Plan de relance : les espoirs des collectivités

Plan de relance : les espoirs des collectivités
Jules Nyssen, délégué général de Régions de France, à Matignon, le 30 juillet 2020.
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, publié le samedi 22 août 2020 à 12h20

Les régions souhaitent être considérées comme "un partenaire important". Les maires redoutent de leur côté que la relance économique les contraigne à assurer de nouvelles responsabilités sans en avoir forcément le financement.

"Nous espérons que le plan de relance soit à la hauteur des enjeux et qu'il considère réellement l'échelon régional comme un partenaire important".

Alors que la présentation du plan de relance du gouvernement a été repoussée à "la première semaine de septembre, les collectivités espèrent que ce plan tirera "les leçons de la crise" sanitaire, selon les mots de Jules Nyssen, délégué général de Régions de France. 

Le gouvernement devait dévoiler mardi lors du conseil des ministres de la rentrée son plan de 100 milliards d'euros pour redresser l'économie, qui a subi de plein fouet la crise du coronavirus au printemps, avec une contraction attendue du PIB de 11% cette année. Le gouvernement a néanmoins annoncé samedi que le plan serait finalement présenté "la première semaine de septembre", afin de se consacrer plus complètement d'ici là aux échéances de la rentrée sur le plan sanitaire.



"On va sans doute beaucoup parler de relocalisation, de territoires, d'économie circulaire", estime Jules Nyssen, en allusion notamment aux problèmes d'approvisionnement en masques rencontrés au début de l'épidémie, souhaitant que "les leçons de la crise soient tirées". "Nous espérons que le modèle économique qui sera derrière le plan de relance reposera plus sur les territoires de façon à être moins dépendant des grands flux de la mondialisation", explique-t-il. A ses yeux, il ne s'agit pourtant pas "de tourner le dos à la mondialisation, mais de réinstaller des activités économiques dans les territoires, de leur donner plus de sens". Les attentes des régions sont apparemment en ligne avec la volonté de favoriser les relocalisations exprimée à plusieurs reprises par le gouvernement depuis le début de la crise, la question de la dépendance à l'étranger s'étant posée posée de façon aiguë, notamment dans le secteur pharmaceutique. 

A l'échelon des municipalités, les élus attendent plus d'autonomie pour faire face à la crise. "Nous demandons à ce que nous soyons à la manoeuvre, qu'il y ait un peu de liberté pour les communes à mettre en place des soutiens différenciés pour les petits commerces", a souligné de son côté Agnès Le Brun, porte-parole et vice-présidente de l'Association des Maires de France (AMF). Comme la France devrait aussi bénéficier de 40 milliards d'euros du plan de relance européen, Agnès Le Brun saisit l'opportunité pour demander "un accès beaucoup plus simplifié aux financements européens de la part des communes. En France, on est les rois de la complexification", ironise-t-elle. 

Mais les maires redoutent aussi que la relance économique les contraigne à assurer de nouvelles responsabilités sans en avoir forcément le financement. "Nous sommes pris en étau", dénonce la porte-parole de l'AMF. "Les dotations ont été diminuées d'année en année avec une augmentation des responsabilités sans les compensations qui allaient avec", s'insurge-t-elle. "Les mairies font déjà beaucoup plus que leur part" dans la gestion de la crise, assure la porte-parole de l'AMF, qui exige que "toutes des charges induites par la crise sanitaire soient intégralement compensée aux communes par l'Etat".

Dans les villages ruraux, les maires souhaitent que la relance de l'économie fasse avancer des demandes qui "traînent en longueur" depuis des années, affirme Cédric Szabo, directeur de l'Association des maires ruraux de France (AMRF). Il cite comme exemple "la question du très haut débit et de la 4G" pour que les communes rurales puissent aussi bénéficier d'un accès aux technologies. "Notre pays est loin d'être en tête de peloton sur ce dossier", souligne-t-il. Mais il attend aussi du plan de relance qu'il soutienne les municipalités "à reconvertir et à transformer leurs villages autour de la question du maintien des personnes âgées". Et aussi des aides à "la rénovation des coeurs de village à travers les mécanismes de rénovation du bâti public ou de l'ancien et privé. Aujourd'hui, c'est une opportunité formidable", souligne Cédric Szabo. 
 

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