PMA : la Manif pour tous n'a pas dit son dernier mot

PMA : la Manif pour tous n'a pas dit son dernier mot
Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous.

leparisien.fr, publié le dimanche 24 juin 2018 à 07h25

L'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, une promesse du candidat Macron, ne se fera pas sans vagues.

« En 2012, François Hollande ne s'attendait pas du tout à une telle mobilisation. Il serait incompréhensible qu'Emmanuel Macron renouvelle la même erreur en 2018. » Ludovine de la Rochère, la cheffe de file de la Manif pour Tous, n'a pas baissé la garde. L'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes - qu'elles soient célibataires ou lesbiennes - une promesse du candidat Macron, ne se fera pas sans vagues.

L'exécutif le sait, et avance à pas de velours sur ce sujet risqué. Pas question de reproduire les erreurs de François Hollande lors du débat sur le mariage pour Tous. Histoire d'apaiser les esprits, une très vaste consultation, via les états généraux de la bioéthique, a été menée entre janvier et avril. Une méthode saluée par la Manif pour Tous : « Il y a eu une vraie ouverture au débat. Cela a été très constructif, très pacifique et serein. Rien à voir avec la brutalité de François Hollande », se félicite Ludovine de la Rochère.

Problème : les conclusions de cette consultation ne vont pas exactement dans le sens d'un large consensus en faveur de la PMA pour toutes. 80 % des participants y sont opposés... Un résultat sans appel, et sans nuances, qui fait dire à certains que les débats ont été noyautés par les anti-PMA. Ces derniers se sont, en tout cas, très fortement mobilisés, dans les régions où étaient organisés les débats, mais aussi sur Internet. « On a suivi cela de très près, mais il n'y a eu aucun noyautage de notre part », se défend Ludovine de la Rochère.

Sens Commun sur le pied de guerre

Les organisateurs de la consultation ont beau assurer « que les Etats généraux ne reflètent pas l'opinion des Français, mais des gens qui ont participé au débat », la Manif pour Tous, elle, n'en démord pas. « Emmanuel Macron connaît l'état des lieux de l'opinion. Ne pas la prendre en compte, serait un risque immense. Il y aurait une riposte très forte », prévient Ludovine de la Rochère. Pas de manifestation préventive en gestation, mais la Manif pour Tous fourbit ses armes. Elle s'apprête à demander des rendez-vous à Emmanuel Macron et à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Les opérations de tractages sur les marchés, comme les campagnes d'affichages anti-PMA vont se multiplier dès la rentrée.

Quant à Sens Commun - cette association qui regroupe les anti-mariage gay au sein des Républicains -, ils sont eux aussi sur le pied de guerre. « Emmanuel Macron n'a fait que de la communication », s'agace Laurence Trochu, sa présidente. Elle a déjà alerté les parlementaires LR sur la question, et met en garde : « Sens Commun a une forte capacité de mobilisation ».

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