Plan pauvreté: Benoît Hamon écorche un gouvernement "pauvrophobe", Agnès Buzyn promet des moyens en plus

Plan pauvreté: Benoît Hamon écorche un gouvernement "pauvrophobe", Agnès Buzyn promet des moyens en plus
Benoît Hamon, le 29 mai 2018, à Sotteville-les-Rouen

publié le dimanche 09 septembre 2018 à 16h10

Invitée de France 3 dimanche 9 septembre, la ministre des Solidarités et de la Santé écarte l'application d'une "allocation sociale unique", promettant des dépenses supplémentaires et une refonte du RSA. Pas de quoi convaincre Benoît Hamon, qui dénonce une "forme de racisme social" du chef de l'Etat.

Agnès Buzyn a annoncé que le plan pauvreté comprendrait des moyens financiers supplémentaires.

Interrogée dans l'émission Dimanche en Politique sur une éventuelle augmentation des budgets alloués, elle a répondu "Il y en aura, bien sûr". "Il y aura de la dépense pour accompagner mieux les personnes vers leur émancipation".

La ministre a par ailleurs écarté l'hypothèse d'une fusion des prestations sociales, sur le court terme. "C'est une idée à explorer. Elle n'est pas simple techniquement et donc, je pense que nous aurons un travail de réflexion autour de cette fusion des aides sociales", a réagi la ministre, qui estime que "ça ne peut pas se faire avant plusieurs années, même par étapes". Cette précision fait écho à la remise d'un rapport mercredi 5 septembre sur "le juste niveau de prestation" sociale, pour "mieux lutter contre la pauvreté tout en maîtrisant davantage les dépenses publiques".

Pas de bénévolat, mais du "travail rémunéré"

Avant une éventuelle fusion des prestations sociales, qui se traduirait par une nouvelle "allocation sociale unique", les signataires du rapport ont proposé une "homogénéisation" de leur mode de calcul. Les bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active) devraient se voir proposer des mécanismes de réinsertion à travers du "travail rémunéré", "mais pas" à travers le bénévolat, a précisé la ministre.

Plus généralement, la ministre a expliqué à propos du plan qu'on "ne transforme pas une société, dans laquelle il y a une proportion de Français très pauvres depuis des années, en une année". Emmanuel Macron présentera jeudi le "plan pauvreté", principal chantier social de son début de quinquennat, très attendu par l'aile gauche de sa majorité alors que la popularité de l'exécutif est au plus bas.

"Une forme de racisme social", pour Hamon

Dans la perspective du dévoilement du plan gouvernemental, Benoît Hamon, fondateur du mouvement Générations, a lui fustigé "un gouvernement pauvrophobe". L'ancien candidat à la présidentielle s'est montré dubitatif avant ces annonces, au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI : "J'écoute les associations qui s'occupent, elles, tous les jours des pauvres, et pas un jour sur 365 comme M. Macron quand il fait un 'plan pauvreté', voire un jour sur le quinquennat".



"Elles disent qu'il y a une montée de la pauvreté : des travailleurs, des retraités, des jeunes de plus en plus nombreux à être pauvres", a rapporté l'ancien ministre de l'Education nationale, qui a critiqué de nouveau "une forme de racisme social" du président de la République, quand il s'exprime "avec autant de mépris à l'égard de ceux qui n'ont qu'une petite pension, un petit salaire pour pouvoir vivre".

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