n'y a pas d'autres mots. Quand j'ai lu ça je n'en ai pas cru mes yeux", a de son côté fustigé sur RTL le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Aurore Bergé, porte-parole de La République en marche, a quant à elle accusé lundi La France insoumise d'avoir, comme le parti travailliste britannique (Labour), un "problème avec l'antisémitisme".

"L'égout médiatique crache ses effluves sans gêne ni retenue"

Des attaques qui ne laissent pas Jean-Luc Mélenchon indifférents. Le député des Bouches-du-Rhône a dénoncé dimanche sur son blog "l'infâme bashing" dont il fait l'objet. "À chaque occasion, un mot toujours extrait de son contexte sert de point de départ à de pures affabulations. Sans recul, sans objectivité, l'égout médiatique crache ses effluves sans gêne ni retenue", regrette le leader de La France insoumise.



"Contre toute raison et toute honnêteté, une semaine je suis peint en islamiste, la semaine d'après en lepéniste, celle suivante en antisémite et chaque fois c'est le même mécanisme des reprises et des commentaires sans fondement", poursuit Jean-Luc Mélenchon qui appelle ses supporters à "ne pas faire comme les journalistes". "Vérifiez d'abord", conclut-il.



L'élu marseillais a également retweeté sur son compte un message de l'eurodéputé insoumis Manuel Bompard, dans lequel ce dernier qualifie Francis Kalifat d'"adversaire politique usurpateur d'une identité qui ne vous appartient pas", l'accusant de représenter le "sectarisme communautaire".

*Un ukaze, ou oukase (du mot russe signifiant "ordre") est selon le dictionnaire Larousse "une décision autoritaire arbitraire et sans appel".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.