Le gouvernement bannit l'écriture inclusive des textes officiels

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 Le Premier ministre Edouard Philippe prononce un discours lors du 100e Congrès des maires de France, à Paris, le 21 novembre 2017

Le Premier ministre Edouard Philippe prononce un discours lors du 100e Congrès des maires de France, à Paris, le 21 novembre 2017

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© AFP, JACQUES DEMARTHON
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AFP, publié le mardi 21 novembre 2017 à 20h20

L'écriture inclusive n'a pas sa place dans les textes officiels: le Premier ministre est intervenu mardi dans un débat qui agite la France depuis plusieurs mois, en bannissant des communications ministérielles cette forme discutée d'élargissement des mots au féminin.

L'écriture inclusive a pour but de mettre sur un pied d'égalité les femmes et les hommes. Outre l'utilisation de mots "neutres", elle préconise d'user à la fois du féminin et du masculin quand on s'adresse aux hommes et aux femmes, et remet en cause la règle d'accord de la langue française selon laquelle, au pluriel, "le masculin l'emporte sur le féminin".

Elle se traduit notamment par des graphies comme "les député.e.s" ou "les électeur.rice.s" ou par une règle d'accord avec le sujet le plus proche, par exemple "Louis et Louise sont belles".

Dans une circulaire sur "les règles de féminisation", dont l'AFP a obtenu copie, Edouard Philippe "invite" ses ministres, "en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l'écriture dite inclusive".

"Outre le respect du formalisme propre aux actes de nature juridique, les administrations relevant de l'Etat doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d'intelligibilité et de clarté de la norme", justifie le chef du gouvernement dans cette note devant être publiée mercredi au JO.

En début de soirée lors d'un échange vidéo avec les internautes sur Facebook, le Premier ministre s'est défendu d'avoir voulu "clore le débat", même si selon lui "pour l'égalité entre les femmes et les hommes, il y a des combats qui me semblent parfois aussi symboliques mais souvent plus importants".

"Après tout si les gens ont envie de débattre de cela, parlons-en. (Mais) je suis là pour faire en sorte que l'on écrive le français dans les textes officiels conformément aux règles qui sont utilisées dans la grammaire officielle", s'est-il justifié, en observant le grand retentissement médiatique de sa décision.

Dès 2015, le Haut conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes (HCE), instance placée auprès du Premier ministre, avait publié un guide avec dix recommandations pour inciter les pouvoirs publics à adopter une communication "sans stéréotypes de sexe".

Sa présidente, Danielle Bousquet, a jugé mardi que "tout frein à une communication égalitaire" était "dommageable". 

- Féminisation des fonctions -

La circulaire vise à apporter une "clarification après des initiatives dans certaines administrations" et à "clore la polémique", a expliqué Matignon à l'AFP. 

Mais le gouvernement est par ailleurs résolument engagé dans le renforcement de l'égalité entre les femmes et les hommes, grande cause nationale du quinquennat Macron, ont assuré M. Philippe et son entourage.

Portée par des cercles féministes, l'écriture inclusive est vivement critiquée tant par des membres du gouvernement que par l'Académie française, la qualifiant d'"aberration" et de "péril mortel" pour la langue française.

Des initiatives se sont néanmoins multipliées dans le monde de l'éducation, du travail ou des médias pour rendre les femmes plus visibles.

Ainsi, la Ville de Paris va continuer à autoriser l'écriture inclusive, a indiqué à l'AFP Hélène Bidard, adjointe PCF à la lutte contre les discriminations de la maire PS Anne Hidalgo.

Le ministère du Travail a publié début octobre un guide de bonnes pratiques pour aider les petites et moyennes entreprises à atteindre l'égalité professionnelle, qui préconise notamment d'écrire "les client.e.s".

Dans une tribune, 314 professeurs des écoles, collèges et lycées ont récemment déclaré "avoir cessé ou (s')apprêter à cesser d'enseigner" cette règle de grammaire, s'attirant les "inquiétudes" du ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer.

Pour en terminer avec ce sujet, le Premier ministre précise dans sa circulaire les règles d'accord qui doivent s'appliquer dans les actes administratifs: "le masculin est une forme neutre qu'il convient d'utiliser pour les termes susceptibles de s'appliquer aux femmes", indique-t-il.

En revanche, quand l'auteur d'un texte officiel ou la personne nommée est une femme, il convient bien d'écrire "la ministre", "la secrétaire générale" et de féminiser la fonction en se référant à un guide ("Femme, j'écris ton nom...") élaboré par le CNRS et l'Institut national de la langue française. 

 
574 commentaires - Le gouvernement bannit l'écriture inclusive des textes officiels
  • Enfin du bon sens chez ceux qui nous gouvernent ! Que ça fait du bien !
    Le problème avec les féministes intégristes, c'est comme avec les écolos intégristes ou les végétariens intégristes : ils nous font détester la cause qu'ils prétendent défendre.

  • Au nom des idéologies et d'elles seules nous sommes en train de détruire une des plus belles langue du monde : La langue française. Quand les idéologies prennent le pas sur la logique la nature et l'inné en toutes circonstances dans tous les milieux pour donner raisons à une poignée on provoque un glissement vers la fin de civilisation à moyen ou long terme. Tout commence par le changement de signification des mots de la langue que l'on détourne de leurs sens originaux pour les mettre en conformité avec les pensées d'intellectuels qui veulent imposer leur idéologie. Si l'obscurantisme pour museler les peuples culturellement et cognitivement moins évolués prive les populations de connaissance et de savoir, les pays dont les populations savent lire et écrire et compter se voit imposer des modes d'endoctrinement plus évolués et plus subtils. Ils subissent les transformations de société par modification de leur langage et de leurs structures sociétales auxquels sont substitués de nouvelles normes au titre de la bien pensance et du politiquement correct. Il est grand temps de remettre de l'ordre dans le systéme pour ne pas sombrer dans une mondialisation culturelle totalement impossible et contre nature. Quelques minorités de prétendus grands esprits prétendent imposer au monde une égalité intellectuelle et spirituelle universelle alors qu'individuellement les peuples arrivent difficilement à réaliser cette performance à l'échelle la moins élevé de la vie sociale, celle de la simple "cellule familiale".

  • Puéricultrice: C'est quel sexe? Femme ou homme. C'est quel genre: féminin, on dit LA puéricultrice... même s'il s'agit d'un homme. On n'affirme pas l'égalité homme-femme en déformant l'écriture des mots.

  • Mais d'où vient cette règle si nulle ... qui instaure la suprématie du masculin ?
    Ce n'est pas anodin bien que certains commentaires le laissent supposer. Et ce n''est pas parce que l'on traite ce sujet que les autres problèmes ne seront pas examinés. Enfin je le souhaite ... La langue française serait aussi belle et elle serait toujours aussi compliquée. Mais que l'on change vite cette règle... ce serait les prémices pour enfin instaurer une égalité femmes - hommes. Egalité dans les salaires mais aussi, dans l'évolution des carrières, dans les obligations pour tous les employeurs de ne pas systématiquement recruter des hommes sous le faux prétexte souvent que le cv de celui qu'ils ont choisi correspond le mieux au poste alors que tout simplement ils ont ''peur '' des congés maternité,.La liste est longue des inégalités... et bien du chemin est encore à parcourir

  • Merci M. le Premier Ministre. Reste à convaincre le ministre de l'Education pour faire échec à cet insupportable lobby de destruction de notre culture qui agit parait-il au nom de l'égalité des sexes.

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