Pierre Laurent veut ressusciter le PCF

Pierre Laurent veut ressusciter le PCF
Pierre Laurent est candidat à sa succession à la tête du Parti communiste français (PCF).

leparisien.fr, publié le lundi 04 juin 2018 à 08h30

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, annonce que Ian Brossat, maire adjoint de Paris, mènera la liste communiste aux européennes. Et promet de «marquer Macron à la culotte».

Non, le Parti communiste français (PCF) n'est pas KO debout. S'il a été relégué au fond de la classe politique ces dernières années, il faudra à nouveau compter sur lui, veut croire Pierre Laurent, son secrétaire national, candidat à sa succession à la tête du parti.

Mais avec de nouveaux visages pour l'incarner, comme celui de Ian Brossat, maire adjoint de Paris (au Logement), et future tête de liste du Parti communiste aux Européennes.

Le Parti communiste est quasi absent du débat public... Comment l'expliquez-vous ?

PIERRE LAURENT. Nous sommes de toutes les mobilisations sociales ! Nous jouons un rôle sur le terrain, dans la proximité. Mais nous voulons revenir dans le jeu du débat national dont nous avons été effacés par l'élection présidentielle (NDLR : il n'a pas investi de candidat, mais a soutenu Mélenchon). Nous croyons à la modernité de l'idée communiste. Notre rôle est d'éveiller les consciences, de donner confiance quant à la possibilité de combattre ce pouvoir.

Qu'est-ce qui a été décidé lors du Conseil national ?

D'abord, un congrès extraordinaire fin novembre à Ivry-sur-Seine (NDLR : où s'installera le nouveau siège du PS !) A l'ordre du jour : la relance très forte de l'initiative communiste. La gauche a besoin d'un PCF plus dynamique et profondément renouvelé.

Comment allez-vous coexister avec les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon ?

La France insoumise à gauche ne fait pas le compte, seule, pour ouvrir un nouvel espace. Il faut une force unitaire, un communisme du XXIe siècle.

En interne, certains imputent à la direction cette atonie. Vous souhaitez pourtant vous représenter à la tête du Parti communiste ?

J'ai dit au Conseil national que j'étais disponible pour continuer à animer le collectif communiste au prochain congrès, comme secrétaire national. Mais la tête du parti a besoin d'un profond renouvellement, avec de nouveaux visages. Je serai, si les communistes le décident, l'animateur d'une direction renouvelée et rajeunie.

Quelle stratégie est envisagée par le PCF en vue des élections européennes ?

Nous voulons une liste qui puisse porter, au nom des mobilisations sociales et des Français qui souffrent, toutes leurs attentes au niveau européen. Il faut une liste large. Nous sommes disponibles pour la construire avec toutes les forces sociales, toutes les personnalités de la gauche.

Mais qui pour la porter ?

Nous avons désigné Ian Brossat, jeune maire adjoint de la ville de Paris, comme chef de file des communistes. Il mènera le travail de construction de cette liste avec les députés européens Patrick Le Hyaric et Marie-Pierre Vieu.

Pensez-vous pouvoir nouer des alliances ?

Il y a un grand espace possible pour une liste de combat contre les logiques libérales actuelles et les dérives populistes que l'on peut voir en Italie. Il y a de la place pour une liste de gauche qui porte les exigences du progrès social. Cette liste peut rassembler les autres forces de gauche. Nous n'attendrons pas les réponses des uns et des autres, mais nous sommes disponibles pour engager cette construction.

Avez-vous échangé avec les dirigeants d'autres formations politiques ?

Nous les invitons à une réunion de travail le 2 juillet à Paris pour préparer ensemble la construction d'une telle liste. Avec beaucoup de personnalités de la société civile, de syndicalistes, etc.

Qui ? Le Parti socialiste ? La France insoumise ?

Oui ! Génération-s (NDLR : le mouvement de Benoît Hamon) aussi... Toutes ces forces engagées contre la politique d'Emmanuel Macron.

Vous voulez ressusciter le Front de gauche ?

L'expérience de ces dernières semaines montre que les constructions unitaires sont possibles. C'est surtout une manière de se mettre en mouvement ensemble. L'unité est nécessaire pour empêcher Macron de faire un hold-up sur les élections européennes. Il veut confisquer le débat européen en faisant croire que la seule alternative est entre lui et l'extrême droite. C'est faux.

Dans la rue, vous peinez à rassembler contre les réformes du gouvernement...

La colère grandit contre le mépris de Macron. Le match contre lui est loin d'être terminé. Nous allons le marquer à la culotte. Il veut attaquer les salariés sur tous les terrains ? Nous riposterons partout. Sur les retraites par exemple, nous allons mettre en place un comité de campagne, destiné aux Français, pour décrypter son opération d'enfumage et ses coups de com.

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