Pitié-Salpêtrière : Christophe Castaner a "traduit l'émotion" du personnel, estime Agnès Buzyn

Pitié-Salpêtrière : Christophe Castaner a "traduit l'émotion" du personnel, estime Agnès Buzyn
Agnès Buzyn, le 24 avril 2019, à Paris

publié le dimanche 05 mai 2019 à 14h15

La ministre de la Santé a défendu son homologue de l'Intérieur, qui avait déclaré que l'établissement parisien avait été "attaqué" avant de corriger ses propos.

Quatre jours après l'intrusion de plusieurs dizaines de personnes dans l'enceinte de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, Agnès Buzyn est revenue sur l'incident, dont elle a encore dénoncé la gravité. "C'était une intrusion ressentie de façon très violente par les personnels qui étaient présents. Ils ont eu peur pour les personnes qui déambulaient dans l'hôpital", a déclaré la ministre de la Santé sur le plateau de BFM-TV, dimanche 5 mai.

De nombreuses voix ont déploré la prise de parole de Christophe Castaner, qui avait parlé "d'attaque" de l'établissement alors que des vidéos accréditaient plutôt la thèse d'un "repli chaotique" de manifestants. "On peut jouer sur les mots...", répond la ministre, argumentant "qu'un hôpital est un sanctuaire". "Qu'est-ce qu'on aurait dit si des personnes étaient tombées, s'étaient blessées? Si des manifestants avaient pénétré dans la réanimation en courant, en bousculant..

On nous aurait dit 'Vous êtes pas capables de protéger un hôpital'", poursuit-elle.

"Il y a eu un moment d'intrusion violente", dit Agnès Buzyn, rapportant que la directrice l'a ressenti "comme d'une extrême violence". "Je pense qu'elle a pris peur comme les vigiles. Ils étaient émus. Le ministre de l'Intérieur a traduit cette émotion", ajoute t-elle, avant d'expliquer qu'elle avait compris grâce au visionnage de vidéos "que ce n'était pas une volonté d'effraction violente". "Arrêtons d'en faire tout un plat !", dit-elle encore, déplorant un "déferlement" médiatique "absolument incroyable".

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