"Pire accord" ou "progrès majeur" ? : de Marine Le Pen à François Hollande, le plan européen fait réagir la classe politique

"Pire accord" ou "progrès majeur" ? : de Marine Le Pen à François Hollande, le plan européen fait réagir la classe politique
De gauche à droite : Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Hollande.

, publié le mardi 21 juillet 2020 à 14h47

REACTIONS. La présidente du Rassemblement national a qualifié mardi 21 juillet de "pire accord" le plan de relance de l'Union européenne, tandis que le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a estimé qu'Emmanuel Macron avait "tout cédé". Au contraire, François Hollande a salué un "progrès majeur".




Après quatre jours et quatre nuits et de multiples prises de bec, les 27 dirigeants européens ont trouvé mardi 21 juillet un accord sur un plan historique destiné à soutenir leurs économies frappées par la crise du coronavirus, basé pour la première fois sur une dette commune.

Le plan prévoit un fonds de 750 milliards d'euros, qui pourront être empruntés par la Commission sur les marchés. Il se décompose en 390 milliards de subventions, qui seront allouées aux Etats les plus frappés par la pandémie, dont 40 milliards pour la France.




"Jour historique pour l'Europe!", s'est réjoui Emmanuel Macron sur Twitter. Tout le monde ne partage pas son avis. "Macron vient de signer le pire accord pour la France de toute l'histoire de l'UE! Pour protéger son ego, il sacrifie notre avenir et notre indépendance : impôts européens, abandon de notre agriculture, engagement financier colossal du pays...", a tweeté la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, selon qui "la France va contribuer à un fonds dont elle perdra la maîtrise d'affectation" et "va contribuer à un fonds en étant contributeur déficitaire".

Dans un communiqué, le RN assure qu'alors qu'"une vague de faillites et de licenciements s'annonce pour l'automne, la France décide de se mutiler financièrement pour nourrir une vision idéologique et antinationale de l'Europe appelée 'Union européenne'".



Pour sa part Jean-Luc Mélenchon, numéro un de La France Insoumise, a estimé sur Twitter que "Macron a tout cédé : des rabais de cotisations aux pays radins, des contrôles de dépenses, la baisse du montant du plan de relance etc. Bérézina. Au secours la propagande. (...) Le budget de la Politique Agricole "Commune" est en baisse, surtout le volet agriculture biologique". "La France contribue pour 17% au budget de l'UE. Elle recevrait 40 milliards de subventions. Sauf impôts européens elle devra rembourser... 66 milliards !", ajoute-t-il, estimant que "Macron ne sait pas négocier".



En revanche, l'ancien président François Hollande a salué avec ce plan européen "un progrès majeur dans la solidarité entre les 27". "La capacité donnée à la Commission de lever un emprunt procurera à l'Union européenne des ressources nouvelles qui accéléreront la transition écologique", relève-t-il dans un communiqué. Mais "l'Union européenne dans sa forme actuelle ne permet pas d'aller aussi loin que la situation l'exigerait", considère l'ex-chef de l'Etat, qui appelle à "une Europe de l'avant avec quelques pays autour du couple franco-allemand".

Le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde s'est aussi félicité d'une "très bonne nouvelle pour l'UE", notant que "pour la première fois, il y a l'acceptation du fait qu'on ne peut pas faire que du business en commun, on doit aussi avoir des objectifs en commun".

Pour l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, "la France et l'Allemagne retrouvent ensemble la force du réveil européen."



Le patron des députés Les Républicains Damien Abad a invité de son côté lors d'un point presse à ne pas tomber "dans une espèce d'euphorie communicationnelle" sur cet accord. Il a pointé des aspects positifs mais aussi de "vraies interrogations", notamment sur la contrepartie accordée aux pays dits "frugaux", ou la question du financement de l'emprunt, objet d'un "flou généralisé".

Au nom des députés communistes, Pierre Dharréville a eu pour sa part un jugement "assez sévère", estimant que l'accord, "largement dicté" par les pays frugaux "pour en réduite la portée", revenait à "une solidarité trompeuse, au rabais".

 


Le président de Debout La France Nicolas Dupont-Aignan a lui estimé qu'Emmanuel Macron roulait "les Français dans la farine!". "Il se félicite d'un plan de relance européen qui coûtera à notre pays le double de ce qu'il rapportera et qui offre un rabais budgétaire d'1,9 milliard € aux Pays-Bas, de 3,7 milliards € à l'Allemagne... Du délire!", a-t-il tweetté.

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