Pédocriminalité dans l'Eglise française : Jean Castex reçu par le pape François

Pédocriminalité dans l'Eglise française : Jean Castex reçu par le pape François
Le Premier ministre Jean Castex

publié le lundi 18 octobre 2021 à 08h27

Si la rencontre devait initialement avoir lieu pour célébrer le centenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et Saint-Siège, elle prend une tournure bien différente après la publication du rapport Sauvé révélant l'ampleur des crimes pédophiles dans l'Eglise française. 

Impossible de faire l'impasse sur les abus sexuels commis par des prêtres et religieux français sur des enfants. Jean Castex sera reçu lundi 18 octobre dans la matinée au Vatican par le pape François dans un contexte houleux pour l'Eglise de France, confrontée aux révélations fracassantes sur l'ampleur des crimes pédophiles. La visite du Premier ministre, prévue de longue date afin de célébrer le centenaire du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, est bousculée par l'actualité après la publication le 5 octobre des conclusions de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église (Ciase), présidée par le haut fonctionnaire Jean-Marc Sauvé.




Le pape François engagé dans la lutte contre les abus sexuels

Si le Premier ministre, reçu en audience privée par le souverain pontife, devrait selon son entourage évoquer plusieurs sujets sur lesquels France et Vatican convergent, il sera également question des abus sexuels dans l'Eglise française dont les chiffres vertigineux ont provoqué la sidération.

Selon le rapport Sauvé, 216.000 mineurs ont été agressés par un prêtre ou un religieux en France depuis les années 1950, 330.000 en comptant les agresseurs laïcs en lien avec les institutions de l'Eglise.
Depuis son élection en 2013, le pape a fait de la lutte contre les abus sexuels - "instrument de Satan" - une des priorités de son pontificat. Le Pape a d'ailleurs déjà exprimé sa "honte" et sa "douleur" à la suite du rapport Sauvé. 

La polémique autour du secret de la confession

Il devrait également être question du secret de la confession, que le président de la Conférence des évêques de France (CEF) Emmanuel de Moulins-Beaufort avait jugé "supérieur aux lois de la République". Face à la polémique, il avait rétropédalé et évoqué une "formulation maladroite". Celui-ci avait d'ailleurs été recadré par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. 

Sur ce point, Jean Castex, qui rencontrera au cours de la matinée à Rome plusieurs dignitaires du Saint-Siège ainsi que des représentants de la communauté ecclésiastique française, devrait circonscrire le débat aux frontières nationales en rappelant que "l'interlocuteur du gouvernement, c'est l'Eglise de France". Jean Castex doit toutefois assurer, depuis le Vatican, qu'il suivra "de très près les décisions que vont prendre les évêques dans les prochaines semaines", selon ses conseillers. 

La volonté de ne pas brusquer le Vatican

"La pierre est avant tout dans le jardin des évêques" de France, qui devront "dire comment articuler la protection des enfants et le secret de la confession qui, dans le droit français, est un secret professionnel, ni plus ni moins", insistent les services du Premier ministre.
 
Une façon de ne pas brusquer le Vatican qui lui même marche sur des oeufs. D'un côté, un formulaire de signalement de délit a été mis à disposition de tout ecclésiastique en juillet 2020 ; de l'autre, le Saint-Siège a confirmé la primauté du secret de la confession, le confesseur étant simplement encouragé à "tenter de convaincre le pénitent" d'alerter des personnes en mesure, elles, de saisir la justice. 

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